Les droits de l’homme rendent-ils idiot ? de Justine Lacroix & Jean-yves Pranchere

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Les droits de l’homme sont régulièrement assimilés à une bien-pensance qui conduirait à la crétinisation des esprits. La liberté de l’individu serait responsable de la dissolution des liens sociaux, de la montée des incivilités, de la domination néolibérale. Les droits contemporains signeraient la fin du politique, car ils ne seraient que des revendications égoïstes détachées de toute délibération collective. Il est temps de répondre à ce fatras de reproches. Non, les droits de l’homme ne font pas de nous des malotrus, ni de mauvais citoyens, et ils ne se confondent pas avec le néolibéralisme. Au contraire, il est urgent, aujourd’hui que la tentation autoritaire s’étend, de donner aux droits de l’homme leur pleine signification. Réplique aux confusions ambiantes, ce livre voudrait servir de boussole démocratique pour des temps troublés.

Justine Lacroix est professeure de science politique à l’Université libre de Bruxelles. Jean-Yves Pranchère est professeur de philosophie politique à l’Université libre de Bruxelles. Ils ont publié ensemble Le Procès des droits de l’homme. Généalogie du scepticisme démocratique (Seuil, 2016).

La démocratie aux champs de Joëlle Zask

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Du jardin d’Éden à la  » petite république  » de la ferme de Jefferson, des hortillonnages médiévaux d’Amiens à l’agriculture urbaine de Savannah, en passant par les kibboutz, les jardins ouvriers ou les jardins partagés urbains, et bien d’autres épisodes tous plus inventifs les uns que les autres, ce livre examine ce qui, dans les relations entre l’agriculteur ou le jardinier et la terre cultivée, favorise la formation de la citoyenneté, une puissance de changement considérable.
On a l’habitude de penser que la démocratie moderne vient des Lumières, de l’usine, du commerce, de la ville. Opposé au citadin et même au citoyen, le paysan serait au mieux primitif et proche de la nature, au pire arriéré et réactionnaire.
À l’opposé de cette vision, ce livre examine ce qui, dans les relations entre les cultivateurs et la terre cultivée, favorise l’essor des valeurs démocratiques et la formation de la citoyenneté. Défile alors sous nos yeux un cortège étonnant d’expériences agricoles, les unes antiques, les autres actuelles ; du jardin d’Éden qu’Adam doit  » cultiver  » et aussi  » garder  » à la  » petite république  » que fut la ferme pour Jefferson ; des chambrées et foyers médiévaux au lopin de terre russe ; du jardin ouvrier au jardin thérapeutique ; des  » guérillas vertes  » aux jardins partagés australiens.
Cultiver la terre n’est pas un travail comme un autre. Ce n’est pas suer, souffrir ni arracher, arraisonner. C’est dialoguer, être attentif, prendre une initiative et écouter la réponse, anticiper, sachant qu’on ne peut calculer à coup sûr, et aussi participer, apprendre des autres, coopérer, partager. L’agriculture peut donc, sous certaines conditions, représenter une puissance de changement considérable et un véritable espoir pour l’écologie démocratique.

Comment les géants du numérique veulent gouverner nos villes de Jean Haëtjens

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Le premier essai qui pose la question du rôle et de l’influence des GAFA dans la Cité. La fabrique et la gestion des villes sont aujourd’hui confrontées, comme de nombreuses autres activités, au remplacement de décisions humaines par des décisions algorithmiques. Le problème, concernant la cité, est que la substitution n’est pas seulement technique et professionnelle : elle est aussi politique. Elle ne touche pas que les métiers et les emplois ; elle affecte la capacité des responsables locaux et des citoyens à penser et à porter des projets de société.

Une confrontation majeure est donc engagée entre la cité politique, matrice historique des démocraties occidentales, et la ville-service numérisée proposée par les géants de l’économie numérique que sont Google, Apple, Facebook, Amazon, Uber et les milliers de start-up qui gravitent autour de ces entreprises. Celles-ci ont un objectif commun : prendre des positions dominantes sur les marchés urbains (logement, transports, services municipaux) qui constituent plus du tiers des dépenses des ménages.

Si notre société a pris conscience de l’influence croissante des acteurs de l’économie numérique sur ses choix, elle hésite entre la fascination devant les promesses d’un « salut par la technologie » et la peur d’un monde placé sous surveillance généralisée. En prenant l’exemple des villes et de la démocratie locale, Jean Haëntjens nous explique que l’avenir n’est pas à espérer ou à redouter, mais à conquérir.

Faire l’économie de la haine : Essais sur la censure de Alain Deneault

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Point de haine de l’économie là où on nous fait aimer l’argent (à tout prix). Point de haine de l’économie, mais une économie de la haine. Le programme : faire l’économie de la haine. Haïr sans qu’il n’y paraisse. Ainsi s’investit-on dans l’asservissement à l’argent. L’argent fait écran : faut-il vraiment qu’on délocalise des usines, licencie du personnel, pollue des rivières, contourne le fisc, soutienne des dictatures ou arme des chefs de guerre pour que le prix d’une action monte en Bourse ? Pourquoi faisons-nous l’économie de ces questions ? Pour Alain Deneault, cette façon « obligée » d’appréhender le réel participe de l’autocensure, un phénomène qui ne relève pas de la psychologie individuelle, mais d’un fait social.

Le champignon de la fin du monde de Anna Lowenhaupt Tsing

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Dans les vestiges des grands pins ponderosas d’Oregon pousse le matsutake, un champignon qui compte parmi les aliments les plus chers au monde. C’est le point de départ de cette enquête qui transforme un paradoxe en outil d’exploration : en suivant la piste de ce champignon rare, Anna Tsing décrypte la dynamique de notre monde au bord de la destruction au moyen d’outils conceptuels neufs. Bien plus qu’une métaphore, le matsutake est une leçon d’optimisme dans un monde désespérant.
Ce n’est pas seulement dans les pays ravagés par la guerre qu’il faut apprendre à vivre dans les ruines. Car les ruines se rapprochent et nous enserrent de toute part, des sites industriels aux paysages naturels dévastés. Mais l’erreur serait de croire que l’on se contente d’y survivre.
Dans les ruines prolifèrent en effet de nouveaux mondes qu’Anna Tsing a choisi d’explorer en suivant l’odyssée étonnante d’un mystérieux champignon qui ne pousse que dans les forêts détruites.
Suivre les matsutakes, c’est s’intéresser aux cueilleurs de l’Oregon, ces travailleurs précaires, vétérans des guerres américaines, immigrés sans papiers, qui vendent chaque soir les champignons ramassés le jour et qui termineront comme des produits de luxe sur les étals des épiceries fines japonaises. Chemin faisant, on comprend pourquoi la  » précarité  » n’est pas seulement un terme décrivant la condition des cueilleurs sans emploi stable mais un concept pour penser le monde qui nous est imposé.
Suivre les matsutakes, c’est apporter un éclairage nouveau sur la manière dont le capitalisme s’est inventé comme mode d’exploitation et dont il ravage aujourd’hui la planète.
Suivre les matsutakes, c’est aussi une nouvelle manière de faire de la biologie : les champignons sont une espèce très particulière qui bouscule les fondements des sciences du vivant.
Les matsutakes ne sont donc pas un prétexte ou une métaphore, ils sont le support surprenant d’une leçon d’optimisme dans un monde désespérant.

Comprendre le terrorisme de Nicolas Hénin

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Malgré une abondante littérature et une vaste couverture médiatique, le phénomène terroriste demeure en réalité mal connu. Qu’est-ce que le terrorisme ? Comment définir la radicalisation ? D’où viennent les djihadistes ? Les terroristes sont-ils des fous ou des bandits comme les autres ? Quel but poursuivent-ils et comment pouvons-nous les empêcher de l’atteindre ?
Ce livre répond, de façon didactique mais en se fondant sur les travaux de recherche les plus pointus et les plus récents, à toutes ces questions. Parce que la réponse au terrorisme n’est pas que l’affaire d’acteurs publics. Les sociétés ont aussi leur rôle à jouer, en contribuant à la prévention et en développant leur résilience.
Battre le terrorisme, c’est vaincre la terreur qu’il nous inspire.

Les Passeurs de livres de Daraya de Delphine Minoui

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De 2012 à 2016, la banlieue rebelle de Daraya a subi un siège implacable imposé par Damas. Quatre années de descente aux enfers, rythmées par les bombardements au baril d’explosifs, les attaques au gaz chimique, la soumission par la faim. Face à la violence du régime de Bachar al-Assad, une quarantaine de jeunes révolutionnaires syriens a fait le pari insolite d’exhumer des milliers d’ouvrages ensevelis sous les ruines pour les rassembler dans une bibliothèque clandestine, calfeutrée dans un sous-sol de la ville.

Leur résistance par les livres est une allégorie : celle du refus absolu de toute forme de domination politique ou religieuse. Elle incarne cette troisième voix, entre Damas et Daech, née des manifestations pacifiques du début du soulèvement anti-Assad de 2011, que la guerre menace aujourd’hui d’étouffer. Ce récit, fruit d’une correspondance menée par Skype entre une journaliste française et ces activistes insoumis, est un hymne à la liberté individuelle, à la tolérance et au pouvoir de la littérature.

Delphine Minoui est grande reporter au Figaro, spécialiste du Moyen-Orient. Prix Albert Londres 2006 pour ses reportages en Iran et en Irak, elle sillonne le monde arabo-musulman depuis 20 ans. Après Téhéran, Beyrouth et Le Caire, elle vit aujourd’hui à Istanbul, où elle continue à suivre de près l’actualité syrienne. Elle est également l’auteur des Pintades à Téhéran (Jacob-Duvernet), de Moi, Nojoud, dix ans, divorcée (Michel Lafon), de Tripoliwood (Grasset) et de Je vous écris de Téhéran (Seuil).

Archéologie de la violence de Pierre Clastres

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« Le meilleur ennemi de l’État, c’est la guerre. » Cet essai propose une réflexion novatrice sur la guerre. Pour Pierre Clastres, elle est une façon de repousser la fusion politique, et donc d’empêcher la menace d’une délégation de pouvoir menant aux dérives intrinsèquement liées à la trop grande taille d’une société. La guerre et l’institution étatique, posées dans une relation d’exclusion, chacune impliquant la négation de l’autre, se conditionnent donc mutuellement.

« Un livre essentiel sur la violence. » Général Robert Bassac, Défense

« Pierre Clastres a une position marginale, à l’écart du grand débat anthropologique de l’époque entre structuralisme et marxisme. » Marc Abélès, Sciences Humaines

Pirates au jour le jour de Jean-Pierre Moreau

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Entourés dès l’enfance par ces canailles de fiction que sont les capitaines Crochet, Flint, Rackham le Rouge ou Jack Sparrow, avons-nous encore quelque chose à apprendre sur les pirates, ceux de l’âge d’or, les capitaines Kidd, Barbe-Noire ou La Buse? Certes oui, car si l’on tente de dépasser la vision roman-tique et romancée héritée des écrivains et des cinéastes, la vie quotidienne des pirates reste floue. Que s’est-il donc vraiment passé à la fin du XVlle et au début du XVllle siècle sur les routes maritimes du globe, des Antilles à Terre-Neuve, de l’océan Indien aux côtes du Pacifique ? Pourquoi et comment quelques milliers de marins se révoltent-ils et mettent-ils en péril le commerce maritime ? Forment-ils une communauté autonome, avec ses codes, ses coutumes et ses idéaux? Comment partagent-ils leur butin, avant de le cacher (évidemment) sur une île déserte? Après un bref résumé historique, Jean-Pierre Moreau démêle le vrai du faux et restitue la vie, au jour le jour, des pirates. Abordant tant le rôle du capitaine, les escales, les combats, les tortures que leurs tatouages, leurs drapeaux, leurs habitudes alimentaires et leur vie sexuelle, l’auteur exhume de vieux grimoires le quotidien de ces forbans et livre le manuel du parfait pirate.

Sapiens : Une brève histoire de l’humanité d’Yuval Noah Harari

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L homo Sapiens sera la vedette de la rentrée littéraire puisqu il s est imposé par sa capacité à fictionner, donc à créer des récits mythologiques, des dieux, des lois, du réseau…

Il y a 100 000 ans, la Terre était habitée par au moins six espèces différentes d hominidés. Une seule a survécu. Nous, les Homo Sapiens.
Comment notre espèce a-t-elle réussi à dominer la planète ? Pourquoi nos ancêtres ont-ils uni leurs forces pour créer villes et royaumes ? Comment en sommes-nous arrivés à créer les concepts de religion, de nation, de droits de l homme ? À dépendre de l argent, des livres et des lois ? À devenir esclaves de la bureaucratie, des horaires, de la consommation de masse ? Et à quoi ressemblera notre monde dans le millénaire à venir ?

Véritable phénomène d édition, traduit dans une trentaine de langues, Sapiens est un livre audacieux, érudit et provocateur. Professeur d Histoire à l Université hébraïque de Jérusalem, Yuval Noah Harari mêle l Histoire à la Science pour remettre en cause tout ce que nous pensions savoir sur l humanité : nos pensées, nos actes, notre héritage… et notre futur.

« Sapiens s est rapidement imposé partout dans le monde, parce qu il aborde les plus grandes questions de l histoire moderne dans une langue limpide et précise.»
Jared Diamond, prix Pulitzer, auteur d Effondrement