Manières d’être vivant de Baptiste Morizot

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Enquêtes sur la vie à travers nous

Imaginez cette fable : une espèce fait sécession. Elle déclare que les dix millions d’autres espèces de la Terre, ses parentes, sont de la “nature”. À savoir : non pas des êtres mais des choses, non pas des acteurs mais le décor, des ressources à portée de main. Une espèce d’un côté, dix millions de l’autre, et pourtant une seule famille, un seul monde. Cette fiction est notre héritage. Sa violence a contribué aux bouleversements écologiques. C’est pourquoi nous avons une bataille culturelle à mener quant à l’importance à restituer au vivant. Ce livre entend y jeter ses forces. En partant pister les animaux sur le terrain, et les idées que nous nous faisons d’eux dans la forêt des savoirs. Peut-on apprendre à se sentir vivants, à s’aimer comme vivants ? Comment imaginer une politique des interdépendances, qui allie la cohabitation avec des altérités, à la lutte contre ce qui détruit le tissu du vivant ? Il s’agit de refaire connaissance : approcher les habitants de la Terre, humains compris, comme dix millions de manières d’être vivant.

Résolution de Li-Cam

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L’Adelphie est une communauté affranchie du continent, un îlot indépendant du reste du monde sis à Langlade et construit selon les principes et valeurs d’un seul être humain: Wen. Ce qui fut au commencement un simple blog où la jeune femme exprimait ses pensées ou désirs, Le Monde selon Wen, est devenu la pierre d’angle d’une utopie exceptionnelle sur laquelle veille une Intelligence Artificielle au comportement solaire: Sun. Et parce que Wen –solitaire, militante, inspirée– était la candidate idéale désignée par le jeune docteur Yao Kouamé, elle a donné à son double électronique l’humanité qu’il lui manquait, afin de rendre compte de ce nouveau modèle de vivre-ensemble.Alors qu’au dehors la société n’a pas résisté au grand effondrement et que les huit milliards d’êtres humains se sont enlisés dans un système absurde, les Adelphes réinventent une harmonie que d’autres avaient jugé illusoire. De cette résolution est née un espace où le libre-arbitre et la libre-existence sont roi et reine: c’est une société neuve, fragile, appuyée par des innovations technologiques audacieuses qui se bâtit. Et chaque jour, Ben, Jenny, Laura, Vanilla, Simon, Yao et leur entourage en font l’expérience. Le ton des cahiers de Wen, protagoniste hors norme et visionnaire, fait écho à la voix de Lauren du très grand roman d’Octavia Butler, La Parabole du semeur.

L’avenir du passé : Modernité de l’archéologie

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Jean-Paul DEMOULE, Bernard STIEGLER


Quels sont les apports de l’archéologie aux interrogations les plus récentes sur la trajectoire de l’humanité, son évolution biologique et cognitive, ses relations à l’environnement, l’histoire de ses techniques de production comme de destruction ?

L’archéologie offre-t-elle des outils pour renouveler l’approche des notions de communauté et de territoire ?

Peut-elle éclairer la réflexion sur les catégories de peuple et de nation ? Permet-elle de mieux appré-hender les passions nationalistes et les intégrismes ?

Quelle peut être la contribution de la connaissance des sociétés anciennes à la vie dans la Cité ? Comment se nouent les liens entre l’archéologie et les autres disciplines ?

La résolution des problèmes de Gilbert Simondon

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Qu’est-ce qu’un problème ? Qu’est-ce qu’une solution ? Toute innovation est-elle vraiment inventive ?

« Un problème existe dès qu’une conduite finalisée rencontre un obstacle à sa réalisation. » C’est dire si les problèmes ne sont pas seulement d’ordre cognitif. Il y a conduite intelligente « partout où peut être mise en oeuvre une activité d’intégration, et particulièrement dans la perception ». L’étude des relations de l’homme aux objets (de l’infiniment petit jusqu’au cosmos) fait apparaître le rôle régulateur de l’affectivité dans les conduites finalisées. La perception, en elle-même, est résolution de problèmes pour le vivant dans son milieu, dans la mesure où l’objet quelconque est tendanciellement perçu comme organisme.

Mais quand y a-t-il résolution de problème amenant un vrai progrès, sur le plan de la culture, dans les réalisations objectives de la culture ? C’est en examinant les conditions de possibilité de l’intelligence inventive que celle-ci peut être clairement distinguée de la pensée dite créative. À défaut d’une telle distinction, et même s’il faut admettre que, pour inventer, les recettes n’existent pas, on risque fort de ne pouvoir reconnaître les signes d’un vrai progrès, jusque dans la pensée philosophique elle-même, qui possède « un statut majeur de pensée inventive réelle ».

404 de Sabri Louatah

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« »Rentre dans ton pays. Entendre ça alors que ça fait soixante-dix ans qu’on vit en France ! Mon petit Rayanne c’est la quatrième génération, il va falloir combien de générations pour que vous nous foutiez la paix ? Combien ? « , s’emporte un des personnages de mon roman.
Avec 404, j’ai voulu regarder la brèche, sans ciller, et raconter cette tragédie française de la partition et de la séparation ethnique à travers le destin d’une poignée de personnages réunis dans une petite commune de l’Allier. Pile au centre de la France et de toutes les tensions qui la traversent… »

Sabri Louatah signe un puissant thriller politique et rural. En explorant ce que l’on décide collectivement de ne pas voir, il raconte un pays qui se creuse dans le pays et ajoute à notre roman national un chapitre plein de bruit et de fureur.

Spinoza et nous d’Antonio Negri

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Au début des années 1980, alors qu’il est incarcéré sous le coup d’accusations politiques extrêmement graves (dont, heureusement, il sera par la suite démontré la totale inanité), Antonio Negri, qui est à la fois un universitaire renommé et un militant d’extrême gauche, se met à travailler à un livre sur Spinoza. Ce texte, écrit dans des conditions difficiles, entre les quatre murs d’une cellule, ce sera L’Anomalie Sauvage, publié en France en 1982 avec une triple préface de Gilles Deleuze, de Pierre Macherey et d’Alexandre Matheron.


Presque trente ans après, que reste-t-il de cette lecture « hérétique » de Spinoza dont Negri s’attache à enraciner la généalogie dans les événements de 1968 ? Quelles avancées ont-elles été produites dans le domaine des études spinoziennes ? Et comment faire dialoguer une fois encore l’Éthique avec notre propre actualité, alors même que les conditions qui sont les nôtres semblent au contraire nous éloigner toujours davantage de ce « court XXe siècle » dont 1968 semble avoir fait partie de droit ?
À travers une série de textes prononcés sous la forme de conférences et d’interventions au cours de ces dernières années, Antonio Negri s’attache tout à la fois à dresser le bilan d’un certain spinozisme, à expliquer la fortune de la lignée interprétative dont il fait partie – et qui le place sous l’ombre portée d’autres figures de la recherche philosophique (Deleuze, Matheron) avec lesquelles il ne cesse de dialoguer à distance –, et à relancer certains points de débat à la hauteur de notre propre actualité.
La notion d’ontologie, le dialogue de la pensée de Spinoza avec les sciences humaines et sociales, le rapport extrêmement complexe entre le spinozisme et la pensée de Heidegger, la définition de ce que peut être une philosophie de l’immanence, la possibilité d’une lecture politique de l’Éthique : autant de thèmes sur lesquels il s’agit de revenir afin de faire, une fois encore, valoir l’extraordinaire richesse de la pensée « anormale » et « sauvage » du philosophe d’Amsterdam.

Libres d’obéir de Johann Chapoutot

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Reinhard Höhn (1904-2000) est l’archétype de l’intellectuel technocrate au service du IIIe Reich. Juriste, il se distingue par la radicalité de ses réflexions sur la progressive disparition de l’État au profit de la «communauté» définie par la race et son «espace vital». Brillant fonctionnaire de la SS – il termine la guerre comme Oberführer (général) –, il nourrit la réflexion nazie sur l’adaptation des institutions au Grand Reich à venir – quelles structures et quelles réformes? Revenu à la vie civile, il crée bientôt à Bad Harzburg un institut de formation au management qui accueille au fil des décennies l’élite économique et patronale de la République fédérale : quelque 600 000 cadres issus des principales sociétés allemandes, sans compter 100 000 inscrits en formation à distance, y ont appris, grâce à ses séminaires et à ses nombreux manuels à succès, la gestion des hommes. Ou plus exactement l’organisation hiérarchique du travail par définition d’objectifs, le producteur, pour y parvenir, demeurant libre de choisir les moyens à appliquer. Ce qui fut très exactement la politique du Reich pour se réarmer, affamer les populations slaves des territoires de l’Est, exterminer les Juifs.
Passé les années 1980, d’autres modèles prendront la relève (le japonais, par exemple, moins hiérarchisé). Mais le nazisme aura été un grand moment managérial et une des matrices du management moderne.

Règles pour le parc humain de Peter Sloterdijk

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En juillet 1999, en prononçant un discours sur Heidegger et sa Lettre sur l’humanisme, Peter Sloterdijk déclenche une vive
polémique. Quel est l’objet du scandale ? Son constat : l’humanisme est mort en 1945. Si une nation ne repose plus sur une fiction politique, d’inspiration humaniste, pour souder ses citoyens, quelle gestion des hommes ? D’ailleurs, note le philosophe, la « domestication de l’être humain constitue le grand impensé face auquel l’humanisme a détourné les yeux depuis l’Antiquité » ; « le simple fait de s’en apercevoir suffit à se retrouver en eau profonde ».
Avec ses Règles pour le parc humain, Peter Sloterdijk incite à penser la condition humaine qui vient avec l’anthropotechnologie.
Quelques mois plus tard, il prononce à Paris un deuxième discours dans lequel il développe ses positions : La Domestication de l’Être. Il y poursuit sa réflexion sur les conditions et le mystère de l’irruption de l’humanité, et la voie que celle-ci peut suivre vers un apprivoisement d’elle-même.

PETER SLOTERDIJK, philosophe allemand né en 1947, est l’auteur d’une oeuvre importante, notamment : Sphères (I, Bulles ; II, Globes : macrosphérologie ; III, Écumes : sphérologie plurielle).

L’Etat SS de Eugen Kogon

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SS et camps de concentration
Nombre et genre des camps de concentration en Allemagne
Les différentes catégories de détenus
Aménagement des camps de concentration
Organisation interne des camps de concentration
L’internement dans un camp de concentration
L’emploi du temps dans un camp de concentration
Le travail dans un camp de concentration
Les punitions dans les camps de concentration
La nourriture dans les camps de concentration
Envois d’argent et de courrier pour les détenus
Utilisation des loisirs dans les camps de concentration
Les conditions sanitaires dans les camps de concentration
Installations particulières
Tragédies collectives et opérations spéciales
Camps extérieurs et temps de guerre
Durée de l’internement dans les camps
La vie de coq en pâte de la SS
L’incessante lutte souterraine entre la SS et les forces antifascistes dans les camps
La fin des camps de concentration
Psychologie de la SS
Psychologie des détenus dans les camps
Le peuple allemand et les camps de concentration

La fin des partis ? d’Igor Martinache & Frédéric Sawicki

By notaz / On / In Lus, Politique

La victoire inattendue d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle de 2017, l’effondrement électoral du Parti socialiste et des Républicains ou encore l’irruption du mouvement des Gilets jaunes sont autant de signes suggérant la fin des partis. Alors que ceux-ci continuent à jouer un rôle incontournable dans la structuration tant matérielle que symbolique du jeu politique, pourquoi apparaissent-ils en « crise » ? Professionnalisation des personnels politiques ; bureaucratisation des organisations ; personnification du jeu politique ; érosion du militantisme : ces transformations du champ politique participent de la défiance qui semble toujours plus forte à leur encontre.

Démontrant que les partis sont moins amenés à disparaître que condamnés à se transformer en profondeur pour continuer à structurer la démocratie représentative, cet ouvrage propose une réflexion stimulante sur la recomposition en cours du système partisan français.