Zone Temporaire Noétique

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Auteur/autrice : notaz

Abondance et liberté de Pierre Charbonnier

Une histoire environnementale des idées politiques

Sous la forme d’une magistrale enquête philosophique et historique, ce livre propose une histoire inédite : une histoire environnementale des idées politiques modernes. Il n’ambitionne donc pas de chercher dans ces dernières les germes de la pensée écologique (comme d’autres l’ont fait), mais bien de montrer comment toutes, qu’elles se revendiquent ou non de l’idéal écologiste, sont informées par une certaine conception du rapport à la terre et à l’environnement.
Il se trouve que les principales catégories politiques de la modernité se sont fondées sur l’idée d’une amélioration de la nature, d’une victoire décisive sur ses avarices et d’une illimitation de l’accès aux ressources terrestres. Ainsi la société politique d’individus libres, égaux et prospères voulue par les Modernes s’est-elle pensée, notamment avec l’essor de l’industrie assimilé au progrès, comme affranchie vis-à-vis des pesanteurs du monde.
Or ce pacte entre démocratie et croissance est aujourd’hui remis en question par le changement climatique et le bouleversement des équilibres écologiques. Il nous revient donc de donner un nouvel horizon à l’idéal d’émancipation politique, étant entendu que celui-ci ne peut plus reposer sur les promesses d’extension infinie du capitalisme industriel.
Pour y parvenir, l’écologie doit hériter du socialisme du XIXe siècle la capacité qu’il a eue de réagir au grand choc géo-écologique de l’industrialisation. Mais elle doit redéployer l’impératif de protection de la société dans une nouvelle direction, qui prenne acte de la solidarité des groupes sociaux avec leurs milieux dans un monde transformé par le changement climatique.

Le temps qui fait à Middenshot d’Edgar Mittelholzer

À Middenshot, quand le vent cesse enfin de hurler, c’est le tumulte intérieur qui prend le relai. Depuis son accident, quelque chose s’est brisé en Mr. Jarrow. Sa femme aimante et bien vivante, il s’est convaincu qu’elle était morte, alors il ne s’adresse à elle que lors de séances de spiritisme. Sa fille, en passe de devenir vieille fille, supporte toutes ses manies en se berçant d’illusions sur les intentions de son voisin : Mr. Holme. Et ce monde déjà bancal est menacé : un tueur fou rode à Middenshot. Pour lui échapper, il faudra aux personnages s’aventurer au-delà du bien et du mal.

Roman dément, Le temps qu’il fait à Middenshot est une comédie noire terrifiante. Enveloppé par le vent, le brouillard et la neige, le lecteur pétrifié et amusé se délecte d’un récit tout en tension posant une redoutable question : quel est notre rapport à la violence?

Né en Guyane britannique, l’actuelle Guyana, Edgar Mittelholzer (1909-1965) est un auteur métis. Découvert, après des années d’infortune, par Leonard Woolf, le mari de Virginia, Edgar Mittelholzer est le premier écrivain caribéen à avoir connu un succès en Europe. Mais rien n’apaise la haine de soi de celui qui se sent rejeté pour sa couleur de peau. De controverses en dépressions et face aux, déjà, prégnantes questions identitaires, il finit par se suicider en 1965.

La diagonale de la joie de Corine Sombrun

« Les esprits t’enseigneront », lui avait dit la chamane Enkhetuya au temps de son initiation en Mongolie au début des années 2000. Au cours des deux décennies qui ont suivi l’expérience chamanique s’est muée hors de l’écosystème traditionnel tsaatan en un extraordinaire voyage au cœur de la transe et de son expérimentation scientifique.Se prêtant à toutes les investigations de l’imagerie cérébrale, impliquant tous les domaines de la recherche en neurosciences mais aussi appliquant la transe à la création artistique et poursuivant ses contacts avec les sociétés traditionnelles qui perpétuent une vision holiste du monde, Corine Sombrun n’a de cesse d’élargir le champ perceptif de la connaissance.« Ecrire, c’est aller dans ce périmètre où on n’est plus personne », écrivait Marguerite Duras. La transe et son induction par la seule volonté permet d’atteindre ce lieu du possible et de la joie qui peut reconfigurer toute vie. Le potentiel thérapeutique qui en découle est immense et les implications philosophiques dans la connaissance de soi et le rapport au vivant y sont des pistes aussi précieuses que stimulantes.


De « Journal d’une apprentie chamane » en 2002 aux « Esprits de la steppe » en 2012 , Corine Sombrun a publié tous ses ouvrages aux éditions Albin Michel. Elle a créé en 2019 le Trance Science Research Institute avec une équipe internationale de chercheurs. « Mon initiation chez les chamanes » (2004) a été adapté au cinéma sous le titre « Un monde plus grand ».

Les ombres de Wojciech Chmielarz

 » Les années passent, mais la police polonaise ne change pas. Elle est toujours comme les trois singes. « 

Dans ce dernier volet des aventures de l’inspecteur Mortka, le Kub règlera enfin ses comptes avec l’ombre maléfique qui plane sur Varsovie, le boss Borzestowski. Et pour ce faire, il devra faire le ménage parmi quelques collègues ripoux…
Récemment, le cadavre d’un gangster disparu dans des circonstances mystérieuses six ans plus tôt a été retrouvé par l’inspecteur Kochan, ex-partenaire d’enquêtes de Jacub Mortka, dit le Kub.
Quelques jours plus tard, la femme et la fille du gangster sont retrouvées mortes, abattues avec l’arme de Kochan. Flic et mari violent, ce dernier ne trouve pas grand monde pour le défendre et décide de se planquer. Il appelle tout de même Mortka, qui ne croit pas à la culpabilité de son collègue et va donc s’efforcer de trouver la vérité en travaillant discrètement. Pendant ce temps, la Sèche, la jeune adjointe du Kub, découvre sur une clé USB la vidéo du viol collectif d’un jeune garçon où figurent des politiciens de haut rang.
Si elle révèle ce film à sa hiérarchie, elle sait que l’affaire sera étouffée, vu la stature des hommes impliqués. Mortka et la Sèche décident de s’entraider – ils ne savent pas encore que leurs enquêtes sont liées et qu’ils feront face à la mort en essayant de résoudre ces crimes. Et au centre de tout, il y a Borzsestowski, le grand requin du crime organisé à Varsovie…

Prix du meilleur polar de l’année en Pologne.

Lucas Chancel et Bezos

En 10 minutes, Bezos et ses trois clients vont émettre chacun 75 tonnes de CO2. 10 minutes. Sur terre il y a un milliard de personnes qui n’atteignent pas ces niveaux d’émissions sur une vie entière.

Sources: https://theguardian.com/science/2021/jul/19/billionaires-space-tourism-environment-emissions… et https://hup.harvard.edu/catalog.php?isbn=9780674984653

Ajoutons que le chiffre avancé par le Guardian (300 tonnes de CO2 par lancement) est probablement bien en dessous de la réalité, pour un vol sur SpaceX comme sur BlueOrigin, dès lors que l’on s’intéresse aux émissions indirectes des 10 minutes de vol, c’est à dire aux émissions de CO2 générées pour produire l’H2 et l’O2 liquides (BlueOrigin), construire & réparer les lanceurs, acheminer le matériel & les équipes techniques, effectuer des lancements/tests de sécurité, etc.

Source : https://twitter.com/lucas_chancel/status/1417402557320814619

Le coup d’état d’urgence d’Arié Alimi

Printemps 2020. Pour faire face au Covid-19, le premier état d’urgence sanitaire de l’histoire de France est instauré, s’inspirant de l’état d’urgence décrété pendant la guerre d’Algérie. Du jour au lendemain, l’intégralité de la population française se retrouve assignée à résidence, privée de sa liberté d’aller et de venir, de son droit à la vie privée et, selon les cas, de son droit au travail ou à la liberté d’entreprendre.

Parallèlement, un mécanisme de surveillance généralisée est mis en place, avec quadrillage policier du territoire et usage de drones. Désormais, chaque citoyen est considéré comme un danger potentiel. Il n’est plus un sujet de droit mais un « sujet virus ».

Alors que l’état d’exception contamine peu à peu le droit commun à la manière d’une tache d’huile, les catégories de personnes et les champs touchés par les réductions de libertés ne cessent de s’étendre. Quelles conséquences, dans ces conditions, pour les libertés publiques ? Quels contre-pouvoirs mobiliser face à l’arbitraire de l’exécutif ? Faut-il apprendre à vivre avec ce nouveau paradigme, ou, position défendue par l’auteur, ne pas s’y résigner ?

L’expertise d’Arié Alimi est précieuse et permet de poser un regard sans concession sur la question des libertés publiques et des dérives policières, au cœur de l’actualité. Face à ce « coup d’état d’urgence », il est encore temps de réagir.

Arié Alimi est un avocat pénaliste. Il défend de nombreuses victimes de violences policières et est membre de la Ligue des droits de l’Homme.

Conférence débat « Quels risques pour quels bénéfices en santé, l’exemple de la vaccination »

24 min 24s.

Le discours est un peu ambigu et je voudrais le rectifier. Je n’utilise pas le mot d’immunité collective, c’est un contre-sens. Protection collective, cela concerne les maladies contagieuses. Cas de la rougeole. C’est un vaccin égoïste. Si je rencontre qqn qui a la rougeole, je suis immunisé. Parlons de protection collective  » de troupeau ». Attendre l’immunité collective est un faux ami. Protection indirecte : oui. (…) L’immunité collective est une protection indirecte, c’est un objectif louable mais difficile à atteindre mais ce n’est pas le mot immunité.

Protection collective  » de troupeau » :

Ne concerne que les maladies contagieuses : ex le vaccin antitétanique « égoiste » ne protège que l’individu vacciné. ce n’est pas le cas de la Covid.

La diminution de la circulation du microbe diminue le risque pour une personne non vacinée de rencontre celui-ci mais ne lui confère pas une immunité.

La couverture vaccinale, nombre de personnes à vacciner dans une population « fermée » pour protéger indirectement les non vaccinées, dépend de la contagiosité du microbe. ex : un patient rougeoleux peut contaminer 20 personnes de lui ; il faut donc 95% (1-1/20) de la population soit vaccinée ou immunisée par la maladie pour arrêter l’épidémie.

Cynthia Fleury : « C’est en préservant sa responsabilité qu’on préserve sa liberté »

Une heure avec Cynthia Fleury, pour comprendre comment on devient philosophe et psychanalyste. Car c’est sans doute le croisement de ces deux disciplines, dans sa vie et dans son œuvre, qui peut apporter une clef de compréhension de sa pensée.

Cynthia Fleury doit aménager ses consultations avec ses patients, tout en écrivant chaque jour, en publiant très régulièrement. Elle est également professeure titulaire de la Chaire Humanité et santé du Conservatoire national des arts et métiers, dirige la Chaire de philosophie du GHU Paris « psychiatrie et neurosciences ». Et elle fait partie du Comité consultatif national d’éthique parmi d’autres engagements.

Le mot « engagement » est d’ailleurs important : Cynthia Fleury a contribué à fonder un mouvement politique et siège parfois dans des conseils d’administration. Une heure ne sera donc pas de trop pour comprendre la genèse de toutes les vies de la philosophe qui a un jour confié sur France Culture à Géraldine Mosna-Savoye qu’elle avait commencé à faire de la philosophie sans le savoir…

La Masterclasse de Cynthia Fleury est animée par Émilie Aubry. Elle a été enregistrée le samedi 10 octobre 2020, de 13h00 à 14h00, lors des 23èmes Rendez-vous de l’Histoire (07-11 octobre 2020), à Blois, à la Bibliothèque Abbé Grégoire, en public.