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Catégorie : Philosophie

Athènes, l’autre démocratie de Christophe Pélarthe

La démocratie athénienne aurait été imparfaite, limitée, réduite à une part infime de la population. Elle serait donc incomparable, voire contradictoire, avec notre démocratie contemporaine. Dans cette histoire inédite et entièrement renouvelée, Christophe Pébarthe revient aux documents anciens et démontre qu’il s’agit d’un régime où le peuple se gouverne effectivement lui-même. Il décrit, entre autres, comment les Athéniens veillent à ce que leurs délibérations produisent les meilleures décisions et comment leurs institutions garantissent la formation des citoyens au long de leur vie. Il se livre à une lecture inattendue de célèbres tragédies, Antigone par exemple. Ces dernières répondaient aux questions suscitées par l’instauration de la démocratie : la loi a-t-elle toujours raison ? Comment veiller à ce que l’opinion exprimée corresponde à l’intérêt général ? Bref, les Athéniens avaient les mêmes interrogations que nous et partageaient un même souci d’amélioration de leur régime politique. À la faveur de l’exemple grec, l’auteur montre des correspondances avec les critiques émises à l’endroit de nos propres régimes politiques, liées à la représentativité, aux élites et au « populisme ». Et si se réconcilier avec l’histoire d’Athènes permettait de retrouver l’origine oubliée du projet démocratique ?

La raison puérile, philosopher avec des enfants ? de Gilles Geneviève

Membre fondateur de l’Université de Caen, Gilles Geneviève retrace dans ce livre son expérience au sein de son atelier de philosophie pour enfants. La raison puérile est le journal de la deuxième année de fonctionnement de cet atelier, le seul en France à fonctionner de façon régulière. Des comptes-rendus de l’ensemble des discussions qu’ont eues les enfants cette année-là permettent de prendre la mesure de la profondeur de leur réflexion.
Ils sont complétés par une présentation détaillée des intentions qui guident Gilles Geneviève pour proposer de telles activités à des enfants et des adolescents et par une description précise des modalités de leur mise en œuvre.

Fugitif, où cours-tu ? de Dénètem Touam Bona

« Tant que les lions n’auront pas leurs historiens, les histoires de chasse tourneront toujours à la gloire du chasseur », dit un proverbe bantou. C’est précisément le point de vue du lion que défend ici Dénètem Touam Bona en mettant en lumière, à travers la question du marronnage, l’action et la créativité des colonisés. Entre carnet de voyage, enquête anthropologique et méditation littéraire et philosophique, il narre l’histoire occultée des fugues, celles du « gitan » nomade, du soldat déserteur, du migrant « clandestin » et de tous les réfractaires à la norme, au contrôle ou à la domestication.
Foucault l’a bien vu, « la visibilité est un piège ». Art de la disparition, le marronnage est plus que jamais d’actualité. Déjouer les surveillances, les profilages, les traçages marketings et policiers ; disparaître des bases de données ; étendre l’ombre de la forêt l’espace d’un court-circuit. Dans notre monde cybernétique où le contrôle en temps réel de l’individu est sur le point de devenir la norme, le nègre marron apparaît comme une figure universelle de résistance.

Dans l’œil du crocodile de Val Plumwood

En février 1985, la philosophe écologiste Val Plumwood survécut – contre toute probabilité – à une attaque de crocodile dans le parc national de Kakadu, en Australie.

Aux yeux de Plumwood, qui s’inspire sur ce point des récits mythologiques des Aborigènes australiens et des Égyptiens de l’Antiquité, le crocodile est un trickster, une créature qui juge sévèrement la prétention des êtres humains à s’extraire du cycle de la vie.

Inachevé au moment du décès de l’autrice, ce récit est complété par quatre essais touchant à notre rapport alimentaire au vivant : sur la mort d’un wombat, sur l’ontologie végane, sur le film Babe : le cochon devenu berger, et sur la vie dans nos cimetières.

Dans l’œil du crocodile n’est pas seulement un récit de survie, c’est aussi une réflexion unique sur le sens de nos vies humaines, de nos combats et de notre mort.

Une grande leçon de vie sur la vulnérabilité et sur la cohabitation.

Val Plumwood (1939-2008) est une philosophe écoféministe. Son oeuvre, constituée de trois livres et de plus de 80 articles, forme une contribution majeure à la philosophie féministe comme à la pensée écologiste.

Les origines de la pensée grecque de Jean-Pierre Vernant

« L’ambition n’était pas de clore le débat par une étude exhaustive mais de le relancer […]. J’ai tenté de retracer les grandes lignes d’une évolution qui, de la royauté mycénienne à la cité démocratique, a marqué le déclin du mythe et l’avènement de savoirs rationnels […]. Quelle est l’origine de la pensée rationnelle en Occident ? Comment est-elle née dans le monde grec ? »
En quoi consiste le miracle grec ? Quelles sont les innovations ayant marqué ce que nous appelons la pensée grecque et pourquoi se sont-elles produites dans ce monde grec ? Le mérite de Jean-Pierre Vernant est de réaliser une synthèse personnelle et accessible sur un sujet controversé où s’affrontent de nombreux hellénistes. Publié en 1962 dans la collection « Mythes et religions », dirigée par Georges Dumézil, l’auteur a lui-même, à l’occasion d’une réédition parue vingt-cinq ans plus tard, réactualisé dans une longue préface certaines de ses interprétations.

Le magnétisme des solstices de Michel Onfray

Ce journal, tenu au fil de ces dernières années, est une plongée dans l’univers de Michel Onfray. On y croise des philosophes qu’il admire, de Diogène à Proudhon en passant par Montaigne. Mais on y parle aussi de politique, de laïcité et d’anarchisme, de littérature, d’art ou de musique. Lectures personnelles, réflexions sur l’actualité, rencontres amicales ou souvenirs d’enfance, tout y est matière à s’étonner et à penser. Et à se demander sans relâche : « Comment mener une vie philosophique ? »

Spinoza de Giuseppe Rensi

Baruch Spinoza, tout le monde le connaît, mais qui oserait se lancer dans une explication de sa pensée ? Giuseppe Rensi l’a fait ! Avec une grande clarté, il expose les concepts et théories spinozistes.
Pour ce faire, il se glisse dans la peau du penseur pour en communiquer le point de vue essentiel. Il pose après lui les grandes questions métaphysiques, toujours d’actualité : Qu’est-ce que l’être ? ; Quelle perception avons-nous de la réalité ? ; La nouveauté existe-t-elle ?
Rensi nous propose une réflexion philosophique à part entière en livrant son interprétation personnelle des apports du penseur hollandais. Le souci pédagogique de l’auteur, son recours à des images et des analogies, son enthousiasme même, dynamisent et rendent actuelle la pensée de Spinoza.

Fragments Mécréants de Daniel Bensaïd

Réédition d’un livre épuisé de Daniel Bensaïd, de 2005. Où celui-ci ne se contente pas d’analyser les effets des replis communautaires et des retours du religieux ; où il en appelle, de façon prémonitoire, à la nécessité d’une laïcité irrécupérable, parce qu’athée. Le livre d’un mécréant résolu.

Lors de la première édition de ce livre a paru en 2005, Daniel Bensaïd le présentait ainsi :

« La multiplication d’incidents racistes (antisémites ou arabophobes), appels, pétitions, dessine une spirale mortifère. En quête de frontières introuvables, l’Union européenne invoque ses racines chrétiennes. Désintégration sociale et désespérance politique alimentent le repli sur des identités mythiques, exclusives et vindicatives, religieuses, ethniques, ou communautaires.
Affolé par les « invasions barbares » d’une société en miettes, le pouvoir politique prétend faire d’une République imaginaire, vidée de ses forces fondatrices, une ligne Maginot illusoire. Les pouvoirs religieux cherchent à réinvestir l’espace public en réactivant les « valeurs » les plus traditionnelles.
[…] L’Être éternel, la quête des origines, tendent à prendre le pas sur les incertitudes du devenir et l’ouverture des possibles. Les résistances à l’universalité marchande, aux nouvelles dominations impériales, à l’uniformisation culturelle, les résistances hésitent entre de nouvelles formes de solidarité et un déchaînement de la guerre des dieux.
[…] Quelles pourraient être les sources aujourd’hui d’une « laïcité militante » (qui ne soit pas l’alibi de la Raison d’État) et d’un athéisme athée (ou révolutionnaire) ?
[…] Il ne s’agit pas d’une thèse académique, mais bien de « fragments mécréants » (inspirés de faits divers, de controverses, de luttes, de textes et de livres) pour une mosaïque future
. »

Pourquoi republier ce livre, douze après sa première parution ? Parce qu’il est l’un des meilleurs de Daniel Bensaïd, allègre, tranchant, ne négligeant rien de ce qui se passait alors et qui change tout, très vite, changements difficiles à mesurer mais tous faits, si l’on n’y prend pas garde, pour éloigner la pensée de situations inédites, imprévues, fatales. Il s’agit à chaque page de ce livre que la pensée ne soit pas dessaisie, et qu’elle continue de documenter et constituer l’action qu’en militant autant qu’en intellectuel Bensaïd vise et poursuit (même si c’est par un intellectuel bien plus que par un militant que ce livre a été écrit, et bien écrit – où il s’adonne au libre plaisir de la littérature, qu’il aimait).

Surtout, parce que ce livre est de la nécessité la plus grande aujourd’hui. Montre-t-on, à gauche de la gauche, dans son ancien parti même, des pudeurs regrettables, rechignant à nommer ce qui se passe et à dire comment y réagir ? Se divise-t-on même sur l’analyse qu’il y a lieu d’en faire (partageant les torts, oui, mais les tenant pour presque égaux) ? Veut-on qu’on se prive du droit, chèrement acquis, de rire des dieux, de les blasphémer, par égard pour ceux qui croient ? Lui, pas, qui tranche, qui anticipe ; qui anticipe si bien sur ce qui est depuis survenu (les attentas), et qui s’impose partout, que la position qu’il prend par avance vaut pour la position qu’il est pressant de soutenir aujourd’hui. Celle de la mécréance – auquel il en appelle dès le titre –, d’une mécréance de principe, celle de l’athéisme.

Position qu’il soutient sans ambages ni inutiles précautions oratoires : contre la « quête pathologique des origines », et « une revanche de la filiation sur la citoyenneté », une « une relance et un approfondissement de la mécréance, un corps à corps profane avec nos fétiches cachés, une critique implacable de la tentation de croire ».

« Si un étudiant catholique créationniste refuse de souiller ses oreilles par un cours blasphématoire sur Darwin, si un étudiant fondamentaliste juif se sent écorché par un cours non moins blasphématoire sur l’excommunié Spinoza, et si un étudiant musulman ne supporte pas la poésie de Baudelaire, qu’ils aillent se faire bénir ailleurs. Acquis de haute lutte, le droit de lire Spinoza et Darwin, Sade et Baudelaire, Flaubert et Bukowski, est désormais imprescriptible. »

Daniel Bensaïd est l’auteur d’une œuvre très abondante. Son dernier livre paru, posthume : Octobre 17. Un retour critique sur la révolution russe (préface de Sophie Wahnich), Lignes, 2017

le Mal qui vient de Pierre-Henri Castel

Ce bref essai procède d’une idée à première vue insupportable : le temps est passé où nous pouvions espérer, par une sorte de dernier sursaut collectif, empêcher l’anéantissement prochain de notre monde. Le temps commence donc où la fin de l’humanité est devenue tout à fait certaine dans un horizon historique assez bref – autrement dit quelques siècles.
Que s’ensuit-il ? Ceci, d’également insupportable à concevoir : jouir en hâte de tout détruire va devenir non seulement de plus en plus tentant (que reste-t-il d’autre si tout est perdu ?), mais même de plus en plus raisonnable.
La tentation du pire, à certains égards, anime d’ores et déjà ceux qui savent que nous vivons les temps de la fin. Sous ce jour crépusculaire, le Mal, la violence et le sens de la vie changent de valeur et de contenu. Pierre-Henri Castel explore ici quelques paradoxes de ce nouvel état de fait, entre argument philosophique et farce sinistre.
Êtes-vous prêts pour la fin du monde ?

Pierre-Henri Castel est philosophe, historien des sciences, et psychanalyste.

Sur la piste animale de Basptiste Morizot

Depuis les forêts du Yellowstone aux crêtes du Kirghizstan, des steppes du Haut-Var à la terrasse de son appartement, Baptiste Morizot nous invite à partir sur les traces d’êtres hors du commun, souvent mythifiés : les grands prédateurs – ours, loups, panthères des neiges…
À travers différents récits de pistage, l’auteur nous propose ainsi de nous « enforester », selon l’expression des coureurs de bois du Grand Nord canadien : porter son attention sur le vivant simultanément autour de nous et en nous, et apprendre à cohabiter avec lui.
Page après page, le pistage repeuple la nature, et notre monde intérieur.