La Silicolonisation du Monde d’Eric Sadin

By notaz / On / In Digital_Livres

Présentation de l’éditeur
Berceau des technologies numériques (Google, Apple, Facebook, Uber, Netflix, etc.), la Silicon Valley incarne l’insolente réussite industrielle de notre époque. Cette terre des chercheurs d’or, devenue après-guerre le coeur du développement de l’appareil militaire et de l’informatique, est aujourd’hui le lieu d’une frénésie innovatrice qui entend redéfinir de part en part nos existences à des fins privées, tout en déclarant oeuvrer au bien de l’humanité.
Mais la Silicon Valley ne renvoie plus seulement à un territoire, c’est aussi et avant tout un esprit, en passe de coloniser le monde. Une colonisation d’un nouveau genre, portée par de nombreux missionnaires (industriels, universités, think tanks…), et par une classe politique qui encourage l’édification de valleys sur les cinq continents, sous la forme d’écosystèmes numériques et d’incubateurs de start-up.
Après avoir retracé un historique de la Silicon Valley, ce livre, à la langue précise et élégante, montre comment un capitalisme d’un nouveau type est en train de s instituer, un technolibéralisme qui, via les objets connectés et l’intelligence artificielle, entend tirer profit du moindre de nos gestes, inaugurant l’ère d’une « industrie de la vie ».
Au-delà d’un modèle économique, c’est un modèle civilisationnel qui s’instaure, fondé sur l’organisation algorithmique de la société, entraînant le dessaisissement de notre pouvoir de décision. C’est pour cela qu’il est urgent d’opposer à ce mouvement prétendument inexorable d autres modalités d existence, pleinement soucieuses du respect de l’intégrité et de la dignité humaines.

Biographie de l’auteur
Écrivain et philosophe, Éric Sadin est l’un des penseurs majeurs du numérique et de son impact sur nos vies et nos sociétés. Son dernier essai La Vie algorithmique. Critique de la raison numérique (L échappée, 2015) a rencontré un accueil enthousiaste de la part de la critique et du public.

La guerre des intelligences de Laurent Alexandre

By notaz / On / In Digital_Livres

Présentation de l’éditeur
L’intelligence artificielle peut elle dépasser les humains, et comment l’éducation doit faire sa révolution.

Depuis la parution en 2011 de son premier essai La mort de la mort, comment la technomédecine va bouleverser l’humanité, Laurent Alexandre s’est révélé comme l’un des plus visionnaires analystes des révolutions technologiques.
Il s’attaque aujourd’hui à l’Intelligence artificielle (IA) et aux vertigineuses mutations qu’elle va déclencher dans nos modes de vie, et en particulier dans notre conception de l’éducation.
D’un côté, l’IA progresse bien plus vite que tous les pronostics avancés : la rapidité d’apprentissage de l’IA est multipliée par 100 chaque année. Il faut trente ans pour former un ingénieur ou un radiologue, quelques heures pour éduquer une IA !
De l’autre, une école qui n’a pas évolué depuis 250 ans qui forme aux métiers d’hier et qui n’a pas intégré le bouleversement inévitable que l’IA va provoquer sur le marché du travail. Comment faire pour que nos cerveaux biologiques résistent à l’IA et restent complémentaires ? Comment nos enfants pourront-ils rester compétitifs face à l’IA ? Comment l’éducation, non totalement darwinienne, trouvera-t-elle sa place à côté des cerveaux de silicium boostés par les moyens presque infinis des GAFA et autres géants américains et chinois ?
Quels scénarios l’Humanité devra-t-elle choisir ? Faut-il accepter le vertige transhumaniste qui nous « upgrade » biologiquement mais nous maintient Homme ? Fusionner avec l’IA en devenant des cyborgs ? Interdire ou limiter puissamment l’IA ?
C’est à cette réflexion fondamentale et passionnante que Laurent Alexandre nous invite.

Biographie de l’auteur
Laurent Alexandre est chirurgien diplômé d’HEC et de l’ENA. Créateur de plusieurs entreprises, il a revendu le site médical Doctissimo en 2008. Il est aujourd’hui à la tête de DNAVision, leader européen en génétique et génomique. Son essai, La mort de la mort a provoqué de nombreux débats dans les médias.

Comprendre le malheur français de Marcel Gauchet

By notaz / On / In Lus, Politique

Il y a un malheur français, bien spécifique à ce pays : pourquoi sommes-nous les champions du monde du pessimisme et du mécontentement de nous-mêmes ? Pourquoi vivons-nous notre situation, notre place dans l’Europe et le monde, comme un malheur incomparable ?
Marcel Gauchet aborde ce problème d’une façon originale, en procédant d’abord à un vaste examen historique, qui le conduit aux xviie-xviiie siècles, jusqu’à la période immédiatement contemporaine. Au passage, l’auteur analyse en profondeur le règne de De Gaulle et celui de Mitterrand, l’un et l’autre matriciels pour comprendre notre présent.
Puis Marcel Gauchet s’attaque aux ressorts de la société française d’aujourd’hui, dont il dissèque les maux : pourquoi la mondialisation et l’insertion dans l’ensemble européen sont-ils ressentis en France avec une particulière inquiétude ? Pourquoi le divorce entre les élites et le peuple prend-il chez nous ce tour dramatique ? Quelle responsabilité incombe aux dirigeants dans la montée de ce qu’on appelle, sans y réfléchir, « populisme » ? Quel rôle joue, dans le marasme français, le néo-libéralisme auquel Mitterrand a converti la France sans le dire ?
Enfin, l’auteur montre que nous sommes aujourd’hui au plein coeur d’une période d’idéologie, d’autant plus pernicieuse qu’elle n’est jamais repérée pour ce qu’elle est, mais toujours confondue avec le cours obligatoire des choses : il s’agit de l’idéologie néo-libérale, qui va de pair avec la dépolitisation de nos sociétés.

La télévision, un danger pour la démocratie de Karl Popper et John Condry

By notaz / On / In Essais, Lus, Philosophie

La télévision, dont l’influence peut être terriblement nocive, pourrait être, au contraire, un formidable outil d’éducation. Elle pourrait l’être, mais il est assez peu probable qu’elle le devienne, car en faire un instance culturelle bénéfique représente une tâche particulièrement ardue. Difficile de trouver des personnes capables de produire chaque jour pendant vingt heures consécutives des émissions de valeur ; facile de trouver des personnes capables de produire chaque jour vingt heures d’émissions médiocres… De plus, plus les chaînes sont nombreuses plus il est difficile de trouver des professionnels vraiment capables de produire des émissions à la fois attrayantes et de bonnes qualités.
[…]
par Charles Girard. Janvier 2003.

Archéologie de la violence de Pierre Clastres

By notaz / On / In Pensée non paresseuse, Sciences humaines

« Le meilleur ennemi de l’État, c’est la guerre. » Cet essai propose une réflexion novatrice sur la guerre. Pour Pierre Clastres, elle est une façon de repousser la fusion politique, et donc d’empêcher la menace d’une délégation de pouvoir menant aux dérives intrinsèquement liées à la trop grande taille d’une société. La guerre et l’institution étatique, posées dans une relation d’exclusion, chacune impliquant la négation de l’autre, se conditionnent donc mutuellement.

« Un livre essentiel sur la violence. » Général Robert Bassac, Défense

« Pierre Clastres a une position marginale, à l’écart du grand débat anthropologique de l’époque entre structuralisme et marxisme. » Marc Abélès, Sciences Humaines

Le fascisme islamique: Une analyse d’Hamed Abdel-Samad

By notaz / On / In Lus, Politique

L’intellectuel allemand d’origine égyptienne Hamed Abdel-Samad introduit sa réflexion sur les sources de l’islam politique par un rappel du contexte historique : l’islamisme des Frères Musulmans s’est développé en Egypte au même moment que le fascisme en Italie et le national-socialisme en Allemagne. Il ne s’agit pas d’une simple coïncidence chronologique. Selon l’analyse implacable de l’auteur, les principes fondateurs de l’islam politique et les étapes de son établissement dans la péninsule arabique prouvent que l’idéologie fascisante y est présente dès le premier jour. Le « fascislamisme » n’est pas une figure de style, mais une réalité historique. L’islamisme radical n’est pas la trahison ou la perversion récente d’une religion immaculée, mais la tare originelle de sa traduction dans le champ politique.
La foi musulmane individuelle est innocente, mais le pouvoir islamique est coupable.
Une contribution majeure – et provocante – au débat qui divise actuellement l’Occident.

Pirates au jour le jour de Jean-Pierre Moreau

By notaz / On / In Lus, Pensée non paresseuse, Politique

Entourés dès l’enfance par ces canailles de fiction que sont les capitaines Crochet, Flint, Rackham le Rouge ou Jack Sparrow, avons-nous encore quelque chose à apprendre sur les pirates, ceux de l’âge d’or, les capitaines Kidd, Barbe-Noire ou La Buse? Certes oui, car si l’on tente de dépasser la vision roman-tique et romancée héritée des écrivains et des cinéastes, la vie quotidienne des pirates reste floue. Que s’est-il donc vraiment passé à la fin du XVlle et au début du XVllle siècle sur les routes maritimes du globe, des Antilles à Terre-Neuve, de l’océan Indien aux côtes du Pacifique ? Pourquoi et comment quelques milliers de marins se révoltent-ils et mettent-ils en péril le commerce maritime ? Forment-ils une communauté autonome, avec ses codes, ses coutumes et ses idéaux? Comment partagent-ils leur butin, avant de le cacher (évidemment) sur une île déserte? Après un bref résumé historique, Jean-Pierre Moreau démêle le vrai du faux et restitue la vie, au jour le jour, des pirates. Abordant tant le rôle du capitaine, les escales, les combats, les tortures que leurs tatouages, leurs drapeaux, leurs habitudes alimentaires et leur vie sexuelle, l’auteur exhume de vieux grimoires le quotidien de ces forbans et livre le manuel du parfait pirate.

Le tempo de la pensée de Patrice Loraux

By notaz / On / In Lus, Philosophie

Le blocage, l’empêchement de penser, le détour, la panne se trouvent au coeur de la création : tous ces dysfonctionnements où la pensée « grippe » sont la pensée même. Kafka, Mallarmé, mais aussi Platon, Aristote, Kant, Husserl et Wittgenstein négocient avec leurs conflits. S’ils réussissent, il y a une oeuvre, sinon, elle demeure dans les limbes ­ ce qui est le cas pour une partie de l’oeuvre de Mallarmé. Chez le créateur, il existe une peur essentielle, celle de poursuivre. Plutôt recommencer que poursuivre : tel est le secret désir qui paralyse. Pour Rimbaud, c’est différent. Il va très vite, ne connaît pas d’obstacle, brûle toutes les étapes en feignant de ne pas voir les difficultés. Alors que les philosophes ne cessent d’avancer en un mouvement d’aller et de retour, chez Rimbaud, il n’y a pas de retour, ou alors il aurait été catastrophique. Troublée par l’énigme qu’elle est pour elle-même, la pensée n’existe pas sans affectivité : ce qui excite paralyse, mais, sans excitation, il n’y a pas de pensée. Ce qui suscite le désir d’écrire empêche d’écrire. Tout l’art consiste alors à négocier avec les résistances. En compagnie de Rilke, Proust, Valéry, Claudel et Beckett, l’auteur ­ qui a lu Freud ­ montre comment la raison se démène, étant entendu que la compréhension des choses n’est pas autonome. L’affectivité peut lui opposer un mur. Il faut alors consentir à un saut, à penser un pont, sans savoir quel sera le terrain inconnu découvert « en face ». Dans ce livre, en quête d’une musique secrète (le tempo dénote un rythme qui n’est pas défini de manière absolue), il y a un désir de se déprendre du lyrisme de la pensée. Plutôt qu’une oreille séduite, l’énergie d’un pas décidé.

Les créatifs culturels : l’émergence d’une nouvelle conscience de Ariane Vitalis

By notaz / On / In Lus, Politique, Sociologie

Alors que la société occidentale moderne arrive à bout de souffle, une véritable dynamique collective grandit dans la société civile. Partout dans le monde, des milliers d individus ont pris la ferme décision de ne plus soutenir un modèle capitaliste, compétitif et patriarcal en déclin.

Ils construisent leurs propres maisons passives, mangent bio et local, boycottent la grande distribution, expérimentent une démocratie participative, deviennent entrepreneurs sociaux, cultivent la terre, rejoignent des banques éthiques ; ils se questionnent sur le sens de leur vie et s imprègnent de différentes formes de spiritualités ; ils voyagent, innovent, réinventent le lien social et inspirent un nouvel élan de liberté et d émancipation, au niveau collectif et individuel.

Engagés et en quête de sens, les Créatifs Culturels sont les pionniers, à échelle mondiale, d un véritable changement de civilisation.

À travers une enquête de terrain et des références historiques et sociologiques majeures, Ariane Vitalis nous présente une vision globale et synthétique des grands enjeux planétaires, de ses différents acteurs d hier et d aujourd hui, en abordant des disciplines et thématiques extrêmement variées.
Le XXIe siècle s apprête à vivre des mutations sociétales, culturelles, environnementales et épistémologiques profondes et inédites.

L’étoile Absinthe de Jacques-Stephen Alexis

By notaz / On / In Lus, Roman

Bondissant sur ses jambes, l’Églantine va s’arc-bouter au grand mât et, aux lueurs fulgurantes, apparaît son visage diaboliquement radieux et ses grands yeux écarquillés. Les rires délirants de la mer et du ciel entourent sa joie vierge. » La Niña Estrellita, reine du Sensation Bar, héroïne sublime de l’Espace d’un cillement, a tourné le dos, sans roulement de hanches, à sa première vie, à son amour dévorant pour El Caucho. La revoilà Églantine, dans une pension à la quinzaine, en quête de rédemption. Célie, résidente des lieux, a du caractère et de belles perspectives : c’est dans le sel qu’il faut investir. Les deux associées de fortune affrètent un voilier, le Dieu-Premier, pour rejoindre la Grande-Saline. Mais c’est la tempête. Une tempête de tous les diables et de tous les dieux vaudous… Roman convulsif, secoué d’apocalypse, l’Étoile absinthe brûle d’une cohue d’images où les éléments, les sens, les visions, tout est exacerbé. Le voici tel qu’il nous est parvenu par miracle – inachevé : son auteur avait à faire ailleurs, dont il n’est pas revenu vivant. Il faut lire Jacques Stephen Alexis.

et à lire le post sur le blog les mots de la fin