LoveStar de Andri Snaer Magnason

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« Peu de temps après que les mouches à miel eurent colonisé Chicago, les papillons monarques furent saisis d’un étrange comportement. […] Au lieu d’aller vers le sud rejoindre leurs quartiers d’hiver, ils se dirigèrent vers le nord. » C’est ainsi que s’ouvre le roman, fable imaginative et pourtant étrangement familière, tenant à la fois de Calvino et des Monty Python. Face à la soudaine déroute de toutes sortes d’espèces volantes, le génial LoveStar, vibrionnant et énigmatique fondateur de l’entreprise du même nom, invente un mode de transmission des données inspiré des ondes des oiseaux, libérant d’un coup l’humanité, pour son plus grand bonheur, de l’universelle emprise de l’électronique. Et développant au passage quelques applications aussi consuméristes que liberticides… Avec des hommes et des femmes ultra connectés payés pour brailler des publicités à des passants ciblés, le système ReGret, qui permet « d’apurer le passé », ou le rembobinage des enfants qui filent un mauvais coton. Autre innovation, et pas des moindres, en faveur du bonheur humain : les âmes soeurs sont désormais identifiées en toute objectivité par simple calcul de leurs ondes respectives. Quand Indriði et Sigríður, jeunes gens par trop naïfs et sûrs de leur amour, se retrouvent « calculés », ils tombent des nues : leur moitié est ailleurs. Les voilà partis, Roméo et Juliette postmodernes contrariés par la fatalité, pour une série de mésaventures cocasses et pathétiques, jusqu’à ce que leur route croise celle de LoveStar lui-même, en quête de son ultime invention…

LoveStar

Penser ou cliquer ? de Michel Blay

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De la biologie de synthèse aux  » nanotechnologies  » en passant par la liste sans fin des nouveaux capteurs, des gadgets électroniques et des artefacts de la robotique tendance post-humanisme, la technique rime avec innovation permanente. Cette effervescence donne l’impression d’une fuite en avant où chaque innovation en appelle une autre dans l’errance indéfinie et assujettie à des pouvoirs, des intérêts et des subjectivités. Michel Blay interroge cette irruption de la technique dans tous les pans de notre existence, et montre que cet emballement change notre relation au monde, aux autres, au temps et à l’espace. Un avenir technico-répressif semble s’imposer, alors même qu’il est en désaccord avec les exigences de l’environnement et de la liberté. Peut-on échapper à ce qui paraît inéluctable ? Et comment ? Il est essentiel, pour cela, de revenir sur l’histoire du rapport qui s’est institué à l’époque moderne et contemporaine, entre l’idée de nature et l’existence humaine.

Penser ou cliquer ? : Comment ne pas devenir des somnambules

L’âge du faire : Hacking, travail, anarchie de Michel Lallement

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Depuis dix ans, une vague déferle sur les Etats-Unis et gagne le reste du monde, rappelant les philosophies qui ont émergé au début des années 1960 et qui tentaient de s’éloigner des modes de production industrielle et de consommation. Equipés de machines industrielles comme des plus récents équipements informatiques, les hackers inventent un nouveau modèle d’activité : le faire (make). Michel Lallement revient sur les sources de ce mouvement en Europe, sur les conditions de son implantation en Californie et dans les grandes universités américaines de la côte est. Ce modèle en construction doit beaucoup à l’esprit qui anime les militants du logiciel libre, autrement dit à la volonté de créer et de partager en se défaisant des contraintes imposées par le marché, la rentabilité, le droit de propriété… Un nouvel âge du travail émerge, qui bouleverse les pratiques et reconfigure nos représentations. L’enquête se poursuit par une plongée dans les hackerspaces et autres laboratoires du faire où l’auteur a partagé la vie des membres, les a regardé inventer, bidouiller et s’organiser au quotidien dans des communautés frottées, pour certaines d’entre elles, aux principes de l’anarchisme. Aux membres de ces groupes il a demandé de raconter et expliquer leur vie, leurs choix, leurs idées décrivant un monde porteur d’innovations radicales mais où l’on n’évite pas les questions de l’intégration à la société, des risques de l’extension, des conflits internes. Michel Lallement esquisse, en conclusion, les rudiments d’une nouvelle grammaire du travail et du vivre ensemble.

L’âge du faire : Hacking, travail, anarchie

La vie algorithmique d’Eric Sadin

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Diaboliser les big data serait inutile et stupide. Cet essai informé et intelligent, foisonnant de faits et d’idées, propose une stratégie plus fine. Il demande si c’est ce monde que nous voulons. Il substitue, à la fausse évidence de l’inéluctable, un souci de lucidité et de responsabilité, autres noms de l’éthique et de la politique. Ce n’est pas un hasard que pareil tournant soit entamé par un écrivain – non par un chercheur de laboratoire. Les experts n’ont peut-être pas la même acuité. Orwell, en son temps, a mieux su dire le totalitarisme que les politologues. Quand il s’agit de mettre en lumière la logique d’une époque, l’avantage appartient sans doute aux auteurs ­hybrides – poètes qui pensent, philosophes sensibles, romanciers historiens. (Roger-Pol Droit – Le Monde du 2 avril 2015)

La vie algorithmique : Critique de la raison numérique

L’Empire de la surveillance d’Ignacio Ramonet

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Les spectaculaires révélations du lanceur d’alerte Edward Snowden ont permis au plus grand nombre de découvrir que la protection de notre vie privée est désormais menacée par la surveillance de masse à laquelle nous soumettent les merveilleux outils (smartphones, tablettes, ordinateurs) qui devaient élargir notre espace de liberté… Pourtant, on mesure encore mal à quel point, et de quelle façon, nous sommes espionnés. Et donc contrôlés. L’inimaginable révolution numérique dans laquelle Internet nous a fait entrer a totalement bouleversé le champ du renseignement et de la surveillance, devenue omniprésente et parfaitement immatérielle. Elle profite en premier lieux aux cinq entreprises privées qui dominent la Toile ― Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft ― et qui s’enrichissent de l’exploitation de nos données personnelles, qu’elles transfèrent par ailleurs en continu à la NSA, la plus secrète et la plus puissante des agences américaines de renseignement. Mais d’autre part et simultanément, au prétexte de lutter notamment contre le terrorisme, des gouvernements ― y compris parmi les plus démocratiques ―, s’érigent en Big Brother, n’hésitant plus à enfreindre leurs propres lois pour mieux espionner leurs citoyens. Dans un texte fort documenté et nourri d’exemples, Ignacio Ramonez décrit l’alliance sans précédent ― Etat, appareil militaire de sécurité, industries géantes du Web ― qui a produit cet Empire de la surveillance qui défie les citoyens, restreint leurs droits civiques et met en péril une certaine conception de la démocratie. A l’appui de ces thèses, l’auteur convoque deux grands témoins avec lesquels il s’entretient : Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, et Noam Chomsky, l’un des plus grands intellectuels de notre temps.

L’Empire de la surveillance

A quoi rêvent les algorithmes de Dominique Cardon

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Parmi les espoirs et les craintes que suscite la numérisation de nos sociétés, la constitution de grandes bases de données confère une place de plus en plus centrale aux algorithmes qui gouvernent les comportements de chacun. L’ambition de ce livre est de proposer une exploration critique de la manière dont les techniques de calcul façonnent nos sociétés. Classement de l’information, personnalisation publicitaire, recommandation de produits, orientation des déplacements, mesures corporelles, etc., les calculateurs sont en train de s’immiscer, de plus en plus profondément, dans la vie des individus. Cet ouvrage voudrait montrer comment les techniques statistiques qui prennent leur essor avec les big data enferment des conceptions différentes de la société qu’elles calculent. Loin d’être de simples outils techniques, les algorithmes enferment un projet politique. La thèse défendue dans cet ouvrage est que la personnalisation des calculs est à la fois l’agent et la conséquence de l’individualisation de nos sociétés. Elle témoigne de la crise des catégories statistiques traditionnelles qui permettaient à la société de se représenter. Elle encourage le déploiement de la course méritocratique vers l’excellence, la compétition des individus pour la visibilité et le guidage personnalisé des existences. Comprendre la logique des nouveaux algorithmes du web, c’est aussi donner aux lecteurs les moyens de reprendre du pouvoir dans la société des calculs.

A quoi rêvent les algorithmes : Nos vies à l’heure des big data

Sauver le monde de Michel Bauwens

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Pour la plupart des gens, le peer-to-peer évoque des réseaux où les utilisateurs peuvent échanger des documents. Michel Bauwens présente ici une vision bien plus large de ce concept qui est amené à s étendre à tous les aspects de la vie. En effet, pour la première fois dans l histoire, le peer-to-peer permet aux gens du monde entier de créer des choses ensemble une encyclopédie (Wikipédia), tout type d objet (avec les imprimantes 3D) ou bien de financer des projets (avec le crowdfunding).
Le modèle émergent du pair à pair veut contourner la logique de fausse abondance matérielle et de rareté artificielle de l immatériel. L auteur perçoit dans l enchevêtrement apparent de phénomènes nouveaux tels que l économie collaborative, l open source, le crowdsourcing, les Fablabs, les micro-usines, le mouvement des makers, l agriculture urbaine etc. , un modèle qui nous mène vers une société post-capitaliste, où le marché doit se soumettre à la logique des communs. L auteur dessine donc ici les énormes possibilités du nouveau système de pair à pair qui, loin de n être qu un nouveau mode de production, annonce en fait une révolution de la productivité qui va changer la société sur tous les plans …
Car c est bien le germe d un nouveau paradigme qui est en train de voir le jour au sein du capitalisme. Pour sauver le monde, une relocalisation de la production et un développement de la collaboration mondiale sur le plan des connaissances vont révolutionner notre façon de produire, de penser et de vivre ensemble.

Sauver le monde

Le révolutionnaire, l’expert et le geek de Gaspard Koening

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Un révolutionnaire sommeille en chaque Français, prêt hier comme aujourd’hui à briser les rentes et les privilèges. En même temps, un expert l’observe et le dirige, planifiant autoritairement la société. Et un geek lui tape sur l’épaule, l’entraînant dans le monde inconnu des nouvelles technologies, fourmillant de promesses et de menaces.
Ces trois influences parfois contradictoires nous font tourner la tête. Gaspard Koenig propose donc de les interpréter à la lumière d’une nouvelle philosophie politique, fondée sur l’autonomie individuelle. Car ce dont la France a besoin, ce n’est pas d’un énième diagnostic économique, mais de principes solides dont on pourra déduire des réformes radicales.
Revenons au modèle révolutionnaire, ce  » jacobinisme libéral  » incarné par le député du Tiers Etat Isaac Le Chapelier.
Rejetons la tentation planiste, léguée par le régime de Vichy et responsable encore aujourd’hui de tant d’injustice et d’exclusion.
Apprenons à maîtriser l’utopie numérique, en imaginant un nouvel humanisme qui réponde aux défis de la Silicon Valley et un Etat 2.0 qui nous redonne le contrôle de notre destin numérique.
Pays des libertés, la France meurt de servitude volontaire. Terminons, enfin, notre Révolution ! Et chacun deviendra son propre maître.

Le révolutionnaire, l’expert et le geek

La menace fantôme d’Emmanuel Durand

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La nouvelle économie a ses règles : voici le mode d’emploi;
David Barroux – Les Echos

Les postures monolithiques des entreprises ne sont plus tenables. Les dilemmes de l’innovation s’imposent aux industries : pour trouver sa place dans un paysage culturel mouvant, il faut réinventer sans cesse sa stratégie : l’hybridation en porte désormais le nom.
Jean-Marie Durand – Les inrockuptibles

La menace fantôme : Les industries culturelles face au numérique

L’être et l’écran de Stéphane Vial

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Les techniques ne sont pas seulement des outils, ce sont des structures de la perception. Elles condi-tionnent la manière dont le monde nous apparaît et dont les phénomènes nous sont donnés. Depuis près d’un demi-siècle, les technologies numériques nous apportent des perceptions d’un monde inconnu. Ces êtres qui émergent de nos écrans et de nos interfaces bouleversent l’idée que nous nous faisons de ce qui est réel et nous réapprennent à percevoir. Quel est l’être des êtres numériques ? Que devient notre être-dans-le-monde à l’heure des êtres numériques ? Le temps est venu d’analyser l’« ontophanie numé-rique » dans toute sa complexité. La prétendue différence entre le réel et le virtuel n’existe pas et n’a jamais existé. Nous vivons dans un environnement hybride, à la fois numérique et non numérique, en ligne et hors ligne, qu’il appartient aux designers de rendre habitable.

L’être et l’écran