Zone Temporaire Noétique

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Catégorie : Roman

Les impliqués de Zygmunt Miloszewski

Varsovie, 2005. Sous la houlette du docteur Rudzki, quatre patients ont investi l’ancien monastère de la Vierge Marie de Czestochowa. Entre huis clos et jeux de rôles, cette nouvelle méthode de thérapie de groupe, dite  » Constellation familiale « , ne manque pas d’intensité. Au point qu’un matin, l’un d’entre eux est retrouvé mort au réfectoire, une broche à rôtir plantée dans l’oeil… Pour le procureur Teodore Szacki, l’expérience est allée trop loin.
A moins qu’elle n’ait réveillé un passé enfoui, que la Pologne se tue à essayer d’étouffer…

L’équipage de Joseph Kessel

Joseph Kessel vous tiendra en haleine du début à la fin de cette œuvre puissante qui évoque le double drame de la guerre et de la mort, de l’amour et de la jalousie.

Un équipage d’aviateurs pendant la Première Guerre mondiale, c’est un pilote, chargé de manoeuvrer l’avion, et un observateur, qui examine le terrain. Et l’un des meilleurs équipages de l’escadrille de Jonchery est celui de Jean Herbillon et de Claude Maury. Le jeune Herbillon rêvait d’exploits à son arrivée au front ; quelques mois ont suffi à le désenchanter. Claude, ancien fantassin, espère que son prestige de pilote lui permettra de reconquérir la femme qu’il aime. Les deux hommes ont noué une amitié fusionnelle. Jusqu’à ce que Jean apprenne que son coéquipier et lui sont amoureux de la même femme… Avec cette oeuvre, inspirée par sa propre expérience de héros de l’aviation pendant la Grande Guerre, Kessel livre un hymne bouleversant au courage et à la fraternité.

Dix petites anarchistes de Daniel de Roulet

Suisse, fin du XIXe siècle. À Saint-Imier, on vivote entre misère et exploitation, entre les étables et une industrie horlogère encore balbutiante. La visite de Bakounine, plein de l’ardeur de la Commune de Paris, éveille l’idée qu’une autre vie est possible. Dix jeunes femmes font le pari insensé de bâtir, à l’autre bout du monde, une communauté où régnerait « l’anarchie à l’état pur ». Valentine, dernière survivante des « dix petites anarchistes », nous fait le récit de cette utopie en acte qui les conduit de Suisse en Patagonie jusqu’à Buenos Aires, en passant par l’île de Robinson Crusoé.

L’extraordinaire épopée de femmes soudées par un amour farouche de la liberté, qui ont choisi de « se réjouir de l’imprévu sans perdre la force de s’insurger ».

Sœurs dans la guerre de Sarah Hall

Au creux des montages du nord de l’Angleterre, dans le lake district éloigné des villes, une poignée de résistantes affranchies d’un monde en miette vivent en communauté à Carhullan, ferme qui tire de la terre rude les moyens de leur subsistance et de leur liberté. Sœur pense à elles depuis bien avant l’effondrement et l’instauration d’un régime autoritaire qui organise le strict rationnement des ressources et la régulation violente des naissances. Adolescente, déjà, elle était fascinée par leur présence insolite au marché où elles venaient vendre leur production. Adulte, c’est la conscience de leur existence qui lui donne la force d’imaginer un avenir possible, une vie debout, en marge du joug des Autorités, et des hommes. Prête à glisser hors du monde officiel, Sœur se met en route pour les rejoindre, déterminée à affronter toutes les épreuves.

Dans une saisissante contre-utopie féministe, Sarah Hall aborde avec une originalité remarquable les questions d’écologie, de genre et de défense des libertés individuelles, et propose une vision décapante et galvanisante du pire des mondes à venir.

Née en 1974 dans le comté de Cumbria en Angleterre, Sarah Hall est notamment l’auteur de La Frontière du loup et La Belle Indifférence (Christian Bourgois).

Bâtir aussi, Fragments d’un monde révolutionné d’Ateliers de l’Antémonde

2011, les printemps arabes ont donné le ton à d’autres révoltes. Un mouvement mondialisé s’étend, c’est l’Haraka. Les productions industrielles, les États et toutes les hiérarchies vacillent. Des dynamiques populaires s’entrechoquent pour répondre aux nécessités de la survie et dessiner un futur habitable.


2021, les communes libres s’épanouissent sur les ruines du système. Comment vivre avec l’héritage de l’Antémonde ? Comment faire le tri des objets et des savoirs d’une époque aux traces tenaces ? Les haraks dessinent leur quotidien en fonction de leurs ressources et de leurs rêves. Des dynamos aux rites funéraires, des lave-linges aux assemblées, ces nouvelles d’anticipation politique racontent non pas une utopie parachutée, hors-sol, mais des routines collectives qui se confrontent à la matière, à ce qui résiste dans les têtes, bâtissant un monde qui s’espère sans dominations.

Le pavillon des combattantes d’Emma Donoghue

Quand j’ai reçu ce roman et que j’ai lu son résumé, j’y ai vu une plongée dans l’Histoire en miroir avec notre actualité mondiale et une large part de féminisme qui le rendait très intéressant. J’avais déjà entendu parler de l’autrice, qui a précédemment écrit Room, et j’ai donc pensé que cette lecture pourrait sans doute être une excellente idée. Il est sorti en août pour la rentrée littéraire 2021 et je remercie les éditions Presses de la Cité de me l’avoir envoyé.
Résumé …

En pleine pandémie de grippe espagnole, l’ancien monde est en train de s’effondrer. À la maternité, des femmes luttent pour qu’un autre voie le jour. 1918. Trois jours à Dublin, ravagé par la guerre et une terrible épidémie. Trois jours aux côtés de Julia Power, infirmière dans un service réservé aux femmes enceintes touchées par la maladie. Partout, la confusion règne, et le gouvernement semble impuissant à protéger sa population. À l’aube de ses 30 ans, alors qu’à l’hôpital on manque de tout, Julia se retrouve seule pour gérer ses patientes en quarantaine. Elle ne dispose que de l’aide d’une jeune orpheline bénévole, Bridie Sweeney, et des rares mais précieux conseils du Dr Kathleen Lynn – membre du Sinn Féin recherchée par la police. Dans une salle exiguë où les âmes comme les corps sont mis à nu, toutes les trois s’acharnent dans leur défi à la mort, tandis que leurs patientes tentent de conserver les forces nécessaires pour donner la vie.
Mon avis …

Alors que je trouvais que mon année 2021 manquait de coups de coeur, ce roman m’a donné tort. Ce fut une très, très grande claque, et l’une de mes plus belles lectures de ces dernières années. J’ai tellement aimé ce livre qui m’a captivée, tenue en haleine, bouleversée, fait frissonner, émue aux larmes, terrifiée. Je suis passionnée de romans historiques, et d’autant plus quand ils mêlent autant d’émotions que celui-ci. Je l’ai vécu, du début à la fin, et j’espère réussir à lui rendre justice avec mes mots.

Impossible de ne pas voir dans cette histoire un terrible reflet de notre actualité sanitaire. En nous plongeant dans le Dublin de la Grippe Espagnole, au coeur d’un service de maternité de femmes infectées, l’autrice nous renvoie énormément d’éléments de notre quotidien. Cette épidémie a fait plus de mort que la Première Guerre Mondiale (3 à 6% de l’espèce humaine selon les recherches de l’autrice), et il est assez perturbant de constater que ce que nous traversons est loin d’être si exceptionnel, mais surtout de voir les conditions dans lesquelles cette grippe était vécue et traitée. Aucun vaccin à l’époque, et des moyens médicaux bien moins avancés qu’aujourd’hui, qui rendaient l’exercice de la médecine particulièrement compliqué. Nous suivons Julie, une infirmière passionnée, qui se dédie corps et âme pour ses patientes. Passionnée par son métier, elle manque pourtant cruellement de moyens, et doit faire du mieux qu’elle peut avec les armes dont elle dispose.

Nous sommes à l’époque où les femmes luttaient beaucoup pour leurs droits, et ce service de maternité qui reçoit des femmes enceintes et qui voit s’impliquer des femmes infirmières, médecins, sages femmes, est le coeur même de ces combats. On assiste à ces instants de vie aussi beaux que terribles, à ces grossesses qui ne bénéficiaient pas du suivi médical que nous avons désormais, à ces nouveaux-nés qui devaient lutter pour vivre, à ces complications médicales et à ces moments de bonheur suspendus. Ce roman est écrit d’une façon très particulière car il nous fait vivre ces journées en détails, où nous assistons, comme en apnée, à l’évolution des accouchements presque seconde après seconde, où nous souffrons avec les patientes et luttons avec Julie, et où une fois la journée terminée, nous réalisons à quel point ce métier est exigeant.

On a tendance à oublier à quel point l’obstétrique est une spécialité complexe, à quel point aucune grossesse n’est sans danger, et combien la maternité est bien souvent liée à la mort, que ce soit dans le cas de fausses couches, de nourrissons morts-nés ou de décès des mères. A l’époque, c’était encore plus fréquent en raison du suivi des grossesses qui était plus qu’approximatif. Les personnages de ce roman sont d’une grande force et d’une humanité bouleversante. Les notes de l’autrice à la fin du livre nous permettent aussi de comprendre à quel point le roman s’inscrit dans des faits historiques réels. C’est un ouvrage précieux qui m’a aidé à percevoir cette période historique sous un autre angle, celui des soignants qui, sans donner de leur être au combat, luttaient pour en maintenir tant d’autres en vie. Ce livre nous permet aussi de remettre un peu en perspective notre propre vécu, et la chance que nous pouvons avoir de vivre une épidémie à notre époque, dans un pays qui nous permette d’accéder aux soins gratuitement, librement. Il montre à quel point les soignants sont indispensables, à quel point nous devrions tout faire pour alléger leur travail quotidien et il ne fait que mettre en lumière cette dette que la société toute entière a envers eux.

C’est un roman historique passionnant qui est une véritable immersion dans une époque et un contexte de crise sanitaire comme nous pouvons le connaître, mais c’est aussi une lecture aussi riche que difficile, avec certains passages qui sont presque insoutenables. L’autrice nous emporte sans jamais nous lâcher la main et réussit à nous captiver du début à la fin, en proposant ce qui est quasiment un huis-clos. Le pari n’était pas évident, mais c’est à mes yeux une véritable pépite, un livre dont je me souviendrai toujours, et une histoire vraiment marquante. J’aime tellement découvrir des livres qui me transportent à ce point, avec cette certitude que je n’ai rien lu de tel jusqu’à présent. C’est une sensation rare quand on lit beaucoup, et c’est en cela que ce roman est aussi précieux à mes yeux. Si vous êtes sensible à la cause féministe, aux combats des femmes pour leurs droits, si vous aimez les romans historiques et si vous voulez être captivé, et ressentir des milliers d’émotions très fortes, alors ne passez pas à côté de ce roman exceptionnel.

Pour résumer …

L’une de mes plus belles lectures de ces dernières années, qui nous emmène dans le Dublin de la Grippe Espagnole, dans un service de maternité de femmes infectées. C’est un roman historique très riche, très fort, qui nous fait vivre mille émotions et dont l’humanité ne peut que nous bouleverser. Inoubliable.

Pour seul pardon de Thierry Brun

Thomas Asano a trouvé refuge dans une petite ville nichée au pied des Vosges. Ici, la vie y est âpre. Homme à tout faire, il a la réputation d’être travailleur et bon chasseur. Il est surtout décidé à se faire oublier : il a connu Sarajevo et la prison. En liberté conditionnelle, c’est un homme brisé par la culpabilité qui tente de se reconstruire. Son seul souhait, ne plus laisser la violence le submerger. Une vie simple au plus près des forêts, en harmonie avec la nature, traquer le sanglier, faire l’amour à Élise, la fille du patron. Mais, chaque jour il envoie des messages à la femme qui l’a quitté. Celle qui le visite dans ses rêves, celle à qui il parle encore quand les nuits sont trop longues. Pourtant quand le père d’Élise se retrouve en possession d’une livraison de cocaïne qui ne lui est pas destinée, le passé d’Asano le rattrape. Cet homme simple et discret n’a désormais plus le choix. Il redevient ce qu’il n’a cessé d’être : un homme de guerre. C’est le prix à payer pour protéger Élise.

Un roman noir, sombre et addictif !

Senones a été une ville prospère au carrefour des métropoles du grand Est. Aujourd’hui, elle est marquée par la fermeture des industries et les séquelles de guerre. C’est le terminus des espoirs. À bas bruit, dans cette région abandonnée par les politiques, les règles claniques empiètent sur celles de l’État. Tout le monde se connaît, on va à la chasse ensemble, métayers, élus comme gendarmes. On se débrouille comme on peut pour survivre, quitte à repousser les marges de la loi. Les chantiers de rénovations emploient des sans-papiers, les anciennes fermes et entreprises de filature servent de nurseries aux trafiquants du Haut-du-Lièvre. C’est là que Thomas Asano a décidé de commencer une nouvelle vie…

Il était une fois dans l’Est d’Arpád Soltész

« En Slovaquie, les filles étaient jolies, la gnôle forte, les policiers faibles, les politiciens bon marché et les services secrets aveugles. « 


Fin des années 1990, dans l’est sauvage de la Slovaquie. Veronika, 17 ans, est enlevée par deux hommes alors qu’elle fait du stop. Après l’avoir violée, les deux malfrats prévoient de la vendre à un bordel au Kosovo. Mais lors du transfert, la jeune fille s’échappe, puis porte plainte auprès de la police locale. C’est alors que les choses se compliquent : les kidnappeurs semblent bénéficier de protections haut placées, et l’enquête piétine… Aidée de Pavol Schlesinger, le journaliste qui raconte son histoire, Veronika tente d’échapper aux trois plus grands groupes criminels de l’époque : la police, la justice et les services secrets. Réfugiée dans un hôtel désert à la frontière ukrainienne, elle fait la connaissance du mystérieux Igor, qui l’initie à la fabrication des bombes. Car si elle ne peut obtenir justice, Veronika refuse de laisser impunis ses tortionnaires. Et la vengeance est un plat qui se mange froid… Puisant dans les nombreuses affaires qu’il a pu suivre comme journaliste lorsqu’il couvrait les mafias de l’Est, Arpad Soltesz dresse un tableau noir et âpre des brutales années 1990 et du capitalisme sauvage qui a suivi la chute du communisme.

Le gang de la clef à molette d’Edward Abbey

Révoltés de voir le somptueux désert de l’Ouest défiguré par les grandes firmes industrielles, quatre insoumis décident d’entrer en lutte contre la « Machine ». Un vétéran du Vietnam accroc à la bière et aux armes à feu, un chirurgien incendiaire entre deux âges, sa superbe maîtresse et un mormon nostalgique et polygame commencent à détruire ponts, routes et voies ferrées qui balafrent le désert. Armés de simples clefs à molette – et de dynamite – nos héros écologistes vont devoir affronter les représentants de l’ordre et de la morale lancés à leur poursuite. Commence alors une longue traque dans le désert.
Dénonciation cinglante du monde industriel moderne, hommage appuyé à la nature sauvage et hymne à la désobéissance civile, ce livre subversif à la verve tragi-comique sans égale est le grand roman épique de l’Ouest américain.
Ce classique, vendu à des millions d’exemplaires depuis sa parution au milieu des années 70, est devenu la bible d’une écologie militante et toujours pacifique… ou presque.

Le chien à des choses à vous dire de Jean-Marc Agrati

Premier recueil de Jean-Marc Agrati, Le Chien a des choses à dire est une suite de 24 nouvelles tour à tour poétiques, drôles, grinçantes ou cruelles, toujours décalées. Des histoires dans lesquelles la réalité se prend des crocs-en-jambe futuristico-surréalistes de toute beauté: entre la tendresse, la nostalgie d’un monde perdu où les chiens et les enfants pourraient s’aimer en toute simplicité et la fureur d’un monde virtuel et guerrier qui se construit. Un petit bijou d’humour et d’amour en rêverie prolongée.


Que le personnage soit policier, criminel, clochard, généticien ou chasseur de vampire, l’apocalypse n’est jamais loin et le chien de le quitte pas d’une semelle.


Le Chien a des choses à dire tient du grotesque, de la farce, du macabre. L’imaginaire prend l’époque à bras-le-corps, l’exagération ouvre les portes du bizarre et installe le Chien près des basques d’un Vian ou d’un Ballard.