Zone Temporaire Noétique

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Catégorie : Roman

Tiger d’Eric Richer

À Xian, dans un futur proche, Xujin s’occupe d’un refuge pour enfants arrachés à la rue et aux réseaux de prostitution, tandis que l’ombre d’Os de tigre, vieille chamane vengeresse, hante la nuit. En Russie, Esad, un trafiquant russe un peu perdu, tombe amoureux d’une jeune prostituée chinoise, Tiger, et tente de la sauver. En fuite, il arrive au refuge accompagné d’un adolescent qui est parvenu à s’échapper du camion où il était retenu prisonnier. Cette arrivée perturbe durablement l’équilibre du lieu et fait peser sur lui une grave menace.

Tiger est une histoire de corps et d’exil. Après La Rouille, Éric Richer poursuit sa double exploration de la faillite de l’amour et de sa possibilité. L’ensemble des personnages semblent n’être que des corps meurtris, des corps objets, marchandises censées donner ou recevoir une forme d’amour physique. Ces corps deviennent des armes au sens propre, des outils, sortent de leur dimension marchande pour faire justice ou protéger, et finissent chacun à leur manière par accéder à une forme d’amour et de paix.

Roman noir porté par une langue implacable mêlée de tendresse et de violence, Tiger est une plongée dans les marges de la Chine contemporaine, une folle histoire d’amour et de consolation, qui interroge, au milieu du chaos, de la violence et de la corruption, la possibilité d’un refuge.

L’homme qui savait parler la langue des serpents d’Andrus Kivirähk

L’Homme qui savait la langue des serpents raconte l’histoire du dernier des hommes qui parlait la langue des serpents, de sa sour qui tomba amoureuse d’un ours, de sa mère qui rôtissait compulsivement des élans, de son grand-père qui guerroyait sans jambes, de son oncle qu’il aimait tant, d’une jeune fille qui croyait en l’amour, d’un sage qui ne l’était pas tant que ça, d’une paysanne qui rêvait d’un loup-garou, d’un vieil homme qui chassait les vents, d’une salamandre qui volait dans les airs, d’australopithèques qui élevaient des poux géants, d’un poisson titanesque las de ce monde et de chevaliers teutons un peu épouvantés par tout ce qui précède.

Peuplé de personnages étonnants, empreint de réalisme magique et d’un souffle inspiré des sagas scandinaves, L’Homme qui savait la langue des serpents révèle l’humour et de l’imagination franchement délirante d’Andrus Kivirähk. Le roman retrace dans une époque médiévale réinventée la vie peu banale d’un jeune homme qui, vivant dans la forêt, voit le monde de ses ancêtres disparaître et la modernité l’emporter. Une fable ? Oui, mais aussi un regard ironique sur notre propre époque. L’Homme qui savait la langue des serpents a reçu le Grand Prix de l’Imaginaire en 2014.

Andrus Kivirähk est un écrivain estonien né en 1970 à Tallinn. Véritable phénomène littéraire dans son pays, romancier, journaliste et essayiste, il est l’auteur d’une ouvre déjà importante qui suscite l’enthousiasme tant de la critique que d’un très large public, qui raffole de ses histoires. Andrus Kivirähk écrit des romans et des nouvelles, des pièces de théâtres, des textes et des scénarios de films d’animation pour enfants.

La passion du futur de Srećko Horvat

La passion du futur – Manifeste pour un mouvement de libération mondial
« Que les romans de Margaret Atwood redeviennent des fictions ! » La crise inédite inaugurée par le XXIe siècle – migratoire, écologique, politique, financière – a largement effrité le socle de nos libertés individuelles et des idéaux démocratiques. Il faut agir, mais quelles sont les options face à une société de contrôle qui étouffe toute forme de solidarité au profit de l’ordre et des intérêts financiers ? Que faire, lorsque les mobilisations traditionnelles, y compris les manifestations de masse, restent sans effet ? En s’inspirant de l’exemple de l’île de Vis, en Croatie, bastion des Partisans pendant la Seconde Guerre mondiale – ou comment, même aux heures les plus sombres de l’Histoire, une poignée de résistants peut faire basculer le destin d’un pays –, Srećko Horvat nous offre un véritable manuel de résistance et d’action populaire. Et si un autre monde était possible ? Il est urgent de nous libérer de nos chaînes : La poésie du futur nous ouvre la voie.
« Une vision percutante et facile d’accès, une urgente nécessité. » Noam Chomsky

L’Anomalie d’Hervé Le Tellier

«Il est une chose admirable qui surpasse toujours la connaissance, l’intelligence, et même le génie, c’est l’incompréhension.»
En juin 2021, un événement insensé bouleverse les vies de centaines d’hommes et de femmes, tous passagers d’un vol Paris-New York. Parmi eux : Blake, père de famille respectable et néanmoins tueur à gages ; Slimboy, pop star nigériane, las de vivre dans le mensonge ; Joanna, redoutable avocate rattrapée par ses failles ; ou encore Victor Miesel, écrivain confidentiel soudain devenu culte.
Tous croyaient avoir une vie secrète. Nul n’imaginait à quel point c’était vrai.
Roman virtuose où la logique rencontre le magique, L’anomalie explore cette part de nous-mêmes qui nous échappe.

La Colombienne de Wojciech Chmielarz

La Colombie, en plein été. Un groupe de Polonais choisis pour tourner une publicité Coca-Cola passe des vacances dans un hôtel de luxe au bord de l’océan, tous frais payés. Mais le séjour vire au cauchemar : la pub est annulée, et la facture est salée. Pour rembourser leur dette et récupérer leur passeport, les touristes se voient proposer par les Colombiens une offre difficile à refuser… À Varsovie, le corps d’un homme qui travaillait pour un fonds d’investissement est retrouvé suspendu au pont de Gdask – éventré, les mains liées dans le dos. L’inspecteur Mortka, chargé de l’enquête, flaire rapidement une sale histoire de blanchiment d’argent où se mêlent crime organisé, trafics et introductions en Bourse. Sans oublier la vengeance, un plat qui se mange froid en Colombie comme en Pologne…
Un roman multifacette grâce auquel se dévoile un état des lieux (politique, social, psychologique), tout en divertissant. Le nouveau roi du noir à l’Est. Le Monde.

Haute voltige d’Ingrid Astier

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«Combien d’apocalypses peut-on porter en soi?»Aux abords de Paris, le convoi d’un riche Saoudien file dans la nuit. Survient une attaque sans précédent, digne des plus belles équipes. «Du grand albatros» pour le commandant Suarez et ses hommes de la brigade de répression du banditisme, stupéfaits par l’envergure de l’affaire. De quoi les détourner un temps de leur obsession du Gecko – une légende vivante qui se promène sur les toits de Paris, l’or aux doigts, comme si c’était chez lui, du dôme de l’Institut de France à l’église Saint-Eustache… Derrière l’attaque sanglante, quel cerveau se cache? Le butin le plus précieux du convoi n’est pourtant ni l’argent ni les diamants. Mais une femme, Ylana, aussi belle qu’égarée. Ranko est un solitaire endurci, à l’incroyable volonté. Mais aussi un homme à vif, atteint par l’histoire de l’ex-Yougoslavie. L’attaque du convoi les réunit. Le destin de Ranko vient irrémédiablement de tourner. Son oncle, Astrakan, scelle ce destin en lui offrant un jeu d’échecs. Le jeu de Svetozar Gligoric, le grand maître qui taillait ses pièces dans des bouchons de vin. Et lui demande de se battre – à la boxe et aux échecs, pour infiltrer le monde de l’art et dérober ses plus belles œuvres à Enki Bilal, le célèbre artiste. La guerre et l’amour planent comme des vautours. De la police, d’une femme ou du destin, qui est capable de faire chuter Ranko?

L’âge du capitalisme de surveillance de Shoshana Zuboff

Tous tracés, et alors ? Bienvenue dans le capitalisme de surveillance ! Les géants du web, Google, Facebook, Microsoft et consorts, ne cherchent plus seulement à capter toutes nos données, mais à orienter, modifier et conditionner tous nos comportements : notre vie sociale, nos émotions, nos pensées les plus intimes… jusqu’à notre bulletin de vote. En un mot, décider à notre place – à des fins strictement lucratives.

Des premiers pas de Google au scandale de Cambridge Analytica, Shoshana Zuboff analyse cette mutation monstrueuse du capitalisme, où la souveraineté du peuple est renversée au profit non pas d’un État autoritaire, comme on pourrait le craindre, mais d’une nouvelle industrie opaque, avide et toute-puissante, menaçant dans une indifférence radicale notre libre arbitre et la démocratie.

Il est urgent de développer des outils pour appréhender cette situation « sans précédent » et provoquer une prise de conscience internationale. Unanimement salué par la presse, L’Âge du capitalisme de surveillance est un appel à la résistance.

Du plomb dans la tête d’Olivier Bocquet

Fontainebleau, 2010. Malgré ses nombreuses caméras de surveillance, la ville ne parvient pas à assurer la sécurité de tous ses habitants. Thomas Bourriol a été kidnappé en pleine rue, attaché sur l’établi d’une forge isolée dans la forêt et sauvagement torturé. Il ignore pourquoi, ne connaît pas son agresseur mais sort aveugle de cette terrible épreuve. Une certitude l’habite : il retrouvera son tortionnaire et se vengera, coûte que coûte.
L’enquête suit son cours, menée par un lieutenant de police moqué par tous ses collègues et par une stagiaire débutante. Aucun d’eux ne sait par quel bout prendre cette affaire qui ne ressemble à aucune autre, et leur hiérarchie, sous pression politique, ne fait rien pour les aider : il ne faudrait pas que l’histoire s’ébruite.
Pour Thomas, comme pour ce duo de flics, les chances de retrouver le coupable sont minces. Mais la vengeance, dit-on, est un plat qui se mange froid…

et m***! de Richard Russo

Au lendemain de l’élection de Donald Trump, David et sa femme Ellie reçoivent à dîner deux couples d’amis et anciens voisins partis vivre dans une banlieue plus cossue. Ils se sont tous connus à l’université où ils enseignaient et sont désormais à la retraite. La question que chacun se pose, c’est comment le pays a pu en arriver là.
Après le départ des Schuulman et des Miller, Ellie s’attarde à ranger les restes du dîner et, au moment d’éteindre les lumières et d’aller se coucher, détecte une drôle d’odeur dans l’air du jardin. David, depuis la fenêtre de leur chambre, la voit s’arrêter près du jaccuzzi et se figer en apercevant dans l’eau une offrande des moins ragoûtantes. Éternel optimiste, David n’en fait pas une affaire et cherche à rassurer sa femme. Quand l’incident se reproduit quelques jours plus tard, il propose à Ellie un voyage chez leur fille à Los Angeles pour se changer les idées, et à leur retour tout semble normal dans la maison. Jusqu’au jour où une grosse chaleur les pousse à allumer la clim. Quelques heures plus tard, la maison est envahie de mouches à m***. Ellie repart aussi sec à Los Angeles, laissant à David le soin d’élucider l’affaire et de vendre la maison.
Leur pancarte de soutien à Hillary Clinton avant les élections y serait-elle pour quelque chose? Ou bien un ancien étudiant qui chercherait vengeance? La réponse est encore plus banale. Une erreur, aux conséquences dévastatrices dans la vie de David
L’humour noir imprègne cette fable politique qui explore les failles – aussi discrètes que profondes – qui peuvent fracturer l’amitié, la famille, la communauté.

Traduction (Anglais) : Jean Esch

Pyromane de Wojciech Chmielarz

À Varsovie, au coeur d’un hiver glacial, l’inspecteur Mortka est appelé un samedi matin aux aurores sur les lieux d’un incendie criminel. Dans les ruines fumantes d’une villa d’un quartier chic, on découvre le corps de Jan Kameron, un businessman qui a connu des revers de fortune. Sa femme Klaudia, une ex-star éphémère de la chanson, lutte pour sa vie à l’hôpital. Mortka espère d’abord qu’il s’agisse d’un règlement de comptes lié aux affaires pas toujours limpides de Kameron. Mais bien vite, il lui faut se rendre à l’évidence : un pyromane sévit dans les rues de la capitale, balançant des cocktails Molotovs par les cheminées et semant la mort sur son passage… Il faudra toute la ténacité de Mortka, déjà fragilisé par son divorce récent et épuisé par les fiestas de ses colocs étudiants, pour mener à bien une enquête où les fausses pistes abondent. Sans compter le harcèlement de sa hiérarchie qui lui colle une profileuse dans les pattes, et le comportement suspect de son adjoint porté sur la boisson…