Zéro de Marc Elsberg

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Londres, de nos jours. Un adolescent est abattu lors d’une course-poursuite. Ce drame conduit Cynthia Bonsant, journaliste au Daily, à enquêter sur les agissements de Freemee, société high-tech américaine spécialisée dans la collecte et l’analyse des données qui promet à ses dizaines de millions d’utilisateurs une vie meilleure grâce à ses applis. Mais dans un monde où réseaux sociaux, sites de e-commerce, caméras de sécurité et objets connectés sont les meilleurs alliés de la surveillance globale, le chemin qui mène à la vérité va se révéler aussi ardu que dangereux.

Cet ingénieur informatique a quitté Google après avoir été leur « philosophe produit ». Là-bas, il a réfléchi à des téléphones plus éthiques, qui ne nous feraient plus perdre de temps, en vain. Aujourd’hui, il veut déclencher une prise de conscience.

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L’Ecole Professionnelle Supérieure d’Arts Graphiques de la ville de Paris (EPSAA), en accord avec sa tutelle, a décidé en 2015 de se doter d’une formation en ligne ouverte à tous, ou Massive Open Online Course (MOOC), en sollicitant les compétences et en exploitant les ressources dédiées à l’enseignement des médias digitaux dont bénéficient déjà ses étudiants pour les étendre à un plus large public. Ainsi le MOOC de l’EPSAA Ville de Paris est destiné à un public en recherche de formation initiale comme à un large réseau de professionnels et bien entendu ouvert à tous.

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10 raisons de préférer digital à numérique

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Ceux qui suivent le blog, mais aussi mes aventures dans les humanités digitales savent que j’ai fait le choix de privilégier l’adjectif digital à numérique depuis quelques années. Le titre de l’ouvrage chez Fyp marquant délibérément ce choix sans pour autant revenir en détail sur cette position puisque le but était différent et qu’il s’agissait de montrer plusieurs points de vue, méthodes et concrétisations.

J’avais alors exposé ce choix ici dans un billet sur les humanités digitales et j’ai prolongé cette réflexion dans plusieurs articles de recherche notamment celui sur l’histoire longue des humanités digitales.

Je tente donc de rassembler tous les arguments pour dans ce nouveau billet pour un plus large public, tant on remarque la montée en puissance du mot digital notamment dans les sphères du marketing. À noter aussi que ce choix est depuis longtemps celui de Bordeaux et sa région notamment avec la semaine digitale. J’y serai d’ailleurs présent avec mes étudiants du DUT Infonum de Bordeaux.

Voici les 10 raisons principales que j’expose ici brièvement.

– Ce n’est pas un anglicisme, mais un latinisme. Contrairement à l’argument comme quoi digital serait une mauvaise transposition de l’anglais, il faut rappeler que le mot est bien initialement d’origine latine. Certes en français, il est souvent adjectivé sous sa référence aux doigts, mais il n’est donc pas totalement un anglicisme pour autant.
– De plus numeric existe en anglais… et justement se rapporte au nombre, à ce qui peut être calculé et dénombré. Par conséquent, si la langue anglaise a privilégié digital à numeric, c’est que sa portée est bien plus importante que cette mise en calcul.
– Cela réintroduit le doigt (n’y voir aucun mauvais jeu de mot !) et donc le corps. L’avantage est donc qu’on sort des logiques d’opposition entre réel et virtuel, entre une pensée ou une information qui serait l’essence des nouvelles interfaces et un corps qui serait d’importance moindre. On ne retrouve donc pas cette opposition entre le corps et l’esprit, mais au contraire une forme de symbiose proche du concept d’énaction.
– On comptait d’abord sur ses doigts (le digit)… Le corps est aussi un instrument et les doigts sont des moyens de pouvoir compter. Par conséquent, l’argument qui affirme que numérique est plus intéressant, car il retraduit mieux les logiques de calcul permises par l’informatique négligent le fait que digital prend également en compte cet aspect, si ce n’est qu’une nouvelle fois il rappelle de façon efficace l’historicité du phénomène.
– Cela prend mieux en compte les espaces tactiles qui se sont développés ces dernières années avec nos smartphones et tablettes, et les futures interfaces en construction. Digital permet de mieux exprimer le sens du toucher et d’autres sensibilités. Toutefois, il ne s’agit pour autant de rester dans l’imaginaire du monde des petites poucettes de Michel Serres.
– Finalement, les empreintes digitales ont évolué en étant initialement des prises d’empreintes pour la constitution de fichiers, notamment ceux de la police pour glisser dans la question de la présence en ligne et de la production des traces et des métadonnées que réalisent plus ou moins consciemment les internautes. On retrouve donc une tension intéressante qui montre la complexité du terme et le fait que digital s’inscrit dans une histoire passionnante…
– Cela replace la question dans une histoire longue : celle de l’indexation. L’indexation a deux visages. D’un côté, celui d’une volonté d’améliorer l’organisation des connaissances et de l’information avec des outils dédiés dont font partie les fameux index. De l’autre, ces méthodes ont permis la constitution de fichiers de surveillance, d’index de livres interdits. Cette histoire est aussi celle d’une dégradation et de changements de doigts : entre l’index qui désigne ce qui est important ou ce qui devrait être interdit, nous sommes en train de glisser sur la logique du pouce et donc du like. J’ai consacré plusieurs travaux à cette question dont notamment un ouvrage (Du tag au like)
– L’hypertexte est digital. L’histoire de l’hypertexte est bien plus riche et plus longue qu’on ne le croit. Elle précède de beaucoup l’informatique, comme tout ce qui se rapporte au digital finalement. Le symbole de l’hypertexte est en fait initialement une manicule, ce symbole qui désignait le passage à lire dans les manuscrits et qu’on retrouve aussi dans quelques imprimés. Une de mes étudiantes vient d’écrire un article à ce sujet.
– Numérique entretient une confusion avec informatique, si bien que certains acteurs de l’informatique se sentent légitimes pour la totalité des questions qui tournent autour des usages et des pratiques. Au final, tout le volet de formation risque de se résumer à une formation au code. Pourtant, les enjeux sont multidisciplinaires et méritent de plus amples enseignements.
– Le digital est un pharmakon comme la digitale, cette plante qui fournit un cardiotonique, qui peut être en excès un poison comme le savent tous les lecteurs d’Agatha Christie. Le pharmakon, tantôt potion, tantôt poison, renvoie à la position des objets techniques dans nos cultures qui sont parfois jugés moins légitimes que d’autres aspects culturels. Ce pharmakon est aussi le bouc émissaire, le coupable désigné par les médias et les politiques parfois. Mais il est vrai qu’au discours technophobe s’oppose le discours technophile, qui voit dans la technique la panacée. On comprend de ce fait, que digital retraduit mieux ses tensions et oppositions et le besoin de trouver une position mesurée…Ce moment où la question du digital ne se posera plus.

source :  Olivier Le Deuff