Zone Temporaire Noétique

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Auteur/autrice : notaz

Les ombres de Wojciech Chmielarz

 » Les années passent, mais la police polonaise ne change pas. Elle est toujours comme les trois singes. « 

Dans ce dernier volet des aventures de l’inspecteur Mortka, le Kub règlera enfin ses comptes avec l’ombre maléfique qui plane sur Varsovie, le boss Borzestowski. Et pour ce faire, il devra faire le ménage parmi quelques collègues ripoux…
Récemment, le cadavre d’un gangster disparu dans des circonstances mystérieuses six ans plus tôt a été retrouvé par l’inspecteur Kochan, ex-partenaire d’enquêtes de Jacub Mortka, dit le Kub.
Quelques jours plus tard, la femme et la fille du gangster sont retrouvées mortes, abattues avec l’arme de Kochan. Flic et mari violent, ce dernier ne trouve pas grand monde pour le défendre et décide de se planquer. Il appelle tout de même Mortka, qui ne croit pas à la culpabilité de son collègue et va donc s’efforcer de trouver la vérité en travaillant discrètement. Pendant ce temps, la Sèche, la jeune adjointe du Kub, découvre sur une clé USB la vidéo du viol collectif d’un jeune garçon où figurent des politiciens de haut rang.
Si elle révèle ce film à sa hiérarchie, elle sait que l’affaire sera étouffée, vu la stature des hommes impliqués. Mortka et la Sèche décident de s’entraider – ils ne savent pas encore que leurs enquêtes sont liées et qu’ils feront face à la mort en essayant de résoudre ces crimes. Et au centre de tout, il y a Borzsestowski, le grand requin du crime organisé à Varsovie…

Prix du meilleur polar de l’année en Pologne.

Lucas Chancel et Bezos

En 10 minutes, Bezos et ses trois clients vont émettre chacun 75 tonnes de CO2. 10 minutes. Sur terre il y a un milliard de personnes qui n’atteignent pas ces niveaux d’émissions sur une vie entière.

Sources: https://theguardian.com/science/2021/jul/19/billionaires-space-tourism-environment-emissions… et https://hup.harvard.edu/catalog.php?isbn=9780674984653

Ajoutons que le chiffre avancé par le Guardian (300 tonnes de CO2 par lancement) est probablement bien en dessous de la réalité, pour un vol sur SpaceX comme sur BlueOrigin, dès lors que l’on s’intéresse aux émissions indirectes des 10 minutes de vol, c’est à dire aux émissions de CO2 générées pour produire l’H2 et l’O2 liquides (BlueOrigin), construire & réparer les lanceurs, acheminer le matériel & les équipes techniques, effectuer des lancements/tests de sécurité, etc.

Source : https://twitter.com/lucas_chancel/status/1417402557320814619

Le coup d’état d’urgence d’Arié Alimi

Printemps 2020. Pour faire face au Covid-19, le premier état d’urgence sanitaire de l’histoire de France est instauré, s’inspirant de l’état d’urgence décrété pendant la guerre d’Algérie. Du jour au lendemain, l’intégralité de la population française se retrouve assignée à résidence, privée de sa liberté d’aller et de venir, de son droit à la vie privée et, selon les cas, de son droit au travail ou à la liberté d’entreprendre.

Parallèlement, un mécanisme de surveillance généralisée est mis en place, avec quadrillage policier du territoire et usage de drones. Désormais, chaque citoyen est considéré comme un danger potentiel. Il n’est plus un sujet de droit mais un « sujet virus ».

Alors que l’état d’exception contamine peu à peu le droit commun à la manière d’une tache d’huile, les catégories de personnes et les champs touchés par les réductions de libertés ne cessent de s’étendre. Quelles conséquences, dans ces conditions, pour les libertés publiques ? Quels contre-pouvoirs mobiliser face à l’arbitraire de l’exécutif ? Faut-il apprendre à vivre avec ce nouveau paradigme, ou, position défendue par l’auteur, ne pas s’y résigner ?

L’expertise d’Arié Alimi est précieuse et permet de poser un regard sans concession sur la question des libertés publiques et des dérives policières, au cœur de l’actualité. Face à ce « coup d’état d’urgence », il est encore temps de réagir.

Arié Alimi est un avocat pénaliste. Il défend de nombreuses victimes de violences policières et est membre de la Ligue des droits de l’Homme.

Conférence débat « Quels risques pour quels bénéfices en santé, l’exemple de la vaccination »

24 min 24s.

Le discours est un peu ambigu et je voudrais le rectifier. Je n’utilise pas le mot d’immunité collective, c’est un contre-sens. Protection collective, cela concerne les maladies contagieuses. Cas de la rougeole. C’est un vaccin égoïste. Si je rencontre qqn qui a la rougeole, je suis immunisé. Parlons de protection collective  » de troupeau ». Attendre l’immunité collective est un faux ami. Protection indirecte : oui. (…) L’immunité collective est une protection indirecte, c’est un objectif louable mais difficile à atteindre mais ce n’est pas le mot immunité.

Protection collective  » de troupeau » :

Ne concerne que les maladies contagieuses : ex le vaccin antitétanique « égoiste » ne protège que l’individu vacciné. ce n’est pas le cas de la Covid.

La diminution de la circulation du microbe diminue le risque pour une personne non vacinée de rencontre celui-ci mais ne lui confère pas une immunité.

La couverture vaccinale, nombre de personnes à vacciner dans une population « fermée » pour protéger indirectement les non vaccinées, dépend de la contagiosité du microbe. ex : un patient rougeoleux peut contaminer 20 personnes de lui ; il faut donc 95% (1-1/20) de la population soit vaccinée ou immunisée par la maladie pour arrêter l’épidémie.

Cynthia Fleury : « C’est en préservant sa responsabilité qu’on préserve sa liberté »

Une heure avec Cynthia Fleury, pour comprendre comment on devient philosophe et psychanalyste. Car c’est sans doute le croisement de ces deux disciplines, dans sa vie et dans son œuvre, qui peut apporter une clef de compréhension de sa pensée.

Cynthia Fleury doit aménager ses consultations avec ses patients, tout en écrivant chaque jour, en publiant très régulièrement. Elle est également professeure titulaire de la Chaire Humanité et santé du Conservatoire national des arts et métiers, dirige la Chaire de philosophie du GHU Paris « psychiatrie et neurosciences ». Et elle fait partie du Comité consultatif national d’éthique parmi d’autres engagements.

Le mot « engagement » est d’ailleurs important : Cynthia Fleury a contribué à fonder un mouvement politique et siège parfois dans des conseils d’administration. Une heure ne sera donc pas de trop pour comprendre la genèse de toutes les vies de la philosophe qui a un jour confié sur France Culture à Géraldine Mosna-Savoye qu’elle avait commencé à faire de la philosophie sans le savoir…

La Masterclasse de Cynthia Fleury est animée par Émilie Aubry. Elle a été enregistrée le samedi 10 octobre 2020, de 13h00 à 14h00, lors des 23èmes Rendez-vous de l’Histoire (07-11 octobre 2020), à Blois, à la Bibliothèque Abbé Grégoire, en public.

L’Ere de l’individu tyran de Eric Sadin

Protestations, manifestations, émeutes, grèves ; crispation, défiance, dénonciations : depuis quelques années, la colère monte, les peuples ne cessent de rejeter l’autorité et paraissent de moins en moins gouvernables. Jamais le climat n’a été si tendu, laissant nombre de commentateurs dans la sidération. Comment en sommes-nous arrivés là ? Quels éléments et circonstances ont fait naitre et entendre une telle rage, démultipliée sur les réseaux sociaux ?
Les raisons de la révolte sont connues et liées aux dérives du libéralisme élu comme seul modèle politique (aggravations des inégalités, dégradations des conditions de travail, recul des services publics, mises à jour de scandales politiques…). Mais la violence avec laquelle elle se manifeste à présent est inédite car exprimée par un sujet nouveau : l’individu tyran. Né avec les progrès technologiques récents, l’apparition d’internet, du smartphone et les bouleversements induits par la révolution numérique (applications donnant le sentiment que le monde est à nos pieds, réseaux sociaux où ma parole vaut celle de tous, mon image magnifiée…), c’est un être ultra connecté, replié sur sa subjectivité, conforté dans l’idée qu’il est le centre du monde, qu’il peut tout savoir, tout faire, et voyant dans l’outillage technologique moderne l’arme qui lui permettra de peser sur le cours des choses. C’est le I de Iphone, le You de Youtube. Jamais combinaison n’aura été plus explosive : les crises économiques renforcent l’impression d’être dépossédé, la technologie celle d’être tout-puissant. L’écart entre les deux ne cesse de se creuser et devient de plus en plus intolérable. Les conséquences sont délétères : délitement du lien social, de la confiance, du politique ; montée du communautarisme, du complotisme, de la violence… Plane la menace d’un « totalitarisme de la multitude ».
Dans cet essai brillant, mené tambour battant, Eric Sadin livre une analyse neuve et tragiquement juste de l’effondrement de notre monde commun à travers une mise en perspective historique, politique, sociale, économique et technique unique. Mais il le fait pour mieux repenser les termes d’un contrat social capable de nous tenir, à nouveau, ensemble

La Chute de la maison Usher

Jean Epstein
France / 1928 / 1:05:23
D’après Edgar Allan Poe.
Avec Marguerite Gance, Jean Debucourt, Charles Lamy.
Lord Roderick Usher, inquiet pour sa compagne, souffrante, accueille dans sa demeure à l’atmosphère étrange et oppressante un ami d’enfance, après l’avoir appelé à l’aide.

La Chute de la maison Usher a été restauré en 1997 par la Cinémathèque Royale de Belgique et la Cinémathèque française, en collaboration avec la Cineteca del Comune di Bologna, le Nederlands Filmmuseum et l’Archivo Nacional de la Imagen – Sodre (Montevideo). En 2013, le film a été restauré numériquement par la Cinémathèque française et mis en musique par Gabriel Thibaudeau d’après sa partition, interprétée par l’Octuor de France.

« Tout concourt dans ce chef-d’œuvre à son unité. La maîtrise absolue du montage, du rythme où le ralenti, les surimpressions, les travellings, la caméra mobile jouent leur rôle et jamais gratuitement : il n’y a pas une image, un procédé technique qui ne soient là pour embellir le film ; ils sont là pour nous impressionner dans le sens le plus noble comme les images et la cadence d’un vers. La qualité de la photographie, digne des plus grands chefs-d’œuvres du film allemand où grâce à l’orthochromatique les gris sont gris, les blancs sont blancs et les noirs d’un velouté unique… » (Henri Langlois, Cahiers du cinéma, juin 1953)

Le normal et la pathologique de Georges Canguilhem

« Le travail présent est un effort pour intégrer à la spéculation philosophique quelques-unes des méthodes et des acquisitions de la médecine. Il ne s’agit de donner aucune leçon, de porter sur l’activité médicale aucun jugement normatif […]. Nous avons l’ambition de contribuer au renouvellement de certains concepts méthodologiques en rectifiant leur compréhension au contact d’une information médicale […]. Nous pensons obéir à une exigence de la pensée philosophique qui est de rouvrir les problèmes plutôt que de les clore. » Cet ouvrage est la thèse de doctorat en médecine présentée en 1943 par Georges Canguilhem, augmentée, lors de sa réédition vingt ans plus tard, de réflexions philosophiques sur la signification du terme « normal » en médecine.