Un million de révolutions tranquilles : Comment les citoyens changent le monde de Bénédicte Manier

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Dès sa première édition, en 2012, ce livre a été le premier à décrire la dimension mondiale des alternatives économiques, démocratiques et écologiques mises en place par la société civile. Il a séduit toute une génération qui se reconnaît dans cette invention d’un nouveau monde et a reçu le Prix 2013 du Livre de l’Environnement. Avec cette 2ème édition, enrichie de nouvelles alternatives, l’auteure poursuit son voyage…

Lettre à Ménécée de Epicure

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Le secret du bonheur ? C’est ce que promet Epicure dans la Lettre à Ménécée. N’ayons peur ni des dieux, ni de la mort, ni de la douleur ou de la mauvaise fortune. Recherchons le plaisir, parce qu’il est conforme à la nature. Mais pour ce faire, nous devons nous libérer des idées fausses que produisent en nous les préjugés, les opinions courantes ou les croyances superstitieuses. Il faut donc recourir à la raison et à l’exercice pour suivre la nature. Telle est précisément la tâche de la philosophie : elle définit la discipline rationnelle nécessaire au bonheur. La Lettre à Ménécée, texte fondateur de l’épicurisme, exercera une influence décisive dans l’Antiquité comme dans la pensée moderne et contemporaine : sur le poète romain Lucrèce – qui fait l’objet de notre dossier -, mais aussi sur tous ceux qui revendiquent une éthique réconciliant le plaisir et la raison.

Le despotisme démocratique d’Alexis de Tocqueville

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… la crainte du désordre et l’amour du bien-être [portent] insensiblement les peuples démocratiques à augmenter les attributions du gouvernement central, seul pouvoir qui leur paraisse de lui-même assez fort, assez intelligent, assez stable pour les protéger contre l’anarchie. J’ai à peine besoin d’ajouter que toutes les circonstances particulières qui tendent à rendre l’état d’une société démocratique troublé et précaire augmentent cet instinct général et portent, de plus en plus, les particuliers à sacrifier à leur tranquillité leurs droits. Un peuple n’est donc jamais si disposé à accroître les attributions du pouvoir central qu’au sortir d’une révolution longue et sanglante qui, après avoir arraché les biens des mains de leurs anciens possesseurs, a ébranlé toutes les croyances, rempli la nation de haines furieuses, d’intérêts opposés et de factions contraires. Le goût de la tranquillité publique devient alors une passion aveugle, et les citoyens sont sujets à s’éprendre d’un amour très désordonné pour l’ordre. […] La première des causes accidentelles qui, chez les peuples démocratiques, peuvent attirer dans les mains du souverain la direction de toutes les affaires, c’est l’origine de ce souverain lui-même et ses penchants. A. de T.

Note sur la suppression générale des partis politiques de Simone Weil

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Ce réquisitoire balaie d’un revers de main la démocratie telle qu’elle a cours. Et, ose-t-on ajouter, telle qu’elle a encore cours. Son argumentation repose sur des réflexions philosophiques qui traitent de l’organisation idéale de la collectivité en démocratie, notamment le Contrat social de Rousseau. La raison seule est garante de la justice, et non les passions, nécessairement marquées par l’individualité. Or, les partis, puisqu’ils divisent, sont animés par les passions en même temps qu’ils en fabriquent. Pour Weil, un parti comporte potentiellement, dans sa lutte pour le pouvoir, un caractère totalitaire. Ils défendent leurs intérêts propres au détriment du bien public. Il faut se garder comme de la lèpre de ce mal qui ronge les milieux politiques mais aussi la pensée tout entière. Contre les passions collectives, elle brandit l’arme de la raison individuelle.

Rédigé en 1943, ce texte propose un système fondé sur l’affinité et la collaboration de tous, un hymne à la liberté individuelle capable de s’exprimer dans le cadre d’une collectivité.

Le bon gouvernement de Pierre Rosanvallon

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Nos régimes sont dits démocratiques parce qu’ils sont consacrés par les urnes. Mais nous ne sommes pas gouvernés démocratiquement, car l’action des gouvernements n’obéit pas à des règles clairement établies.
À l’âge d’une présidentialisation caractérisée par la concentration des pouvoirs dans les mains de l’exécutif, le problème n’est plus seulement celui de la  » crise de la représentation « . Il est devenu celui du mal-gouvernement, dont il est urgent de comprendre les mécanismes pour instaurer un nouveau progrès démocratique.
Ce livre propose d’ordonner les aspirations qui s’expriment aujourd’hui dans de nombreux secteurs de la société civile et dans le monde militant autour de ces questions en distinguant les qualités requises des gouvernants et les règles organisatrices de la relation entre gouvernés et gouvernants. Réunies, celles-ci forment les principes d’une démocratie d’exercice comme bon gouvernement.

Pierre Rosanvallon
Professeur au Collège de France, il a notamment publié, au Seuil, La Contre-démocratie, La Légitimité démocratique et La Société des égaux.