L’innovation à l’épreuve de la philosophie de Xavier Pavie

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Depuis cinquante ans, les innovations ont pris une nouvelle dimension : Internet, séquençage de l’ADN, manipulations génomiques, avancées du transhumanisme, nanotechnologies… Ces innovations récentes ne sont pas sans soulever des problématiques nouvelles dont les conséquences sont aussi importantes qu’irréversibles. L’innovateur, dont Steve Jobs, Mark Zuckerberg ou Elon Musk sont des figures contemporaines emblématiques, apparaît comme une personnalité aussi géniale que destructrice, qui ambitionne de changer le monde quelle que soit la violence qui découlera de son innovation. Se dessine alors la nécessité d’établir une innovation-responsable, dans laquelle l’innovateur devrait rendre compte de ses actes et revoir sa position de héros. Pour établir cette nouvelle éthique, la philosophie est un recours nécessaire, puisqu’avec les stoïciens, Aristote, Kant, Nietzsche et Foucault, entre autres, elle interroge la maîtrise de soi, la prudence, le respect, la volonté de puissance et le pouvoir, toutes notions à rapprocher de la figure de l’innovateur.

My bloody valentine Loveless de Guillaume Belhomme

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« Les amateurs de My Bloody Valentine ont trouvé le temps long entre leur première écoute d’Isn’t Anything et la sortie de ‘Loveless’, en 1991. De studio en studio, Kevin Shields et sa bande auront mis deux années à façonner l’album qui marquera de ses guitares brumeuses et de ses voix lointaines le début des années 1990 et qui continue de hanter tout amateur de distorsions. « Dans les pas du Velvet Underground, d’Heldon ou de Suicide, My Boody Valentine a accouché avec un art qui n’appartient qu’à lui, et que l’on copiera, de la bande-son de ses errances et de ses doutes. À tel point que l’influence de ‘Loveless’ aura sur le groupe un effet paralysant : vingt années passeront avant qu’il n’enregistre un ‘nouvel’ album. Assez de temps pour interroger la nature de ce désenchantement qui menace tout créateur véritable c’est-à-dire : souvent inquiet… » Chef-d’oeuvre de noisy pop, bruyant et doux, cotonneux et mouvant, apogée de la carrière du groupe…

Faire l’économie de la haine : Essais sur la censure de Alain Deneault

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Point de haine de l’économie là où on nous fait aimer l’argent (à tout prix). Point de haine de l’économie, mais une économie de la haine. Le programme : faire l’économie de la haine. Haïr sans qu’il n’y paraisse. Ainsi s’investit-on dans l’asservissement à l’argent. L’argent fait écran : faut-il vraiment qu’on délocalise des usines, licencie du personnel, pollue des rivières, contourne le fisc, soutienne des dictatures ou arme des chefs de guerre pour que le prix d’une action monte en Bourse ? Pourquoi faisons-nous l’économie de ces questions ? Pour Alain Deneault, cette façon « obligée » d’appréhender le réel participe de l’autocensure, un phénomène qui ne relève pas de la psychologie individuelle, mais d’un fait social.

Le champignon de la fin du monde de Anna Lowenhaupt Tsing

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Dans les vestiges des grands pins ponderosas d’Oregon pousse le matsutake, un champignon qui compte parmi les aliments les plus chers au monde. C’est le point de départ de cette enquête qui transforme un paradoxe en outil d’exploration : en suivant la piste de ce champignon rare, Anna Tsing décrypte la dynamique de notre monde au bord de la destruction au moyen d’outils conceptuels neufs. Bien plus qu’une métaphore, le matsutake est une leçon d’optimisme dans un monde désespérant.
Ce n’est pas seulement dans les pays ravagés par la guerre qu’il faut apprendre à vivre dans les ruines. Car les ruines se rapprochent et nous enserrent de toute part, des sites industriels aux paysages naturels dévastés. Mais l’erreur serait de croire que l’on se contente d’y survivre.
Dans les ruines prolifèrent en effet de nouveaux mondes qu’Anna Tsing a choisi d’explorer en suivant l’odyssée étonnante d’un mystérieux champignon qui ne pousse que dans les forêts détruites.
Suivre les matsutakes, c’est s’intéresser aux cueilleurs de l’Oregon, ces travailleurs précaires, vétérans des guerres américaines, immigrés sans papiers, qui vendent chaque soir les champignons ramassés le jour et qui termineront comme des produits de luxe sur les étals des épiceries fines japonaises. Chemin faisant, on comprend pourquoi la  » précarité  » n’est pas seulement un terme décrivant la condition des cueilleurs sans emploi stable mais un concept pour penser le monde qui nous est imposé.
Suivre les matsutakes, c’est apporter un éclairage nouveau sur la manière dont le capitalisme s’est inventé comme mode d’exploitation et dont il ravage aujourd’hui la planète.
Suivre les matsutakes, c’est aussi une nouvelle manière de faire de la biologie : les champignons sont une espèce très particulière qui bouscule les fondements des sciences du vivant.
Les matsutakes ne sont donc pas un prétexte ou une métaphore, ils sont le support surprenant d’une leçon d’optimisme dans un monde désespérant.

La Société hyper-industrielle de Pierre Veltz

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La sortie du monde façonné par l’industrie de masse du xxe siècle ébranle toute la société française. Quel sera le nouveau monde de la globalisation et de la révolution numérique ? Prenant le contrepied des analyses les plus répandues – désindustrialisation, passage à une société de services –, Pierre Veltz décrit une situation où les services, l’industrie et le numérique convergent vers une configuration inédite : le capitalisme  » hyper-industriel « . Cette convergence se déploie à l’échelle mondiale, faisant émerger une nouvelle économie, mais aussi une nouvelle géographie. Un grand partage se dessine, entre un archipel de pôles ultra-connectés et des mondes périphériques résiduels. Grâce à l’intensité de la redistribution, l’Europe et la France échappent pour l’instant aux formes les plus brutales de cette dislocation. C’est un atout immense qu’il faut préserver et consolider.

Angoisse – Le double secret de Max Dorra

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Rarement avouée, notamment par les hommes qui la croient signe de faiblesse, l’angoisse est le sentiment le plus universel et le plus dissimulé. Elle commence avec la peur du jugement : comment en arrive-t-on se sentir  » laid  » ou  » bête  » à cause d’un regard ou d’une expression ? Il y a des mots qui tuent parce qu’ils nous collent une certaine image de nous-mêmes.
Le pouvoir sur soi et le pouvoir politique sont directement liés à cette maîtrise de l’angoisse.
L’angoisse se cache derrière la violence. Il est donc essentiel d’apprendre à l’accepter et à la contrôler car elle fait partie de la vie. Il faudrait inscrire très tôt une pédagogie de l’angoisse dans les programmes scolaires.
Face à l’angoisse, le concept de montage, issu du cinéma, est précieux. Un montage, comme le suggère le grand cinéaste Eisenstein, met en mouvement et se propage comme une onde qui réorganise notre mémoire, nos souvenirs heureux ou traumatiques. Nous sommes tout un chacun le produit d’un montage à la fois individuel et social, que nous n’avons pas choisi, et que nous pouvons démonter et remonter.

Ces maires qui changent tout : Le génie créatif des communes de Mathieu Rivat

By notaz / On / In Economie, Lus, Politique, Sciences humaines, Sociologie

Ce livre est la mise en récit de l’initiative en matière écologique, sociale et démocratique des maires et de leur commune. Six villes de tailles diverses, qui occupent des positions très différentes sur le territoire, ont été choisies. Deux sont des villages en territoire rural : Puy-Saint-André (Hautes-Alpes) et Trémargat (Côtes-d’Armor). Deux sont des petites villes en zone périurbaine : Loos-en-Gohelle (Nord) et Ungersheim (Haut-Rhin). Deux sont des métropoles : Paris et Grenoble (Isère). Depuis quelques années, la paralysie institutionnelle des Etats, leur difficulté à engager des changements en profondeur, la défiance que les électeurs nourrissent à l’égard de leurs élus, fait réémerger un courant un peu oublié : le municipalisme. La cité, l’endroit où nous vivons, ce que l’on appelle de plus en plus fréquemment « l’échelle locale », offrirait un espace où l’innovation sociale et écologique, où la pratique démocratique seraient plus faciles et plus efficaces. le moire, ce personnage politique encore très populaire, serait plus digne de confiance que nos ministres, députés ou président… A travers sa rencontre avec ces six maires, se dessinent les ressorts des dynamiques locales, des différences entre villages, villes et agglomérations et, surtout, l’espace des possibles. Partout, ces hommes et ces femmes, malgré les difficultés, transforment leurs territoires et, par contagion, leur pays, leur continent…

Archéologie de la violence de Pierre Clastres

By notaz / On / In Pensée non paresseuse, Sciences humaines

« Le meilleur ennemi de l’État, c’est la guerre. » Cet essai propose une réflexion novatrice sur la guerre. Pour Pierre Clastres, elle est une façon de repousser la fusion politique, et donc d’empêcher la menace d’une délégation de pouvoir menant aux dérives intrinsèquement liées à la trop grande taille d’une société. La guerre et l’institution étatique, posées dans une relation d’exclusion, chacune impliquant la négation de l’autre, se conditionnent donc mutuellement.

« Un livre essentiel sur la violence. » Général Robert Bassac, Défense

« Pierre Clastres a une position marginale, à l’écart du grand débat anthropologique de l’époque entre structuralisme et marxisme. » Marc Abélès, Sciences Humaines