Souvenirs d’une morte vivante de Victorine Brocher

By notaz / On / In Des voix, Politique

Publié initialement en 1909, ce texte de Victorine Brocher (1839-1921) est l’un des rares et forts témoignages de femme du peuple, issue d’une famille militante, ayant traversé les insurrections de 1848 et de 1871. Ambulancière pendant la Commune, elle relate en une langue simple des événements vécus dans sa chair : le Second Empire, le siège de Paris, les privations, la mort de ses enfants, les espoirs nés avec la République sociale, la Semaine sanglante, l’exil et la survie enfin.

Les Passeurs de livres de Daraya de Delphine Minoui

By notaz / On / In Des voix, Lus, Pensée non paresseuse, Politique

De 2012 à 2016, la banlieue rebelle de Daraya a subi un siège implacable imposé par Damas. Quatre années de descente aux enfers, rythmées par les bombardements au baril d’explosifs, les attaques au gaz chimique, la soumission par la faim. Face à la violence du régime de Bachar al-Assad, une quarantaine de jeunes révolutionnaires syriens a fait le pari insolite d’exhumer des milliers d’ouvrages ensevelis sous les ruines pour les rassembler dans une bibliothèque clandestine, calfeutrée dans un sous-sol de la ville.

Leur résistance par les livres est une allégorie : celle du refus absolu de toute forme de domination politique ou religieuse. Elle incarne cette troisième voix, entre Damas et Daech, née des manifestations pacifiques du début du soulèvement anti-Assad de 2011, que la guerre menace aujourd’hui d’étouffer. Ce récit, fruit d’une correspondance menée par Skype entre une journaliste française et ces activistes insoumis, est un hymne à la liberté individuelle, à la tolérance et au pouvoir de la littérature.

Delphine Minoui est grande reporter au Figaro, spécialiste du Moyen-Orient. Prix Albert Londres 2006 pour ses reportages en Iran et en Irak, elle sillonne le monde arabo-musulman depuis 20 ans. Après Téhéran, Beyrouth et Le Caire, elle vit aujourd’hui à Istanbul, où elle continue à suivre de près l’actualité syrienne. Elle est également l’auteur des Pintades à Téhéran (Jacob-Duvernet), de Moi, Nojoud, dix ans, divorcée (Michel Lafon), de Tripoliwood (Grasset) et de Je vous écris de Téhéran (Seuil).

ÖR d’Audur Ava Olafsdottir

By notaz / On / In Littérature, Roman, Zulma

Se décrivant lui-même comme un « homme de quarante-neuf ans, divorcé, hétérosexuel, sans envergure, qui n’a pas tenu dans ses bras de corps féminin nu – en tout cas pas délibérément – depuis huit ans et cinq mois », Jónas Ebeneser n’a qu’une passion : restaurer, retaper, réparer. Mais le bricoleur est en crise et la crise est profonde. Et guère de réconfort à attendre des trois Guðrún de sa vie – son ex-femme, un joli accident de jeunesse, sa fille, spécialiste volage de l’écosystème des océans, et sa propre mère, ancienne prof de maths à l’esprit égaré, collectionneuse des données chiffrées de toutes les guerres du monde… Doit-il se faire tatouer une aile de rapace sur l’omoplate ou carrément emprunter le fusil de chasse de son voisin pour en finir à la date de son choix ? Autant se mettre en route pour un voyage sans retour à destination d’un pays abîmé par la guerre, avec sa caisse à outils pour tout bagage et sa perceuse en bandoulière. Ör (« Cicatrices ») est le roman poétique et profond, drôle, délicat, d’un homme qui s’en va – en quête de réparation.

La Grève: Atlas Shrugged de Ayn Rand

By notaz / On / In Littérature, Lus, Philosophie, Politique

Pourquoi le monde semble-t-il se détraquer ?
Pourquoi, sans raison apparente, un sentiment de désespoir et de frustrations se répand-il partout ?
Pourquoi, dans les pires moments, entend-on ce nom, sans visage et sans origine ?
Qui est John Galt ?

Roman d’énigme, roman philosophique, roman politique, La Grève (Atlas Shrugged) a été traduit en dix-sept langues et est le livre le plus influent aux Etats-Unis après la Bible. Le voici enfin disponible en version poche.

Façons de lire, manières d’être de Marielle Macé

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« J’allais rejoindre la vie, la folie dans les livres. (…) La jeune fille s’éprenait de l’explorateur qui lui avait sauvé la vie, tout finissait par un mariage. De ces magazines et de ces livres j’ai tiré ma fantasmagorie la plus intime… » Lorsque le jeune Sartre lève ainsi une épée imaginaire et se rêve en héros après avoir lu les aventures de Pardaillan, il ne fait rien de très différent de ce que nous faisons tous quand nous lisons, puissamment attirés vers des possibilités d’être et des promesses d’existence. C’est dans la vie ordinaire que les oeuvres se tiennent, qu’elles déposent leurs traces et exercent leur force. Il n’y a pas d’un côté la littérature, et de l’autre la vie, dans un face-à-face brutal et sans échanges qui rendrait incompréhensible la croyance aux livres, un face-à-face qui ferait par exemple des désirs romanesques de Sartre (ou de la façon dont Emma Bovary se laisse emporter par des modèles) une simple confusion entre la réalité et la fiction, et par conséquent un affaiblissement de la capacité à vivre. Il y a plutôt, dans la vie elle-même, des formes, des élans, des images et des styles qui circulent entre les sujets et les oeuvres, qui les exposent, les animent, les affectent. Dans l’expérience ordinaire de la littérature, chacun peut ainsi se réapproprier son rapport à soi-même, à son langage, à ses possibles : car les formes littéraires se proposent dans la lecture comme de véritables formes de vie, engageant des conduites, des démarches, des puissances de façonnement et des valeurs existentielles. La lecture n’est pas une activité séparée, c’est l’une de ces conduites par lesquelles, quotidiennement, nous donnons un aspect, une saveur et même un style à notre existence.

LoveStar de Andri Snaer Magnason

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« Peu de temps après que les mouches à miel eurent colonisé Chicago, les papillons monarques furent saisis d’un étrange comportement. […] Au lieu d’aller vers le sud rejoindre leurs quartiers d’hiver, ils se dirigèrent vers le nord. » C’est ainsi que s’ouvre le roman, fable imaginative et pourtant étrangement familière, tenant à la fois de Calvino et des Monty Python. Face à la soudaine déroute de toutes sortes d’espèces volantes, le génial LoveStar, vibrionnant et énigmatique fondateur de l’entreprise du même nom, invente un mode de transmission des données inspiré des ondes des oiseaux, libérant d’un coup l’humanité, pour son plus grand bonheur, de l’universelle emprise de l’électronique. Et développant au passage quelques applications aussi consuméristes que liberticides… Avec des hommes et des femmes ultra connectés payés pour brailler des publicités à des passants ciblés, le système ReGret, qui permet « d’apurer le passé », ou le rembobinage des enfants qui filent un mauvais coton. Autre innovation, et pas des moindres, en faveur du bonheur humain : les âmes soeurs sont désormais identifiées en toute objectivité par simple calcul de leurs ondes respectives. Quand Indriði et Sigríður, jeunes gens par trop naïfs et sûrs de leur amour, se retrouvent « calculés », ils tombent des nues : leur moitié est ailleurs. Les voilà partis, Roméo et Juliette postmodernes contrariés par la fatalité, pour une série de mésaventures cocasses et pathétiques, jusqu’à ce que leur route croise celle de LoveStar lui-même, en quête de son ultime invention…

LoveStar

Kabuliwallah de Rabindranath Tagore

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Quel inépuisable envoûtement que ces vingt-deux nouvelles, avec pour théâtre le Bengale et Calcutta, ville natale de Tagore, et pour acteurs principaux des enfants de tous âges et toutes conditions qu’une grâce inespérée, un bonheur de papillon sauvent parfois du fatalisme millénaire qui les frappe…
Ainsi dans le Receveur des postes, un poète du dimanche relégué dans un village se pique d apprendre à lire à Ratan, l’humble fillette qui le sert, jusqu au jour où, écrasé d ennui, il retourne à Calcutta, laissant là sa petite adoratrice qui sans doute en mourra de chagrin. Avec le Cahier d’écolier, on découvre une autre petite fille qui, à peine sait-elle écrire, devient « un véritable fléau », traçant partout ses états d âme poétiques du genre « la pluie crépite, les feuilles palpitent » avec un bout de charbon, sur les murs, le cahier de comptes de son père, les manuscrits d’un frère aîné aux grandes ambitions romanesques jusqu à ce qu on lui offre un cahier d’écolier tout neuf… Ou encore l’Enfant muette, la délicieuse et dramatique histoire d une petite fille qui, à peine nubile, sera vendue à un futur mari qui l’inspecte sur toutes les coutures sans même songer à entendre sa voix…
Tout ce qu’une société tait et refoule, ces secrets perdus, ces insondables gouffres vécus dans la chair et l’esprit des plus démunis, Rabindranath Tagore nous le raconte en magicien, avec un style inégalable et l’intelligence suprême du coeur.

Kabuliwallah

Dernier royaume, IX : Mourir de penser Poche de Pascal Quignard

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Pascal Quignard poursuit son entreprise littéraire nommée  » Dernier Royaume  » et nous livre le IX e tome, Mourir de penser, dans lequel il cherche à  » éprouver une autre façon de penser qui n’a rien à voir avec la philosophie « . Et l’auteur de nous livrer des anecdotes significatives à travers une série de portraits de Socrate, Pythagore, Montaigne, et autres grands penseurs de l’Occident, tout en méditant sur le bonheur ou l’horreur de penser. Une oeuvre unique dans le paysage littéraire contemporain.

Dernier royaume, IX : Mourir de penser

Le numéro de février 1947 du Patriote Résistant rapporte les extraits de cinq lettres adressées par l’entreprise Bayer au commandant du camp d’Auschwitz.
Ces lettres, découvertes par l’Armée Rouge à la libération du camp d’Auschwitz, ont été rédigées en avril et mai 1943.
Elles révèlent que sous le régime nazi, l’entreprise Bayer, filiale du consortium chimique IG Farben, procéda à des expériences médicales sur des déportés, qu’elle se procurait dans les camps de concentration.
42 pages vergé blanc cassé sous couverture à grain et rabats teintée beige.

Description
En avril et mai 1943, l’entreprise Bayer commandait des « lots » de femmes au camp d’Auschwitz pour expérimenter des soporifiques. Extraits les plus significatifs des lettres scellant ces tractations commerciales meurtrières.

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Eratosthène de Thierry Crouzet

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Au IIIe siècle av. J-C, Ératosthène a inventé la géographie et mesuré la Terre. Directeur de la bibliothèque d Alexandrie, poète, mathématicien et surtout philosophe de la liberté, il est tombé dans l oubli pendant deux mille ans. Nous le redécouvrons plus vivant que jamais dans un roman historique qui nous plonge dans l Égypte et la Grèce antiques.
Ératosthène a cherché le bonheur dans un temps de grands bouleversements, siège d inventions révolutionnaires et d une barbarie sans nom. Toute ressemblance avec notre époque n est pas involontaire.
Cet homme de l Antiquité nous initie à notre modernité.

ERATOSTHENE