Archéologie de la violence de Pierre Clastres

By notaz / On / In Pensée non paresseuse, Sciences humaines

« Le meilleur ennemi de l’État, c’est la guerre. » Cet essai propose une réflexion novatrice sur la guerre. Pour Pierre Clastres, elle est une façon de repousser la fusion politique, et donc d’empêcher la menace d’une délégation de pouvoir menant aux dérives intrinsèquement liées à la trop grande taille d’une société. La guerre et l’institution étatique, posées dans une relation d’exclusion, chacune impliquant la négation de l’autre, se conditionnent donc mutuellement.

« Un livre essentiel sur la violence. » Général Robert Bassac, Défense

« Pierre Clastres a une position marginale, à l’écart du grand débat anthropologique de l’époque entre structuralisme et marxisme. » Marc Abélès, Sciences Humaines

Le fascisme islamique: Une analyse d’Hamed Abdel-Samad

By notaz / On / In Lus, Politique

L’intellectuel allemand d’origine égyptienne Hamed Abdel-Samad introduit sa réflexion sur les sources de l’islam politique par un rappel du contexte historique : l’islamisme des Frères Musulmans s’est développé en Egypte au même moment que le fascisme en Italie et le national-socialisme en Allemagne. Il ne s’agit pas d’une simple coïncidence chronologique. Selon l’analyse implacable de l’auteur, les principes fondateurs de l’islam politique et les étapes de son établissement dans la péninsule arabique prouvent que l’idéologie fascisante y est présente dès le premier jour. Le « fascislamisme » n’est pas une figure de style, mais une réalité historique. L’islamisme radical n’est pas la trahison ou la perversion récente d’une religion immaculée, mais la tare originelle de sa traduction dans le champ politique.
La foi musulmane individuelle est innocente, mais le pouvoir islamique est coupable.
Une contribution majeure – et provocante – au débat qui divise actuellement l’Occident.

Pirates au jour le jour de Jean-Pierre Moreau

By notaz / On / In Lus, Pensée non paresseuse, Politique

Entourés dès l’enfance par ces canailles de fiction que sont les capitaines Crochet, Flint, Rackham le Rouge ou Jack Sparrow, avons-nous encore quelque chose à apprendre sur les pirates, ceux de l’âge d’or, les capitaines Kidd, Barbe-Noire ou La Buse? Certes oui, car si l’on tente de dépasser la vision roman-tique et romancée héritée des écrivains et des cinéastes, la vie quotidienne des pirates reste floue. Que s’est-il donc vraiment passé à la fin du XVlle et au début du XVllle siècle sur les routes maritimes du globe, des Antilles à Terre-Neuve, de l’océan Indien aux côtes du Pacifique ? Pourquoi et comment quelques milliers de marins se révoltent-ils et mettent-ils en péril le commerce maritime ? Forment-ils une communauté autonome, avec ses codes, ses coutumes et ses idéaux? Comment partagent-ils leur butin, avant de le cacher (évidemment) sur une île déserte? Après un bref résumé historique, Jean-Pierre Moreau démêle le vrai du faux et restitue la vie, au jour le jour, des pirates. Abordant tant le rôle du capitaine, les escales, les combats, les tortures que leurs tatouages, leurs drapeaux, leurs habitudes alimentaires et leur vie sexuelle, l’auteur exhume de vieux grimoires le quotidien de ces forbans et livre le manuel du parfait pirate.

Le tempo de la pensée de Patrice Loraux

By notaz / On / In Lus, Philosophie

Le blocage, l’empêchement de penser, le détour, la panne se trouvent au coeur de la création : tous ces dysfonctionnements où la pensée « grippe » sont la pensée même. Kafka, Mallarmé, mais aussi Platon, Aristote, Kant, Husserl et Wittgenstein négocient avec leurs conflits. S’ils réussissent, il y a une oeuvre, sinon, elle demeure dans les limbes ­ ce qui est le cas pour une partie de l’oeuvre de Mallarmé. Chez le créateur, il existe une peur essentielle, celle de poursuivre. Plutôt recommencer que poursuivre : tel est le secret désir qui paralyse. Pour Rimbaud, c’est différent. Il va très vite, ne connaît pas d’obstacle, brûle toutes les étapes en feignant de ne pas voir les difficultés. Alors que les philosophes ne cessent d’avancer en un mouvement d’aller et de retour, chez Rimbaud, il n’y a pas de retour, ou alors il aurait été catastrophique. Troublée par l’énigme qu’elle est pour elle-même, la pensée n’existe pas sans affectivité : ce qui excite paralyse, mais, sans excitation, il n’y a pas de pensée. Ce qui suscite le désir d’écrire empêche d’écrire. Tout l’art consiste alors à négocier avec les résistances. En compagnie de Rilke, Proust, Valéry, Claudel et Beckett, l’auteur ­ qui a lu Freud ­ montre comment la raison se démène, étant entendu que la compréhension des choses n’est pas autonome. L’affectivité peut lui opposer un mur. Il faut alors consentir à un saut, à penser un pont, sans savoir quel sera le terrain inconnu découvert « en face ». Dans ce livre, en quête d’une musique secrète (le tempo dénote un rythme qui n’est pas défini de manière absolue), il y a un désir de se déprendre du lyrisme de la pensée. Plutôt qu’une oreille séduite, l’énergie d’un pas décidé.

Les créatifs culturels : l’émergence d’une nouvelle conscience de Ariane Vitalis

By notaz / On / In Lus, Politique, Sociologie

Alors que la société occidentale moderne arrive à bout de souffle, une véritable dynamique collective grandit dans la société civile. Partout dans le monde, des milliers d individus ont pris la ferme décision de ne plus soutenir un modèle capitaliste, compétitif et patriarcal en déclin.

Ils construisent leurs propres maisons passives, mangent bio et local, boycottent la grande distribution, expérimentent une démocratie participative, deviennent entrepreneurs sociaux, cultivent la terre, rejoignent des banques éthiques ; ils se questionnent sur le sens de leur vie et s imprègnent de différentes formes de spiritualités ; ils voyagent, innovent, réinventent le lien social et inspirent un nouvel élan de liberté et d émancipation, au niveau collectif et individuel.

Engagés et en quête de sens, les Créatifs Culturels sont les pionniers, à échelle mondiale, d un véritable changement de civilisation.

À travers une enquête de terrain et des références historiques et sociologiques majeures, Ariane Vitalis nous présente une vision globale et synthétique des grands enjeux planétaires, de ses différents acteurs d hier et d aujourd hui, en abordant des disciplines et thématiques extrêmement variées.
Le XXIe siècle s apprête à vivre des mutations sociétales, culturelles, environnementales et épistémologiques profondes et inédites.

L’étoile Absinthe de Jacques-Stephen Alexis

By notaz / On / In Lus, Roman

Bondissant sur ses jambes, l’Églantine va s’arc-bouter au grand mât et, aux lueurs fulgurantes, apparaît son visage diaboliquement radieux et ses grands yeux écarquillés. Les rires délirants de la mer et du ciel entourent sa joie vierge. » La Niña Estrellita, reine du Sensation Bar, héroïne sublime de l’Espace d’un cillement, a tourné le dos, sans roulement de hanches, à sa première vie, à son amour dévorant pour El Caucho. La revoilà Églantine, dans une pension à la quinzaine, en quête de rédemption. Célie, résidente des lieux, a du caractère et de belles perspectives : c’est dans le sel qu’il faut investir. Les deux associées de fortune affrètent un voilier, le Dieu-Premier, pour rejoindre la Grande-Saline. Mais c’est la tempête. Une tempête de tous les diables et de tous les dieux vaudous… Roman convulsif, secoué d’apocalypse, l’Étoile absinthe brûle d’une cohue d’images où les éléments, les sens, les visions, tout est exacerbé. Le voici tel qu’il nous est parvenu par miracle – inachevé : son auteur avait à faire ailleurs, dont il n’est pas revenu vivant. Il faut lire Jacques Stephen Alexis.

et à lire le post sur le blog les mots de la fin

Proust et le Calamar de Maryanne Wolf

By notaz / On / In Lus, Science

Afin de saisir les enjeux de la lecture, Maryanne Wolf fait dialoguer Proust et les neurosciences. Proust, dans son ouvrage Sur la lecture, décrit les mécanismes de la (re)construction d’un univers mental et du développement de l’imaginaire. Les études des neurosciences, quant à elles, font apparaître les mécanismes qui entrent en jeu dans le processus de la lecture et les connexions qui s’établissent dans le cerveau.

Selon Maryanne Wolf, les nouvelles technologies modifient notre façon de lire en modifiant ces usages.

Ce livre aux éditions Abeille & Castor est un outil indispensable à tout pédagogue, enseignant et chercheur, qui s’intéresse aux mécanismes de la lecture et aux modifications engendrées par les nouvelles technologies notamment.

Sapiens : Une brève histoire de l’humanité d’Yuval Noah Harari

By notaz / On / In Essais, Lus, Pensée non paresseuse

L homo Sapiens sera la vedette de la rentrée littéraire puisqu il s est imposé par sa capacité à fictionner, donc à créer des récits mythologiques, des dieux, des lois, du réseau…

Il y a 100 000 ans, la Terre était habitée par au moins six espèces différentes d hominidés. Une seule a survécu. Nous, les Homo Sapiens.
Comment notre espèce a-t-elle réussi à dominer la planète ? Pourquoi nos ancêtres ont-ils uni leurs forces pour créer villes et royaumes ? Comment en sommes-nous arrivés à créer les concepts de religion, de nation, de droits de l homme ? À dépendre de l argent, des livres et des lois ? À devenir esclaves de la bureaucratie, des horaires, de la consommation de masse ? Et à quoi ressemblera notre monde dans le millénaire à venir ?

Véritable phénomène d édition, traduit dans une trentaine de langues, Sapiens est un livre audacieux, érudit et provocateur. Professeur d Histoire à l Université hébraïque de Jérusalem, Yuval Noah Harari mêle l Histoire à la Science pour remettre en cause tout ce que nous pensions savoir sur l humanité : nos pensées, nos actes, notre héritage… et notre futur.

« Sapiens s est rapidement imposé partout dans le monde, parce qu il aborde les plus grandes questions de l histoire moderne dans une langue limpide et précise.»
Jared Diamond, prix Pulitzer, auteur d Effondrement

Nos mythologies économiques d’Eloi Laurent

By notaz / On / In Economie, Essais, Lus, Politique

Comme le montrent bien la « loi travail » et ses impératifs de « flexibilité » et de « compétitivité », plus que jamais, les mythologies économiques sont aujourd’hui au pouvoir. Raison de plus, à quelques mois de grandes échéances électorales, de poursuivre le travail de désintoxication économique du débat public. Cet ouvrage déconstruit quinze nouvelles mythologies, idées économiques reçues qui se donnent pour des vérités scientifiques mais ne sont que des préjugés idéologiques : « Nous vivons une révolution technologique sans précédent à laquelle il faut sans tarder adapter notre modèle social » ; « On ne peut pas changer les règles européennes, il faut s’y conformer » ; « La France est irréformable » ; « L’Occident s’abîme dans un déclin inéluctable » ; « On préfère les migrants aux pauvres » ; « L’écologie est punitive » ; « La transition énergétique est ruineuse ». La conviction profonde de ce livre : l’économie est une affaire trop sérieuse pour être laissée aux économistes !

Et si on prenait – enfin ! – les électeurs au sérieux de Jo Spiegel

By notaz / On / In Lus, Politique

Maire de Kingersheim (Haut-Rhin) Jo Spiegel refusa en 2014 la Légion d’honneur, pour dénoncer « une démocratie en panne ». En 2015, il a rendu sa carte du PS, devenu selon lui une « officine de conquête du pouvoir ». Comme beaucoup de Français, Jo Spiegel est un citoyen en colère, déçu par le manque de courage de la classe politique. D’autant qu’à son niveau, celui d’une ville située dans la banlieue de Mulhouse, il a prouvé depuis longtemps que l’on pouvait agir. Ancien athlète de haut niveau, c’est à force d’endurance et de volonté qu’il s’est fait le champion de la démocratie participative. Dans sa commune, il a soumis tous les projets à la concertation et au vote d’un panel d’habitants, instauré le tirage au sort, délocalisé le conseil municipal dans une Maison des citoyens, rencontré tous les foyers en porte-à-porte, créé un système d’alerte par SMS, etc. En 2014, il a été réélu au premier tour avec 60 % des voix. Dans ce livre d’entretiens, il raconte son parcours d’élu atypique, et fait sa part d’autocritique : il confie avoir connu le goût du pouvoir et reconnaît des défaites, comme le taux d’abstention ou le score du FN qu’il n’a pas su faire baisser. Enfin, Jo Spiegel confie dans ces pages étonnantes qu’il nourrit sa politique de lectures philosophiques (Hannah Arendt, Paul Ricœur) et d’une quête de spiritualité. Lui qui fait chaque année des retraites en monastère pour se ressourcer est un combattant acharné des dérives obscurantistes. Il appelle à redonner tout son sens à la belle expression, souvent galvaudée, de « vivre-ensemble ».