La démocratie des conseils d’Yohan Dubigeon

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A travers l’apparition de communes, de comités, de conseils ou d’assemblées révolutionnaires, le tournant du XIXe et du XXe siècle charrie des expériences démocratiques qui, au-delà de leur importance pour le mouvement ouvrier, élaborent des composantes de la théorie démocratique moderne aussi riches que sous-évaluées. En se positionnant en extériorité vis-à-vis de l’Etat, ces expériences politiques participent d’une définition moderne de la démocratie radicale, envisagée comme autogouvernement ou démocratie par en bas. La démocratie des conseils invente un certain nombre de principes qui, par l’accroissement de la dimension horizontale et la limitation de la dimension verticale de la démocratie, font sens vers la déprofessionnalisation de l’activité politique. En articulant de manière originale les tâches de destruction des rapports de domination et de construction de rapports sociaux nouveaux, la démocratie des conseils réarticule la temporalité de transformation sociale, témoignant du fragile équilibre que représente l’horizon démocratique. Bien qu’occulté par la tradition socialiste, le courant conseilliste issu de cette période élabore une pensée originale, qui reste d’une grande actualité pour qui s’intéresse aujourd’hui aux nouvelles formes de transformation sociale et démocratique.

La situation désespérée du présent me remplit d’espoir : face à trois délires politiques mortifères, l’hypothèse convivialiste de Dany-Robert Dufour

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Trois délires politiques mortifères hantent notre époque. Dans le premier, le délire occidental, la pléonexie (vouloir toujours plus) à l’oeuvre dans le néolibéralisme se transforme en risque de tout perdre (dislocation des subjectivités, déchirure du lien social, épuisement de la planète, destruction des bases mêmes de la vie sur terre). Le second, le délire théo-fasciste de l’islamisme djihadiste prétend, contre l’égoïsme érigé en système et la démesure caractérisant l’Occident, restaurer une pureté absolue. Or, quand cette pureté originaire revendiquée se réalise, elle se transforme en souillure et en horreur absolues. Le troisième, le délire identitaire néo-fasciste (qui monte aujourd’hui partout en Europe) se présente comme le seul rempart possible contre les deux premiers. Contre la mondialisation néo-libérale, il prône un retour à la patrie. Non pas une patrie fondée sur un principe universaliste (du type « liberté, égalité, fraternité »), mais une patrie refermée sur elle-même, désignant des boucs émissaires, les étrangers, pour que des acolytes réputés « amis » se regroupent et décrètent contre ces « ennemis » l’ « état d’exception ». Ces trois délires tendent de plus en plus à former système : on ne sort de 1’un que pour entrer dans l’un des deux autres. Puisqu’aucun des garde-fous démocratiques (Etat, médias et université) ne fonctionne plus, il faut songer à tout refonder à partir des principes de dignité et de commune humanité, également bafoués par ces trois délires. Il se pourrait bien que le travail actuellement fourni par Les Convivialistes puisse fournir les bases de cette reconstruction – probablement une des dernières possibles avant la catastrophe annoncée.

La Grève: Atlas Shrugged de Ayn Rand

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Pourquoi le monde semble-t-il se détraquer ?
Pourquoi, sans raison apparente, un sentiment de désespoir et de frustrations se répand-il partout ?
Pourquoi, dans les pires moments, entend-on ce nom, sans visage et sans origine ?
Qui est John Galt ?

Roman d’énigme, roman philosophique, roman politique, La Grève (Atlas Shrugged) a été traduit en dix-sept langues et est le livre le plus influent aux Etats-Unis après la Bible. Le voici enfin disponible en version poche.

Ces maires qui changent tout : Le génie créatif des communes de Mathieu Rivat

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Ce livre est la mise en récit de l’initiative en matière écologique, sociale et démocratique des maires et de leur commune. Six villes de tailles diverses, qui occupent des positions très différentes sur le territoire, ont été choisies. Deux sont des villages en territoire rural : Puy-Saint-André (Hautes-Alpes) et Trémargat (Côtes-d’Armor). Deux sont des petites villes en zone périurbaine : Loos-en-Gohelle (Nord) et Ungersheim (Haut-Rhin). Deux sont des métropoles : Paris et Grenoble (Isère). Depuis quelques années, la paralysie institutionnelle des Etats, leur difficulté à engager des changements en profondeur, la défiance que les électeurs nourrissent à l’égard de leurs élus, fait réémerger un courant un peu oublié : le municipalisme. La cité, l’endroit où nous vivons, ce que l’on appelle de plus en plus fréquemment « l’échelle locale », offrirait un espace où l’innovation sociale et écologique, où la pratique démocratique seraient plus faciles et plus efficaces. le moire, ce personnage politique encore très populaire, serait plus digne de confiance que nos ministres, députés ou président… A travers sa rencontre avec ces six maires, se dessinent les ressorts des dynamiques locales, des différences entre villages, villes et agglomérations et, surtout, l’espace des possibles. Partout, ces hommes et ces femmes, malgré les difficultés, transforment leurs territoires et, par contagion, leur pays, leur continent…

Comprendre le malheur français de Marcel Gauchet

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Il y a un malheur français, bien spécifique à ce pays : pourquoi sommes-nous les champions du monde du pessimisme et du mécontentement de nous-mêmes ? Pourquoi vivons-nous notre situation, notre place dans l’Europe et le monde, comme un malheur incomparable ?
Marcel Gauchet aborde ce problème d’une façon originale, en procédant d’abord à un vaste examen historique, qui le conduit aux xviie-xviiie siècles, jusqu’à la période immédiatement contemporaine. Au passage, l’auteur analyse en profondeur le règne de De Gaulle et celui de Mitterrand, l’un et l’autre matriciels pour comprendre notre présent.
Puis Marcel Gauchet s’attaque aux ressorts de la société française d’aujourd’hui, dont il dissèque les maux : pourquoi la mondialisation et l’insertion dans l’ensemble européen sont-ils ressentis en France avec une particulière inquiétude ? Pourquoi le divorce entre les élites et le peuple prend-il chez nous ce tour dramatique ? Quelle responsabilité incombe aux dirigeants dans la montée de ce qu’on appelle, sans y réfléchir, « populisme » ? Quel rôle joue, dans le marasme français, le néo-libéralisme auquel Mitterrand a converti la France sans le dire ?
Enfin, l’auteur montre que nous sommes aujourd’hui au plein coeur d’une période d’idéologie, d’autant plus pernicieuse qu’elle n’est jamais repérée pour ce qu’elle est, mais toujours confondue avec le cours obligatoire des choses : il s’agit de l’idéologie néo-libérale, qui va de pair avec la dépolitisation de nos sociétés.

Le fascisme islamique: Une analyse d’Hamed Abdel-Samad

By notaz / On / In Lus, Politique

L’intellectuel allemand d’origine égyptienne Hamed Abdel-Samad introduit sa réflexion sur les sources de l’islam politique par un rappel du contexte historique : l’islamisme des Frères Musulmans s’est développé en Egypte au même moment que le fascisme en Italie et le national-socialisme en Allemagne. Il ne s’agit pas d’une simple coïncidence chronologique. Selon l’analyse implacable de l’auteur, les principes fondateurs de l’islam politique et les étapes de son établissement dans la péninsule arabique prouvent que l’idéologie fascisante y est présente dès le premier jour. Le « fascislamisme » n’est pas une figure de style, mais une réalité historique. L’islamisme radical n’est pas la trahison ou la perversion récente d’une religion immaculée, mais la tare originelle de sa traduction dans le champ politique.
La foi musulmane individuelle est innocente, mais le pouvoir islamique est coupable.
Une contribution majeure – et provocante – au débat qui divise actuellement l’Occident.

Pirates au jour le jour de Jean-Pierre Moreau

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Entourés dès l’enfance par ces canailles de fiction que sont les capitaines Crochet, Flint, Rackham le Rouge ou Jack Sparrow, avons-nous encore quelque chose à apprendre sur les pirates, ceux de l’âge d’or, les capitaines Kidd, Barbe-Noire ou La Buse? Certes oui, car si l’on tente de dépasser la vision roman-tique et romancée héritée des écrivains et des cinéastes, la vie quotidienne des pirates reste floue. Que s’est-il donc vraiment passé à la fin du XVlle et au début du XVllle siècle sur les routes maritimes du globe, des Antilles à Terre-Neuve, de l’océan Indien aux côtes du Pacifique ? Pourquoi et comment quelques milliers de marins se révoltent-ils et mettent-ils en péril le commerce maritime ? Forment-ils une communauté autonome, avec ses codes, ses coutumes et ses idéaux? Comment partagent-ils leur butin, avant de le cacher (évidemment) sur une île déserte? Après un bref résumé historique, Jean-Pierre Moreau démêle le vrai du faux et restitue la vie, au jour le jour, des pirates. Abordant tant le rôle du capitaine, les escales, les combats, les tortures que leurs tatouages, leurs drapeaux, leurs habitudes alimentaires et leur vie sexuelle, l’auteur exhume de vieux grimoires le quotidien de ces forbans et livre le manuel du parfait pirate.

Les créatifs culturels : l’émergence d’une nouvelle conscience de Ariane Vitalis

By notaz / On / In Lus, Politique, Sociologie

Alors que la société occidentale moderne arrive à bout de souffle, une véritable dynamique collective grandit dans la société civile. Partout dans le monde, des milliers d individus ont pris la ferme décision de ne plus soutenir un modèle capitaliste, compétitif et patriarcal en déclin.

Ils construisent leurs propres maisons passives, mangent bio et local, boycottent la grande distribution, expérimentent une démocratie participative, deviennent entrepreneurs sociaux, cultivent la terre, rejoignent des banques éthiques ; ils se questionnent sur le sens de leur vie et s imprègnent de différentes formes de spiritualités ; ils voyagent, innovent, réinventent le lien social et inspirent un nouvel élan de liberté et d émancipation, au niveau collectif et individuel.

Engagés et en quête de sens, les Créatifs Culturels sont les pionniers, à échelle mondiale, d un véritable changement de civilisation.

À travers une enquête de terrain et des références historiques et sociologiques majeures, Ariane Vitalis nous présente une vision globale et synthétique des grands enjeux planétaires, de ses différents acteurs d hier et d aujourd hui, en abordant des disciplines et thématiques extrêmement variées.
Le XXIe siècle s apprête à vivre des mutations sociétales, culturelles, environnementales et épistémologiques profondes et inédites.

Nos mythologies économiques d’Eloi Laurent

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Comme le montrent bien la « loi travail » et ses impératifs de « flexibilité » et de « compétitivité », plus que jamais, les mythologies économiques sont aujourd’hui au pouvoir. Raison de plus, à quelques mois de grandes échéances électorales, de poursuivre le travail de désintoxication économique du débat public. Cet ouvrage déconstruit quinze nouvelles mythologies, idées économiques reçues qui se donnent pour des vérités scientifiques mais ne sont que des préjugés idéologiques : « Nous vivons une révolution technologique sans précédent à laquelle il faut sans tarder adapter notre modèle social » ; « On ne peut pas changer les règles européennes, il faut s’y conformer » ; « La France est irréformable » ; « L’Occident s’abîme dans un déclin inéluctable » ; « On préfère les migrants aux pauvres » ; « L’écologie est punitive » ; « La transition énergétique est ruineuse ». La conviction profonde de ce livre : l’économie est une affaire trop sérieuse pour être laissée aux économistes !

Et si on prenait – enfin ! – les électeurs au sérieux de Jo Spiegel

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Maire de Kingersheim (Haut-Rhin) Jo Spiegel refusa en 2014 la Légion d’honneur, pour dénoncer « une démocratie en panne ». En 2015, il a rendu sa carte du PS, devenu selon lui une « officine de conquête du pouvoir ». Comme beaucoup de Français, Jo Spiegel est un citoyen en colère, déçu par le manque de courage de la classe politique. D’autant qu’à son niveau, celui d’une ville située dans la banlieue de Mulhouse, il a prouvé depuis longtemps que l’on pouvait agir. Ancien athlète de haut niveau, c’est à force d’endurance et de volonté qu’il s’est fait le champion de la démocratie participative. Dans sa commune, il a soumis tous les projets à la concertation et au vote d’un panel d’habitants, instauré le tirage au sort, délocalisé le conseil municipal dans une Maison des citoyens, rencontré tous les foyers en porte-à-porte, créé un système d’alerte par SMS, etc. En 2014, il a été réélu au premier tour avec 60 % des voix. Dans ce livre d’entretiens, il raconte son parcours d’élu atypique, et fait sa part d’autocritique : il confie avoir connu le goût du pouvoir et reconnaît des défaites, comme le taux d’abstention ou le score du FN qu’il n’a pas su faire baisser. Enfin, Jo Spiegel confie dans ces pages étonnantes qu’il nourrit sa politique de lectures philosophiques (Hannah Arendt, Paul Ricœur) et d’une quête de spiritualité. Lui qui fait chaque année des retraites en monastère pour se ressourcer est un combattant acharné des dérives obscurantistes. Il appelle à redonner tout son sens à la belle expression, souvent galvaudée, de « vivre-ensemble ».