Le village en cendres de Shen Fuyu

By notaz / On / In Lus, Roman

Fils de paysans de la province du Jiangsu, au centre de la Chine, Shen Fuyu a été mingong (travailleur errant) et a exercé de nombreux métiers avant de devenir écrivain. Avec un formidable talent de conteur, il redonne vie à Shen, son Village en cendres, balayé, comme tant d’autres, par les violentes mutations de la Chine. Au gré de sa mémoire et de celle de ses ancêtres, il ressuscite un monde paysan aujourd’hui disparu et met en scène vie quotidienne, coutumes, relation de chacun à un monde nouveau.

Une Chine éternelle jaillit de ces pages, avec sa façon d’être et ses traditions, ses figures hautes en couleur, sa dureté quotidienne mais aussi ses moments de grâce, marqués par la volonté têtue de chacun de survivre, tout en gardant le plus important – la face. On sillonne les rues du village, on pénètre les coeurs et les maisonnées, les cours fleuries et les jardins, on frôle les esprits et les dieux familiers, on croise un vannier amoureux de son boeuf, un charpentier patriarche et sa scie magique ou encore une femme rebelle qui rosse sans façon son kidnappeur…

Délicatement imprégné de Tao et de Confucianisme, croisant sans cesse la grande Histoire qui a bouleversé la Chine au XXe siècle et l’histoire individuelle, Le village en cendres dresse le portrait surprenant d’un pays de contradictions et l’invitation à découvrir un auteur, très populaire en Chine, traduit pour la première fois en français.

C’est moi qui éteins les lumières de Zoyâ Pirzâd

By notaz / On / In Lus, Roman

Clarisse et d’une simplicité de coeur qui la rend spontanément attachante. Autour de cette héroïne malgré elle gravite tout un petit monde : un mari ingénieur, deux adorables et malicieuses jumelles, Armen, le fils vénéré en pleine crise d’adolescence, une soeur à marier un peu revêche, et la vieille mère qui règne sur la maisonnée, dans le quartier arménien d’Abadan. Pourtant la très modeste Clarisse va bientôt révéler sa nature de personnage tchekhovien quand de nouveaux voisins viennent bouleverser l’équilibre affectif de notre femme invisible…

Moka de Tatiana de Rosnay

By notaz / On / In Lus, Roman

Ce qu’une mère est prête à faire par amour
À 40 ans Justine mène une vie tranquille entre son mari et ses deux enfants. Mais son existence bascule lorsqu’un chauffard renverse son fils et prends la fuite à bord d’une voiture couleur moka. Grièvement blessé Malcolm sombre dans le coma. L’enquête piétine… La police, faute d’indices est prête à classer l’affaire. Seule contre tous – ou presque –, Justine veut découvrir la vérité. Aller jusqu’au bout, coûte que coûte, pour démasquer le coupable.

Moka entraine le lecteur dans un étourdissant suspense psychologique.

La cage dorée : La vengeance d’une femme est douce et impitoyable de Camilla Lackberg

By notaz / On / In Lus, Roman

Un mari parfait, une fille adorable et un appartement de luxe dans l’un des quartiers les plus chics de Stockholm, Faye semble tout avoir. Mais de sombres souvenirs de son enfance à Fjällbacka la hantent et elle se sent chaque jour un peu plus prisonnière d’une cage dorée. La femme forte et ambitieuse qu’elle était autrefois a tout abandonné pour Jack. Lorsqu’il la trahit, son univers s’effondre. Du jour au lendemain, elle se retrouve sans rien. D’abord complètement anéantie, elle décide de rendre coup pour coup et se met à échafauder une vengeance impitoyable. Retraçant le destin poignant d’une femme trompée et exploitée qui prend sa vie en main, La Cage dorée est un cocktail palpitant de trahison, de rédemption et de vengeance.

La chambre aux échos de Richard Powers

By notaz / On / In Lus, Roman

Sur une route du Nebraska, Mark Schulter est victime d’un grave accident de voiture. A son réveil, après un profond coma, il reconnaît tous ses proches, sauf Karine, sa sœur aînée. Déboussolée, meurtrie, celle-ci fait alors appel à Gerald Weber, un célèbre neurologue. Le diagnostic est sans appel, Mark est atteint du rarissime syndrome de Capgras : il considère Karin comme une pâle imitation de sa sœur, une usurpatrice. Tandis que Weber étudie son cas, Mark tente de reconstituer ce qui s’est vraiment passé la fameuse nuit de l’accident, et de démasquer ce témoin anonyme qui lui a sauvé la vie avant de disparaître en laissant un étrange message. Ce qu’il découvrira va bouleverser à jamais sa vie et celle des siens …  »

VNR de Laurent Chalumeau

By notaz / On / In Lus, Roman

Le livre s’ouvre sur le monologue fou et halluciné d’un homme qui explique à un autre, qu’on devine son otage bailloné, les raisons de sa colère. Le lecteur, attrapé par les cheveux, saisi d’effroi, est placé d’emblée dans la situation d’une victime muette qui cherche à comprendre ce qui se joue dans ce huis-clos.
Petit blanc mâle quinqua sans emploi, rejeté par ses enfants et quitté par sa femme, Alain est un homme « en fin de droits », qu’il s’agisse de son assurance chômage ou de sa vie conjugale.
Il a décidé de se venger des trois personnes auxquelles il estime devoir sa chute: le cadre sup qui a harcelé sa femme au travail ; l’homme politique responsable de la délocalisation des industries de la région et de l’effondrement de sa ville ; la psychologue qui a introduit des idées d’émancipation féministe dans le cerveau de son épouse.
Chacun à leur tour, Alain va les enlever et les séquestrer, bien décidé à leur faire passer une mauvaise nuit. Leur dernière. Seulement voilà, comme il le dit lui-même, Alain n’a pas « pris option serial killer au bac ». Sa mise en application du hashtag #KidnappeTonPorc s’avère donc moins simple que prévu.

Tout à la fois opéra grand guignol en trois actes, stand up de l’assassin sous forme d’un long monologue adressé à ses différentes victimes, one-man show du bourreau, hommage aux pulps qu’il détourne et allusion affectueuse aux poissards absolus de David Goodis et aux psychopathes débonnaires de Jim Thompson, VNR ajoute une nouvelle couleur, plus grinçante, plus sombre et plus sociale, à la palette de Laurent Chalumeau dont on retrouve avec bonheur les prouesses stylistiques et le talent narratif.

La rouille d’Eric Richer

By notaz / On / In Lus, Roman

La Rouille est une histoire d’enfance, un roman d’apprentissage, du passage de l’âge de l’enfance à celui de l’adulte, mettant en scène un schéma universel, celui du refus de grandir et de passer par les rites de nos clans.

Nói vit dans une casse automobile avec son père, quelque part dans un pays post-soviétique cerné de misère ordinaire. Bientôt, il devra passer le « Kännöst », un rite initiatique brutal, mystérieux et inquiétant imposé par les hommes de sa communauté. Entre soirées MMA, concerts de Métal et défonce aux détergents, Nói grandit comme il peut, chahuté par ses émotions, à l’ombre du grand père clanique et tyrannique. Sans jamais cesser de rêver de partir loin, très loin…

Entre Sweet Sixteen de Ken Loach et Kids de Larry Clark, La Rouille vous attrape et ne vous lâche pas. La rouille, c’est la gangrène qui gagne le corps et l’âme de chacun, qui ronge et rend tout espoir de salut impossible.

La somme de nos folies de Shih-Li Kow

By notaz / On / In Lus, Roman, Zulma

A Lubok Sayong, petite ville au nord de Kuala Lumpur, tout est indéniablement unique. Jusqu’à la topographie, une cuvette entre deux rivières et trois lacs, qui lui vaut chaque année une inondation et son lot d’histoires mémorables. Cette année-là, exceptionnelle entre toutes, l’impétueuse Beevi décide de rendre enfin la liberté à son poisson qui désespère dans un aquarium trop petit, d’adopter Mary Anne, débarquée sans crier gare de son orphelinat où toutes les filles s’appellent Mary quelque chose, et d’embaucher l’extravagante Miss Boonsidik pour l’aider à tenir la grande demeure à tourelles de feu son père, reconvertie en bed &breakfast… Le tout livré en alternance et avec force commentaires par la facétieuse Mary Anne et par Auyong, l’ami fidèle, vieux directeur chinois de la conserverie de litchis, qui coulerait des jours paisibles s’il ne devenait l’instigateur héroïque d’une gay pride locale. La Somme de nos folies est la chronique absolument tendre, libre, drôle, profonde, et volontiers incisive, d’un genre très humain quelque part en Malaisie, aujourd’hui.

Evangelia de David Toscana

By notaz / On / In Lus, Roman, Zulma

Et si l’ange Gabriel avait failli, oubliant de se préoccuper d’un détail anodin : le sexe du divin Enfant ? Voilà ce qui arrive quand on ne fait pas les choses soi-même et qu’on envoie un ange jouer les marieuses. Ainsi naquit Emmanuelle, fille de Dieu, dont la vie promet de ne pas être un long fleuve tranquille. Il va lui falloir faire ses preuves auprès de son irascible Père qui est aux cieux, s imposer en icône révolutionnaire à Jérusalem pour que les prophéties s accomplissent, malgré l’inénarrable misogynie ambiante et les embûches semées par son frère cadet, Jacob, bientôt connu sous le nom de Jésus…
Au-delà de l’humour inhérent à une telle fabulation, David Toscana nous emporte, aux côtés d’Emmanuelle, dans un récit plein de profondeur et d’émotion. Ce roman est un pari fou relevé avec un talent inouï. Un monument irrésistible d érudition, d’humanité et de drôlerie.

« Et voilà qu’Il éprouvait à présent une passion bien humaine : de la colère mêlée à l’envie de rejeter sur les autres ses propres fautes. C’est qu’après avoir béni tant de membres de son peuple en leur accordant des fils uniques ou des premiers-nés mâles, après avoir donné à Jacob treize enfants, dont douze garçons, il se trouvait que Lui avait eu une fille. »

Grand-père avait un éléphant de Vaikom Muhammad Basheer

By notaz / On / In Lus, Roman, Zulma

Du monde, la jeune et jolie Kounnioupattoumma ne sait rien, si ce n’est que son grand-père avait un éléphant ! Fille de notables musulmans, elle est en âge d’être mariée. Mais pour sa mère, les prétendants ne sont jamais assez beaux, jeunes, riches, puissants… Surtout quand on songe à la splendeur passée du grand-père à l’éléphant. Hélas, voilà la famille ruinée. Adieu vaste demeure, domestiques, bijoux en or ! Kounnioupattoumma peut enfin goûter aux délices de la baignade en attendant des jours meilleurs… Avec un profond amour des êtres, qu’il ne désespère pas d’éduquer et de distraire, Basheer mêle à la perfection vérité et humour. Il y a chez ce Maupassant, ce Garcia Marquez indien, une drôlerie sagace, un brio enchanteur et pathétique, une fantaisie et une liberté de ton parfaitement rayonnantes. Ce qui est fascinant, dans l’univers de Basheer, c’est qu’on y entre de plain-pied, avec une familiarité et un enthousiasme qu’on a tout de suite envie de faire partager.