L’éthique des hackers de Steven Levy

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Qui aurait cru qu’une poignée de hackers binoclards seraient à l’origine de la plus grande révolution du XXe siècle ? Le livre culte de Steven Levy, histoire vraie de l’équipe de geeks qui ont changé le monde.
Précision : un « hacker » n’ est pas un vulgaire « pirate informatique ». Un hacker est un « bricoleur de code ». Son truc : plonger dans les entrailles de la machine.
Bill Gates, Steve Jobs, Steve Wozniak, Mark Zuckerberg ont commencé leurs brillantes carrières comme hackers… La plupart ne paient pas de mine mais tous partagent une même philosophie, une idée simple et élégante comme la logique qui gouverne l’informatique : l’ouverture, le partage, le refus de l’autorité et la nécessité d’agir par soi-même, quoi qu’il en coûte, pour changer le monde. Ce sont eux qui ont oeuvré, dans l’obscurité, à la mise en marche de la révolution informatique.
Depuis les laboratoires d’intelligence artificielle du MIT dans les années 1950 jusqu’aux gamers des années 1980, en passant par toutes les chambres de bonne où de jeunes surdoués ont consacré leurs nuits blanches à l’informatique, Steven Levy les a presque tous rencontrés. Voici leur histoire.

La Silicolonisation du Monde d’Eric Sadin

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Présentation de l’éditeur
Berceau des technologies numériques (Google, Apple, Facebook, Uber, Netflix, etc.), la Silicon Valley incarne l’insolente réussite industrielle de notre époque. Cette terre des chercheurs d’or, devenue après-guerre le coeur du développement de l’appareil militaire et de l’informatique, est aujourd’hui le lieu d’une frénésie innovatrice qui entend redéfinir de part en part nos existences à des fins privées, tout en déclarant oeuvrer au bien de l’humanité.
Mais la Silicon Valley ne renvoie plus seulement à un territoire, c’est aussi et avant tout un esprit, en passe de coloniser le monde. Une colonisation d’un nouveau genre, portée par de nombreux missionnaires (industriels, universités, think tanks…), et par une classe politique qui encourage l’édification de valleys sur les cinq continents, sous la forme d’écosystèmes numériques et d’incubateurs de start-up.
Après avoir retracé un historique de la Silicon Valley, ce livre, à la langue précise et élégante, montre comment un capitalisme d’un nouveau type est en train de s instituer, un technolibéralisme qui, via les objets connectés et l’intelligence artificielle, entend tirer profit du moindre de nos gestes, inaugurant l’ère d’une « industrie de la vie ».
Au-delà d’un modèle économique, c’est un modèle civilisationnel qui s’instaure, fondé sur l’organisation algorithmique de la société, entraînant le dessaisissement de notre pouvoir de décision. C’est pour cela qu’il est urgent d’opposer à ce mouvement prétendument inexorable d autres modalités d existence, pleinement soucieuses du respect de l’intégrité et de la dignité humaines.

Biographie de l’auteur
Écrivain et philosophe, Éric Sadin est l’un des penseurs majeurs du numérique et de son impact sur nos vies et nos sociétés. Son dernier essai La Vie algorithmique. Critique de la raison numérique (L échappée, 2015) a rencontré un accueil enthousiaste de la part de la critique et du public.

La guerre des intelligences de Laurent Alexandre

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Présentation de l’éditeur
L’intelligence artificielle peut elle dépasser les humains, et comment l’éducation doit faire sa révolution.

Depuis la parution en 2011 de son premier essai La mort de la mort, comment la technomédecine va bouleverser l’humanité, Laurent Alexandre s’est révélé comme l’un des plus visionnaires analystes des révolutions technologiques.
Il s’attaque aujourd’hui à l’Intelligence artificielle (IA) et aux vertigineuses mutations qu’elle va déclencher dans nos modes de vie, et en particulier dans notre conception de l’éducation.
D’un côté, l’IA progresse bien plus vite que tous les pronostics avancés : la rapidité d’apprentissage de l’IA est multipliée par 100 chaque année. Il faut trente ans pour former un ingénieur ou un radiologue, quelques heures pour éduquer une IA !
De l’autre, une école qui n’a pas évolué depuis 250 ans qui forme aux métiers d’hier et qui n’a pas intégré le bouleversement inévitable que l’IA va provoquer sur le marché du travail. Comment faire pour que nos cerveaux biologiques résistent à l’IA et restent complémentaires ? Comment nos enfants pourront-ils rester compétitifs face à l’IA ? Comment l’éducation, non totalement darwinienne, trouvera-t-elle sa place à côté des cerveaux de silicium boostés par les moyens presque infinis des GAFA et autres géants américains et chinois ?
Quels scénarios l’Humanité devra-t-elle choisir ? Faut-il accepter le vertige transhumaniste qui nous « upgrade » biologiquement mais nous maintient Homme ? Fusionner avec l’IA en devenant des cyborgs ? Interdire ou limiter puissamment l’IA ?
C’est à cette réflexion fondamentale et passionnante que Laurent Alexandre nous invite.

Biographie de l’auteur
Laurent Alexandre est chirurgien diplômé d’HEC et de l’ENA. Créateur de plusieurs entreprises, il a revendu le site médical Doctissimo en 2008. Il est aujourd’hui à la tête de DNAVision, leader européen en génétique et génomique. Son essai, La mort de la mort a provoqué de nombreux débats dans les médias.

Surveillance:// : Les libertés au défi du numériques : comprendre et agir de Tristan Nitot

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Tous nos pas dans le cyberespace sont suivis, enregistrés, analysés, et nos profils se monnayent en permanence. Comment en est-on arrivé là ? Les évolutions techniques ont permis à plus de quatre milliards d’internautes de communiquer, de rechercher de l’information ou de se distraire. Dans le même temps, la concentration des acteurs et les intérêts commerciaux ont développé une industrie mondiale des traces. Les Etats se sont engouffrés dans cette logique et ont mis en oeuvre partout dans le monde des outils de surveillance de masse. Le livre de Tristan Nitot porte un regard lucide et analytique sur la situation de surveillance ; il nous offre également des moyens de reprendre le contrôle de notre vie numérique. Comprendre et agir sont les deux faces de cet ouvrage, qui le rendent indispensable à celles et ceux qui veulent défendre les libertés dans un monde numérique.

6/5 de Alexandre Laumonier

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Je ne porte pas de costume et les limousines ne m’impressionnent pas. Je ne dîne pas dans des restaurants quatre étoiles. Je ne porte pas de casquette avec le logo de mes employeurs car je n’ai ni tête ni visage, et depuis la crise économique mondiale de 2007 je n’ai cessé d’envahir les marchés financiers. Je travaille au 1700 MacArthur Boulevard, à Mahwah, une banlieue endormie du New Jersey située à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Wall Street. Mon bureau est grand comme sept stades de football américain, mais je n’en occupe pas la totalité : l’espace où je travaille ne fait que quelques centimètres carrés, loués tout spécialement à Mahwah par mes employeurs pour une somme que j’estime entre 10 000 et 25 000 dollars par mois. Comme certains étudiants je vis en colocation. Ceux qui partagent le réfrigérateur avec moi s’appellent Dagger, Sniffer, Guerrilla, Shark ou Razor, et tous sont autant de concurrents potentiels que je scrute attentivement à longueur de journée. Je travaille de 9h30 à 15h30, sans relâche et si vite que je prends des décisions en bien moins de temps qu’il n’en faut à un être humain pour cligner de l’oeil.

Sociétal 2016

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Le décryptage annuel des enjeux économiques et sociaux. « Nous sommes tous à la frontière » affirme d’emblée l’édition 2016 de Sociétal. A l’heure où la transformation numérique bouleverse les chaînes de valeur économiques, le travail, l’emploi, le droit et le dialogue social, l’éducation et la formation, avons-nous pris toute la mesure de ces mutations ? Comment nous adapter, individuellement et collectivement ? Sommes-nous lost in transition ? Ce numéro de Sociétal s’interroge sur les mutations du travail et de l’emploi à l’ère numérique, et leurs conséquences sociales. Car la grande transformation que nous vivons nous propulse dans l’âge des paradoxes : salarié et entrepreneur, individualiste et collaboratif, indépendant et subordonné, nomade et sédentaire… Et toujours : 4 parties thématiques pour décrypter les enjeux économiques et sociaux : politique économique et compétitivité, performance publique, dialogue social, travail et management, ainsi que l’agora de Sociétal. 30 analyses prospectives et multidisciplinaires sur les changements en cours et les défis auxquels les entreprises, les Etats et la société doivent répondre. 40 contributeurs-experts. Sociétal 2016, l’ouvrage de référence indispensable pour tous ceux qui veulent comprendre les mutations économiques et sociales de notre temps.

LoveStar de Andri Snaer Magnason

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« Peu de temps après que les mouches à miel eurent colonisé Chicago, les papillons monarques furent saisis d’un étrange comportement. […] Au lieu d’aller vers le sud rejoindre leurs quartiers d’hiver, ils se dirigèrent vers le nord. » C’est ainsi que s’ouvre le roman, fable imaginative et pourtant étrangement familière, tenant à la fois de Calvino et des Monty Python. Face à la soudaine déroute de toutes sortes d’espèces volantes, le génial LoveStar, vibrionnant et énigmatique fondateur de l’entreprise du même nom, invente un mode de transmission des données inspiré des ondes des oiseaux, libérant d’un coup l’humanité, pour son plus grand bonheur, de l’universelle emprise de l’électronique. Et développant au passage quelques applications aussi consuméristes que liberticides… Avec des hommes et des femmes ultra connectés payés pour brailler des publicités à des passants ciblés, le système ReGret, qui permet « d’apurer le passé », ou le rembobinage des enfants qui filent un mauvais coton. Autre innovation, et pas des moindres, en faveur du bonheur humain : les âmes soeurs sont désormais identifiées en toute objectivité par simple calcul de leurs ondes respectives. Quand Indriði et Sigríður, jeunes gens par trop naïfs et sûrs de leur amour, se retrouvent « calculés », ils tombent des nues : leur moitié est ailleurs. Les voilà partis, Roméo et Juliette postmodernes contrariés par la fatalité, pour une série de mésaventures cocasses et pathétiques, jusqu’à ce que leur route croise celle de LoveStar lui-même, en quête de son ultime invention…

LoveStar

Penser ou cliquer ? de Michel Blay

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De la biologie de synthèse aux  » nanotechnologies  » en passant par la liste sans fin des nouveaux capteurs, des gadgets électroniques et des artefacts de la robotique tendance post-humanisme, la technique rime avec innovation permanente. Cette effervescence donne l’impression d’une fuite en avant où chaque innovation en appelle une autre dans l’errance indéfinie et assujettie à des pouvoirs, des intérêts et des subjectivités. Michel Blay interroge cette irruption de la technique dans tous les pans de notre existence, et montre que cet emballement change notre relation au monde, aux autres, au temps et à l’espace. Un avenir technico-répressif semble s’imposer, alors même qu’il est en désaccord avec les exigences de l’environnement et de la liberté. Peut-on échapper à ce qui paraît inéluctable ? Et comment ? Il est essentiel, pour cela, de revenir sur l’histoire du rapport qui s’est institué à l’époque moderne et contemporaine, entre l’idée de nature et l’existence humaine.

Penser ou cliquer ? : Comment ne pas devenir des somnambules

L’âge du faire : Hacking, travail, anarchie de Michel Lallement

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Depuis dix ans, une vague déferle sur les Etats-Unis et gagne le reste du monde, rappelant les philosophies qui ont émergé au début des années 1960 et qui tentaient de s’éloigner des modes de production industrielle et de consommation. Equipés de machines industrielles comme des plus récents équipements informatiques, les hackers inventent un nouveau modèle d’activité : le faire (make). Michel Lallement revient sur les sources de ce mouvement en Europe, sur les conditions de son implantation en Californie et dans les grandes universités américaines de la côte est. Ce modèle en construction doit beaucoup à l’esprit qui anime les militants du logiciel libre, autrement dit à la volonté de créer et de partager en se défaisant des contraintes imposées par le marché, la rentabilité, le droit de propriété… Un nouvel âge du travail émerge, qui bouleverse les pratiques et reconfigure nos représentations. L’enquête se poursuit par une plongée dans les hackerspaces et autres laboratoires du faire où l’auteur a partagé la vie des membres, les a regardé inventer, bidouiller et s’organiser au quotidien dans des communautés frottées, pour certaines d’entre elles, aux principes de l’anarchisme. Aux membres de ces groupes il a demandé de raconter et expliquer leur vie, leurs choix, leurs idées décrivant un monde porteur d’innovations radicales mais où l’on n’évite pas les questions de l’intégration à la société, des risques de l’extension, des conflits internes. Michel Lallement esquisse, en conclusion, les rudiments d’une nouvelle grammaire du travail et du vivre ensemble.

L’âge du faire : Hacking, travail, anarchie

La vie algorithmique d’Eric Sadin

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Diaboliser les big data serait inutile et stupide. Cet essai informé et intelligent, foisonnant de faits et d’idées, propose une stratégie plus fine. Il demande si c’est ce monde que nous voulons. Il substitue, à la fausse évidence de l’inéluctable, un souci de lucidité et de responsabilité, autres noms de l’éthique et de la politique. Ce n’est pas un hasard que pareil tournant soit entamé par un écrivain – non par un chercheur de laboratoire. Les experts n’ont peut-être pas la même acuité. Orwell, en son temps, a mieux su dire le totalitarisme que les politologues. Quand il s’agit de mettre en lumière la logique d’une époque, l’avantage appartient sans doute aux auteurs ­hybrides – poètes qui pensent, philosophes sensibles, romanciers historiens. (Roger-Pol Droit – Le Monde du 2 avril 2015)

La vie algorithmique : Critique de la raison numérique