L’innovation à l’épreuve de la philosophie de Xavier Pavie

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Depuis cinquante ans, les innovations ont pris une nouvelle dimension : Internet, séquençage de l’ADN, manipulations génomiques, avancées du transhumanisme, nanotechnologies… Ces innovations récentes ne sont pas sans soulever des problématiques nouvelles dont les conséquences sont aussi importantes qu’irréversibles. L’innovateur, dont Steve Jobs, Mark Zuckerberg ou Elon Musk sont des figures contemporaines emblématiques, apparaît comme une personnalité aussi géniale que destructrice, qui ambitionne de changer le monde quelle que soit la violence qui découlera de son innovation. Se dessine alors la nécessité d’établir une innovation-responsable, dans laquelle l’innovateur devrait rendre compte de ses actes et revoir sa position de héros. Pour établir cette nouvelle éthique, la philosophie est un recours nécessaire, puisqu’avec les stoïciens, Aristote, Kant, Nietzsche et Foucault, entre autres, elle interroge la maîtrise de soi, la prudence, le respect, la volonté de puissance et le pouvoir, toutes notions à rapprocher de la figure de l’innovateur.

Le sale discours de David Wahl

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« Pourquoi, si l’homme est de plus en plus propre, le monde, lui est-il de plus en plus sale? »
Le Sale Discours, c’est un récit qui parle d’environnement. D’un environnement façonné par nos ordures, nos excréments et nos déchets. C’est un récit qui parle de notre instinct de survie, de nos rêves d’éternité, de la peur de la mort. C’est le récit de l’homme, qui envisage sa survie au prix de son environnement. Où l’on croise un cochon, des atomes, Marie Curie, la Voie lactée –; et notre reflet.

Faire l’économie de la haine : Essais sur la censure de Alain Deneault

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Point de haine de l’économie là où on nous fait aimer l’argent (à tout prix). Point de haine de l’économie, mais une économie de la haine. Le programme : faire l’économie de la haine. Haïr sans qu’il n’y paraisse. Ainsi s’investit-on dans l’asservissement à l’argent. L’argent fait écran : faut-il vraiment qu’on délocalise des usines, licencie du personnel, pollue des rivières, contourne le fisc, soutienne des dictatures ou arme des chefs de guerre pour que le prix d’une action monte en Bourse ? Pourquoi faisons-nous l’économie de ces questions ? Pour Alain Deneault, cette façon « obligée » d’appréhender le réel participe de l’autocensure, un phénomène qui ne relève pas de la psychologie individuelle, mais d’un fait social.

La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben

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Les citadins regardent les arbres comme des « robots biologiques » conçus pour produire de l’oxygène et du bois. Forestier, Peter Wohlleben a ravi ses lecteurs avec des informations attestées par les biologistes depuis des années, notamment le fait que les arbres sont des êtres sociaux. Ils peuvent compter, apprendre et mémoriser, se comporter en infirmiers pour les voisins malades. Ils avertissent d’un danger en envoyant des signaux à travers un réseau de champignons appelé ironiquement « Bois Wide Web ». La critique allemande a salué unanimement ce tour de force littéraire et la manière dont l’ouvrage éveille chez les lecteurs une curiosité enfantine pour les rouages secrets de la nature.

Parce que l’oiseau : Carnets d’été d’une ornithophile de Fabienne Raphoz

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 » J’ai réfugié mon pays natal du Faucigny entre deux petites départementales peu fréquentées des Causses du Quercy, dans une de ces maisons sorties d’une vie antérieure et qui vous dit : « c’est là « . Au moment précis où je commence ce livre, le 30 juin, 9h38, un Troglodyte mignon est à peu près le seul de sa classe à percer le silence. Son chant, qui alterne les modes majeur et mineur, est rythmé par les gouttes d’une pluie continue dont le timbre varie selon leur densité et le support qui les accueille, feuilles de frêne ou de tilleul, gravier, friche, vitre ; variations que le petit enregistreur peine à distinguer, chaque goutte d’eau, tombant sur la bonnette, ayant plutôt tendance à exploser dans l’oreille en mini-grenade sans subtilité sonore à l’échelle du tympan. (…)  » Voici une ballade au bois, mais pas seulement, qu’une ornithophile consacre aux oiseaux, mais pas qu’à eux, où il sera question de grillons des bois ou d’Italie, d’oiseaux de paradis, de dodos, mais aussi des hôtes singuliers du Colombier : Lady Hulotte, Front-Blanc, Tête-noire et quelques autres.

Angoisse – Le double secret de Max Dorra

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Rarement avouée, notamment par les hommes qui la croient signe de faiblesse, l’angoisse est le sentiment le plus universel et le plus dissimulé. Elle commence avec la peur du jugement : comment en arrive-t-on se sentir  » laid  » ou  » bête  » à cause d’un regard ou d’une expression ? Il y a des mots qui tuent parce qu’ils nous collent une certaine image de nous-mêmes.
Le pouvoir sur soi et le pouvoir politique sont directement liés à cette maîtrise de l’angoisse.
L’angoisse se cache derrière la violence. Il est donc essentiel d’apprendre à l’accepter et à la contrôler car elle fait partie de la vie. Il faudrait inscrire très tôt une pédagogie de l’angoisse dans les programmes scolaires.
Face à l’angoisse, le concept de montage, issu du cinéma, est précieux. Un montage, comme le suggère le grand cinéaste Eisenstein, met en mouvement et se propage comme une onde qui réorganise notre mémoire, nos souvenirs heureux ou traumatiques. Nous sommes tout un chacun le produit d’un montage à la fois individuel et social, que nous n’avons pas choisi, et que nous pouvons démonter et remonter.

La télévision, un danger pour la démocratie de Karl Popper et John Condry

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La télévision, dont l’influence peut être terriblement nocive, pourrait être, au contraire, un formidable outil d’éducation. Elle pourrait l’être, mais il est assez peu probable qu’elle le devienne, car en faire un instance culturelle bénéfique représente une tâche particulièrement ardue. Difficile de trouver des personnes capables de produire chaque jour pendant vingt heures consécutives des émissions de valeur ; facile de trouver des personnes capables de produire chaque jour vingt heures d’émissions médiocres… De plus, plus les chaînes sont nombreuses plus il est difficile de trouver des professionnels vraiment capables de produire des émissions à la fois attrayantes et de bonnes qualités.
[…]
par Charles Girard. Janvier 2003.

Sapiens : Une brève histoire de l’humanité d’Yuval Noah Harari

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L homo Sapiens sera la vedette de la rentrée littéraire puisqu il s est imposé par sa capacité à fictionner, donc à créer des récits mythologiques, des dieux, des lois, du réseau…

Il y a 100 000 ans, la Terre était habitée par au moins six espèces différentes d hominidés. Une seule a survécu. Nous, les Homo Sapiens.
Comment notre espèce a-t-elle réussi à dominer la planète ? Pourquoi nos ancêtres ont-ils uni leurs forces pour créer villes et royaumes ? Comment en sommes-nous arrivés à créer les concepts de religion, de nation, de droits de l homme ? À dépendre de l argent, des livres et des lois ? À devenir esclaves de la bureaucratie, des horaires, de la consommation de masse ? Et à quoi ressemblera notre monde dans le millénaire à venir ?

Véritable phénomène d édition, traduit dans une trentaine de langues, Sapiens est un livre audacieux, érudit et provocateur. Professeur d Histoire à l Université hébraïque de Jérusalem, Yuval Noah Harari mêle l Histoire à la Science pour remettre en cause tout ce que nous pensions savoir sur l humanité : nos pensées, nos actes, notre héritage… et notre futur.

« Sapiens s est rapidement imposé partout dans le monde, parce qu il aborde les plus grandes questions de l histoire moderne dans une langue limpide et précise.»
Jared Diamond, prix Pulitzer, auteur d Effondrement

Nos mythologies économiques d’Eloi Laurent

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Comme le montrent bien la « loi travail » et ses impératifs de « flexibilité » et de « compétitivité », plus que jamais, les mythologies économiques sont aujourd’hui au pouvoir. Raison de plus, à quelques mois de grandes échéances électorales, de poursuivre le travail de désintoxication économique du débat public. Cet ouvrage déconstruit quinze nouvelles mythologies, idées économiques reçues qui se donnent pour des vérités scientifiques mais ne sont que des préjugés idéologiques : « Nous vivons une révolution technologique sans précédent à laquelle il faut sans tarder adapter notre modèle social » ; « On ne peut pas changer les règles européennes, il faut s’y conformer » ; « La France est irréformable » ; « L’Occident s’abîme dans un déclin inéluctable » ; « On préfère les migrants aux pauvres » ; « L’écologie est punitive » ; « La transition énergétique est ruineuse ». La conviction profonde de ce livre : l’économie est une affaire trop sérieuse pour être laissée aux économistes !

Le despotisme démocratique d’Alexis de Tocqueville

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… la crainte du désordre et l’amour du bien-être [portent] insensiblement les peuples démocratiques à augmenter les attributions du gouvernement central, seul pouvoir qui leur paraisse de lui-même assez fort, assez intelligent, assez stable pour les protéger contre l’anarchie. J’ai à peine besoin d’ajouter que toutes les circonstances particulières qui tendent à rendre l’état d’une société démocratique troublé et précaire augmentent cet instinct général et portent, de plus en plus, les particuliers à sacrifier à leur tranquillité leurs droits. Un peuple n’est donc jamais si disposé à accroître les attributions du pouvoir central qu’au sortir d’une révolution longue et sanglante qui, après avoir arraché les biens des mains de leurs anciens possesseurs, a ébranlé toutes les croyances, rempli la nation de haines furieuses, d’intérêts opposés et de factions contraires. Le goût de la tranquillité publique devient alors une passion aveugle, et les citoyens sont sujets à s’éprendre d’un amour très désordonné pour l’ordre. […] La première des causes accidentelles qui, chez les peuples démocratiques, peuvent attirer dans les mains du souverain la direction de toutes les affaires, c’est l’origine de ce souverain lui-même et ses penchants. A. de T.