Le fascisme islamique: Une analyse d’Hamed Abdel-Samad

By notaz / On / In Lus, Politique

L’intellectuel allemand d’origine égyptienne Hamed Abdel-Samad introduit sa réflexion sur les sources de l’islam politique par un rappel du contexte historique : l’islamisme des Frères Musulmans s’est développé en Egypte au même moment que le fascisme en Italie et le national-socialisme en Allemagne. Il ne s’agit pas d’une simple coïncidence chronologique. Selon l’analyse implacable de l’auteur, les principes fondateurs de l’islam politique et les étapes de son établissement dans la péninsule arabique prouvent que l’idéologie fascisante y est présente dès le premier jour. Le « fascislamisme » n’est pas une figure de style, mais une réalité historique. L’islamisme radical n’est pas la trahison ou la perversion récente d’une religion immaculée, mais la tare originelle de sa traduction dans le champ politique.
La foi musulmane individuelle est innocente, mais le pouvoir islamique est coupable.
Une contribution majeure – et provocante – au débat qui divise actuellement l’Occident.

Pirates au jour le jour de Jean-Pierre Moreau

By notaz / On / In Lus, Pensée non paresseuse, Politique

Entourés dès l’enfance par ces canailles de fiction que sont les capitaines Crochet, Flint, Rackham le Rouge ou Jack Sparrow, avons-nous encore quelque chose à apprendre sur les pirates, ceux de l’âge d’or, les capitaines Kidd, Barbe-Noire ou La Buse? Certes oui, car si l’on tente de dépasser la vision roman-tique et romancée héritée des écrivains et des cinéastes, la vie quotidienne des pirates reste floue. Que s’est-il donc vraiment passé à la fin du XVlle et au début du XVllle siècle sur les routes maritimes du globe, des Antilles à Terre-Neuve, de l’océan Indien aux côtes du Pacifique ? Pourquoi et comment quelques milliers de marins se révoltent-ils et mettent-ils en péril le commerce maritime ? Forment-ils une communauté autonome, avec ses codes, ses coutumes et ses idéaux? Comment partagent-ils leur butin, avant de le cacher (évidemment) sur une île déserte? Après un bref résumé historique, Jean-Pierre Moreau démêle le vrai du faux et restitue la vie, au jour le jour, des pirates. Abordant tant le rôle du capitaine, les escales, les combats, les tortures que leurs tatouages, leurs drapeaux, leurs habitudes alimentaires et leur vie sexuelle, l’auteur exhume de vieux grimoires le quotidien de ces forbans et livre le manuel du parfait pirate.

Les créatifs culturels : l’émergence d’une nouvelle conscience de Ariane Vitalis

By notaz / On / In Lus, Politique, Sociologie

Alors que la société occidentale moderne arrive à bout de souffle, une véritable dynamique collective grandit dans la société civile. Partout dans le monde, des milliers d individus ont pris la ferme décision de ne plus soutenir un modèle capitaliste, compétitif et patriarcal en déclin.

Ils construisent leurs propres maisons passives, mangent bio et local, boycottent la grande distribution, expérimentent une démocratie participative, deviennent entrepreneurs sociaux, cultivent la terre, rejoignent des banques éthiques ; ils se questionnent sur le sens de leur vie et s imprègnent de différentes formes de spiritualités ; ils voyagent, innovent, réinventent le lien social et inspirent un nouvel élan de liberté et d émancipation, au niveau collectif et individuel.

Engagés et en quête de sens, les Créatifs Culturels sont les pionniers, à échelle mondiale, d un véritable changement de civilisation.

À travers une enquête de terrain et des références historiques et sociologiques majeures, Ariane Vitalis nous présente une vision globale et synthétique des grands enjeux planétaires, de ses différents acteurs d hier et d aujourd hui, en abordant des disciplines et thématiques extrêmement variées.
Le XXIe siècle s apprête à vivre des mutations sociétales, culturelles, environnementales et épistémologiques profondes et inédites.

Nos mythologies économiques d’Eloi Laurent

By notaz / On / In Economie, Essais, Lus, Politique

Comme le montrent bien la « loi travail » et ses impératifs de « flexibilité » et de « compétitivité », plus que jamais, les mythologies économiques sont aujourd’hui au pouvoir. Raison de plus, à quelques mois de grandes échéances électorales, de poursuivre le travail de désintoxication économique du débat public. Cet ouvrage déconstruit quinze nouvelles mythologies, idées économiques reçues qui se donnent pour des vérités scientifiques mais ne sont que des préjugés idéologiques : « Nous vivons une révolution technologique sans précédent à laquelle il faut sans tarder adapter notre modèle social » ; « On ne peut pas changer les règles européennes, il faut s’y conformer » ; « La France est irréformable » ; « L’Occident s’abîme dans un déclin inéluctable » ; « On préfère les migrants aux pauvres » ; « L’écologie est punitive » ; « La transition énergétique est ruineuse ». La conviction profonde de ce livre : l’économie est une affaire trop sérieuse pour être laissée aux économistes !

Et si on prenait – enfin ! – les électeurs au sérieux de Jo Spiegel

By notaz / On / In Lus, Politique

Maire de Kingersheim (Haut-Rhin) Jo Spiegel refusa en 2014 la Légion d’honneur, pour dénoncer « une démocratie en panne ». En 2015, il a rendu sa carte du PS, devenu selon lui une « officine de conquête du pouvoir ». Comme beaucoup de Français, Jo Spiegel est un citoyen en colère, déçu par le manque de courage de la classe politique. D’autant qu’à son niveau, celui d’une ville située dans la banlieue de Mulhouse, il a prouvé depuis longtemps que l’on pouvait agir. Ancien athlète de haut niveau, c’est à force d’endurance et de volonté qu’il s’est fait le champion de la démocratie participative. Dans sa commune, il a soumis tous les projets à la concertation et au vote d’un panel d’habitants, instauré le tirage au sort, délocalisé le conseil municipal dans une Maison des citoyens, rencontré tous les foyers en porte-à-porte, créé un système d’alerte par SMS, etc. En 2014, il a été réélu au premier tour avec 60 % des voix. Dans ce livre d’entretiens, il raconte son parcours d’élu atypique, et fait sa part d’autocritique : il confie avoir connu le goût du pouvoir et reconnaît des défaites, comme le taux d’abstention ou le score du FN qu’il n’a pas su faire baisser. Enfin, Jo Spiegel confie dans ces pages étonnantes qu’il nourrit sa politique de lectures philosophiques (Hannah Arendt, Paul Ricœur) et d’une quête de spiritualité. Lui qui fait chaque année des retraites en monastère pour se ressourcer est un combattant acharné des dérives obscurantistes. Il appelle à redonner tout son sens à la belle expression, souvent galvaudée, de « vivre-ensemble ».

Un million de révolutions tranquilles : Comment les citoyens changent le monde de Bénédicte Manier

By notaz / On / In Design_livres, Economie, Lus, Management, Politique

Dès sa première édition, en 2012, ce livre a été le premier à décrire la dimension mondiale des alternatives économiques, démocratiques et écologiques mises en place par la société civile. Il a séduit toute une génération qui se reconnaît dans cette invention d’un nouveau monde et a reçu le Prix 2013 du Livre de l’Environnement. Avec cette 2ème édition, enrichie de nouvelles alternatives, l’auteure poursuit son voyage…

Le bon gouvernement de Pierre Rosanvallon

By notaz / On / In Lus, Politique

Nos régimes sont dits démocratiques parce qu’ils sont consacrés par les urnes. Mais nous ne sommes pas gouvernés démocratiquement, car l’action des gouvernements n’obéit pas à des règles clairement établies.
À l’âge d’une présidentialisation caractérisée par la concentration des pouvoirs dans les mains de l’exécutif, le problème n’est plus seulement celui de la  » crise de la représentation « . Il est devenu celui du mal-gouvernement, dont il est urgent de comprendre les mécanismes pour instaurer un nouveau progrès démocratique.
Ce livre propose d’ordonner les aspirations qui s’expriment aujourd’hui dans de nombreux secteurs de la société civile et dans le monde militant autour de ces questions en distinguant les qualités requises des gouvernants et les règles organisatrices de la relation entre gouvernés et gouvernants. Réunies, celles-ci forment les principes d’une démocratie d’exercice comme bon gouvernement.

Pierre Rosanvallon
Professeur au Collège de France, il a notamment publié, au Seuil, La Contre-démocratie, La Légitimité démocratique et La Société des égaux.

La fabrique du musulman de Nedjib Sidi Moussa

By notaz / On / In Lus, Politique, Sociologie

« La fixation permanente sur les présumés musulmans, tantôt dépeints comme des menaces à l’ordre public ou des victimes du système ―parfois les deux à la fois ―, s’inscrit complètement dans le réagencement en cours de la société française. Car le vrai « grand remplacement » concerne celui de la figure de l’Arabe par celle du « Musulman », de l’ouvrier immigré par le délinquant radicalisé, du « beur » engagé par le binational déchu. » En revenant sur les processus à l’oeuvre depuis une quinzaine d’années, cet essai souligne le rôle des politiques, toutes tendances confondues, dans la propagation d’une fièvre identitaire qui brouille les clivages économiques et sociaux. Il interroge l’inclination de certaines tendances de la « gauche de la gauche » qui s’allient par opportunisme ou aveuglement avec des courants réactionnaires censés représenter les quartiers populaires. Il met en lumière l’action combinée de racistes, antiracistes et entrepreneurs communautaires qui conduit à la formation d’une nouvelle caste travaillée par les obsessions religieuses ou raciales. Et cela, à l’image du reste de la société fragilisée par les politiques antisociales des gouvernements et apeurée par le terrorisme islamiste.

La piraterie dans l’âme : Essai sur la démocratie de Jean-Paul Curnier

By notaz / On / In Essais, Lus, Philosophie, Politique

Démocratie et piraterie : pourquoi un tel rapprochement ? On aurait plutôt tendance à penser que la piraterie, monde des hors-la-loi, du crime et du pillage, est à l’exact opposé de la démocratie qui incarnerait, elle, le triomphe du droit. Que font donc ici, associés, les représentants respectifs de la morale et de l’immoralité ? On savait, depuis quelque temps déjà, et par les historiens, qu’au XVIIIe siècle, époque de son apogée aux îles Caraïbes, la piraterie se dotait d’une forme d’organisation assez exemplaire de ce que nous mettons sous le mot démocratie. Ce seul point méritait que l’on réfléchisse plus avant sur le sens d’un emprunt aussi inattendu. II fallait donc aller chercher plus loin la nature de cette association que dans la seule motivation des pirates : non plus du côté de la piraterie mais du côté de la démocratie cette fois-ci, de son histoire et de sa nature profonde. L’argument qu’avance ce livre procède d’un renversement complet de nos habitudes de penser. II tient en ceci : si la piraterie s’est faite si spontanément démocratique, c’est en réalité parce que c’est la démocratie qui a, en son essence, à voir avec la piraterie, avec la prédation et l’extorsion, et non l’inverse. C’est parce qu’elle a, en quelque sorte, la piraterie dans l’âme. Et cela, depuis ses origines jusqu’à nos jours.

Le procès de la liberté de Michèle RIOT-SARCEY

By notaz / On / In Lus, Politique

Dans cet ouvrage, Michèle Riot-Sarcey fait revivre les idées de liberté surgies au cours des expériences ouvrières et des révolutions sociales du XIXe siècle français. Des idées largement oubliées depuis : minoritaires et utopiques, incomprises à leur époque, elles ont été maltraitées par l’histoire devenue canonique. Leur actualité s’impose pourtant aujourd’hui, à l’heure où l’idée de liberté individuelle a été dissociée de la liberté collective et réduite au libéralisme et à l’individualisme.
Ce passé inaccompli est ici revisité à partir de ses traces multiples : publications politiques, archives, romans, poésie, tableau, etc. Avec un souffle singulier, l’auteure restitue l’étonnant parcours de vie de femmes et d’hommes du peuple si nombreux à s’engager dans les chemins de la révolte, révélant ainsi les modalités méconnues de l’effacement de cette histoire. Comme le rôle des idées du  » socialiste  » Henri de Saint-Simon, qui influença tant de ces acteurs avant de se retrouver au cœur du projet capitaliste et industrialiste du Second Empire. Ou encore celui de Victor Hugo, dont l’immense succès des Misérables contribua à l’oubli de l’esprit de liberté qui avait marqué les insurrections de 1830 et 1848.
Cette fresque audacieuse, aussi excitante à lire qu’elle est remarquablement documentée, démontre la pertinence de la pensée de Walter Benjamin sur la nécessité de  » faire exploser les continuités historiques « . Et elle invite à comprendre autrement les symboles aujourd’hui en ruines du XIXe siècle français : philosophie du progrès, contrôle de l’ordre social,  » mission civilisatrice  » de la république coloniale… Afin de libérer la modernité créatrice de la modernité dévastatrice, ce livre entend ainsi donner à voir sous un jour nouveau les rêves du passé, dont l’actualité prend sens au présent dans la quête d’un avenir radicalement autre.
Prix Pétrarque de l’Essai France Culture – Le Monde 2016