le siège de la Mecque

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Avec certains de ses témoins clés, retour sur l’insurrection occultée qui a ciblé en 1979 la Grande Mosquée de La Mecque et sur sa répression sanglante, menée avec le soutien secret de la France. Dirk van den Berg livre un exceptionnel récit de l’intérieur, tirant un à un les fils historiques, politiques et géostratégiques de cet événement spectaculaire et oublié.

Le 20 novembre 1979, à l’aube, un commando de plusieurs centaines d’hommes lourdement armés, accompagnés de femmes et d’enfants, prend possession de la Grande Mosquée de La Mecque et transforme le sanctuaire le plus sacré de l’islam en une forteresse. À sa tête, un Saoudien, Juhayman al-Otaibi, prédicateur issu d’une tribu bédouine marginalisée, qui exige l’abdication de la famille royale, l’expulsion de tous les étrangers impies et le retour du pays à un islam pur. Des milliers de pèlerins prennent la fuite, mais plusieurs centaines d’autres sont piégés à l’intérieur, durant un siège qui va durer quinze jours. La famille régnante commence par imposer un secret absolu puis, la situation s’éternisant, en appelle à ses alliés occidentaux. C’est finalement le GIGN français qui aidera en secret l’armée saoudienne à combattre les insurgés, notamment en lui fournissant plus de 300 kilos de gaz lacrymogène. Au total, le bilan des combats au sein de la Grande Mosquée s’élèverait à des milliers de morts, même si le régime saoudien en reconnaît moins de trois cents. Après l’exécution sans procès des rebelles, il va s’efforcer de faire oublier au pays et au reste du monde cet épisode sanglant, tout en intensifiant la répression de toute forme d’opposition.

Récit de l’intérieur
L’ex-chef des services secrets saoudiens Turki al-Fayçal, membre de la famille royale, le journaliste Khaled al-Maeena, le fils du général qui a dirigé l’assaut des forces saoudiennes (lequel offre au réalisateur les vidéos des combats qu’il cherchait depuis cinq ans), d’anciens frères d’armes de Juhayman, un très influent prédicateur djihadiste basé en Jordanie, Abou Mohammad al-Maqdisi, l’ancien attaché militaire américain à Djedda, Mark Hambley, les ex-GIGN Christian Prouteau et Paul Barril, les chercheurs Madawi al-Rasheed et Pascal Ménoret… : grâce à ces témoins et à leurs archives personnelles, Dirk van den Berg livre un exceptionnel récit de l’intérieur, tirant un à un les fils historiques, politiques et géostratégiques de cet événement spectaculaire et oublié. Il révèle ainsi un pan d’une réalité complexe, celle d’un pays fermé d’ordinaire aux regards extérieurs.

Réalisation : Dirk van den Berg
Pays : France
Année : 2018

Expérimenter la démocratie participative au niveau local

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Maire de Kingersheim, Jo Spiegel a eu envie de gouverner la commune « non seulement pour les citoyens mais avec les citoyens« .
Il explique : « Je pense qu’on est passé maitre dans la conquête du pouvoir mais nous restons des analphabètes lorsqu’il s’agit de le partager. »
Jo Spiegel conclut : « Si on a pas cette utopie que c’est ici et maintenant que dans nos communes que les choses vont changer, qui va le changer ? »

Rude semaine pour les libertés

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L’euphorie footballistique de ces derniers jours a un peu masqué trois agressions contre les libertés publiques : le « délit de solidarité », le vote de la loi « fake news » et la saisie de la dotation du Rassemblement national. Cette dernière, probablement la plus grave a été rendue possible par une manœuvre déroutante et particulièrement inquiétante…

Lire la suite de l’article de Régis de Castelnau

La Société hyper-industrielle de Pierre Veltz

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La sortie du monde façonné par l’industrie de masse du xxe siècle ébranle toute la société française. Quel sera le nouveau monde de la globalisation et de la révolution numérique ? Prenant le contrepied des analyses les plus répandues – désindustrialisation, passage à une société de services –, Pierre Veltz décrit une situation où les services, l’industrie et le numérique convergent vers une configuration inédite : le capitalisme  » hyper-industriel « . Cette convergence se déploie à l’échelle mondiale, faisant émerger une nouvelle économie, mais aussi une nouvelle géographie. Un grand partage se dessine, entre un archipel de pôles ultra-connectés et des mondes périphériques résiduels. Grâce à l’intensité de la redistribution, l’Europe et la France échappent pour l’instant aux formes les plus brutales de cette dislocation. C’est un atout immense qu’il faut préserver et consolider.