Les Prédateurs de Catherine Le Gall et Denis Robert

By notaz / On / In Lus, Politique, Sciences humaines

Les dessous scandaleux de la crise financière : décryptage et révélations

Avec cette enquête minutieuse sur deux champions du capitalisme financier, Catherine Le Gall et Denis Robert pensent tenir des spécimens exemplaires de milliardaires. Albert Frère et Paul Desmarais ont des profils semblables et ont hérité d’entreprises familiales qui ne valaient pas un clou, mais en bons libéraux, investissant dans les meilleurs juristes, associés aux plus grosses banques d’affaires, travaillant autant en France qu’en Afrique ou en Amérique du sud, ils ont bâti leur immense fortune en partie sur le dos des États. Il devait y avoir un secret de fabrication pour s’enrichir autant et aussi vite… 
Nos deux journalistes pensaient que s’ils parvenaient à décrypter le jeu de ces prédateurs, ils pourraient aider la communauté des hommes à s’en défendre. 
C’est le challenge réussi de ce récit haletant comme un thriller, et pourtant bien réel…

La chambre aux échos de Richard Powers

By notaz / On / In Lus, Roman

Sur une route du Nebraska, Mark Schulter est victime d’un grave accident de voiture. A son réveil, après un profond coma, il reconnaît tous ses proches, sauf Karine, sa sœur aînée. Déboussolée, meurtrie, celle-ci fait alors appel à Gerald Weber, un célèbre neurologue. Le diagnostic est sans appel, Mark est atteint du rarissime syndrome de Capgras : il considère Karin comme une pâle imitation de sa sœur, une usurpatrice. Tandis que Weber étudie son cas, Mark tente de reconstituer ce qui s’est vraiment passé la fameuse nuit de l’accident, et de démasquer ce témoin anonyme qui lui a sauvé la vie avant de disparaître en laissant un étrange message. Ce qu’il découvrira va bouleverser à jamais sa vie et celle des siens …  »

Soudain, le fascisme: La marche sur Rome, l’autre révolution d’Octobre d’Emilio Gentile

By notaz / On / In Histoire, Lus

Il s’était rasé de près, avait dissimulé son crâne chauve sous une perruque, pris un : tram et, en cette nuit du 24 au 25 octobre 1917, s’était rendu au Palais d’Hiver tour s’emparer du pouvoir. Lénine avait compris qu’il fallait saisir l’occasion favorable qui ne se représenterait pas. Cinq années plus tard presque jour pour jour, dans la soirée du 29 octobre 1922, Benito Mussolini, chauve et mal rasé, vêtu d’une chemise noire, monta dans un train, acclamé par la foule, pour se rendre à Rome et y prendre le pouvoir. Lui aussi avait pressenti qu’il fallait profiter du moment propice. Au terme d’une insurrection de deux jours qu’il avait lui-même baptisée «marche sur Rome», l’Italie n’eut pas seulement un gouvernement, mais une dictature. Si les historiens conviennent qu’il y eut non une révolution bolchevique, mais un coup d’Etat, il n’en va pas de même pour la marche sur Rome. Comment se peut-il, pour reprendre des expressions de contemporains de l’événement, qu’un opéra-bouffe», «une kermesse maladroite», «un rassemblement sans importance d’idiots utiles» ait donné naissance à l’un des régimes les plus tragiquement antidémocratiques et impérialistes du XXe siècle ? Prenant pour fil conducteur du récit la confrontation entre l’homme d’action et l’occasion à saisir, c’est-à-dire le moment où la décision humaine intervient sur les circonstances pour fixer la voie à suivre, sans aucune garantie de succès, Emilio Gentile, dans une étude radicalement nouvelle, montre à l’oeuvre un parti organisé comme une milice qui conquiert le gouvernement d’une démocratie parlementaire paralysée par ses renoncements. Le but de la conquête est affiché depuis le commencement : détruire l’Etat libéral et la démocratie, grâce, à l’indifférence et à la passivité de la majorité de la population. La dictature fasciste débuta dès la marche sur Rome ; puisqu’elle était l’inexorable conséquence de la nature même du parti.

Survivre à Noël de Stéphane Floccari

By notaz / On / In Lus, Philosophie

Quand le tic-tac de l’Avent se remet en route, on voudrait s’épargner le calvaire d’une crise intérieure qui vire à l’épreuve familiale. Il est toutefois difficile de prétendre se tenir à l’écart d’une fête qui nous rappelle qu’on n’est rien sans les autres, ni la force qu’on tire des siens.

Faisant feu de tous les bois conceptuels (philosophie, histoire, psychanalyse, anthropologie, littérature, cinéma, séries télévisées), ce livre décrypte les états d’âme et les tourments qui refont chroniquement surface aux dernières heures grises de l’année. Il n’a pas pour but de défendre Noël, ni d’en instruire le procès à charge, pas plus que d’en moquer le folklore ou d’en proclamer l’obsolescence. Il ne milite ni pour sa sanctuarisation culturelle, ni pour son bannissement de nos coutumes. Il cherche à penser cette drôle de fête, qui ne laisse personne indifférent, ni indemne. Celle qui, sous presque toutes les latitudes, mobilise les individus et coagule les générations comme aucune autre. Pour le meilleur et pour le pire. Souvent dans la joie, mais pas toujours dans la bonne humeur. Sur fond de retrouvailles, mais jamais sans conflit, ni tension. Et pour cause : Noël est la mesure intranquille de tous nos liens avec les vivants et les morts.

VNR de Laurent Chalumeau

By notaz / On / In Lus, Roman

Le livre s’ouvre sur le monologue fou et halluciné d’un homme qui explique à un autre, qu’on devine son otage bailloné, les raisons de sa colère. Le lecteur, attrapé par les cheveux, saisi d’effroi, est placé d’emblée dans la situation d’une victime muette qui cherche à comprendre ce qui se joue dans ce huis-clos.
Petit blanc mâle quinqua sans emploi, rejeté par ses enfants et quitté par sa femme, Alain est un homme « en fin de droits », qu’il s’agisse de son assurance chômage ou de sa vie conjugale.
Il a décidé de se venger des trois personnes auxquelles il estime devoir sa chute: le cadre sup qui a harcelé sa femme au travail ; l’homme politique responsable de la délocalisation des industries de la région et de l’effondrement de sa ville ; la psychologue qui a introduit des idées d’émancipation féministe dans le cerveau de son épouse.
Chacun à leur tour, Alain va les enlever et les séquestrer, bien décidé à leur faire passer une mauvaise nuit. Leur dernière. Seulement voilà, comme il le dit lui-même, Alain n’a pas « pris option serial killer au bac ». Sa mise en application du hashtag #KidnappeTonPorc s’avère donc moins simple que prévu.

Tout à la fois opéra grand guignol en trois actes, stand up de l’assassin sous forme d’un long monologue adressé à ses différentes victimes, one-man show du bourreau, hommage aux pulps qu’il détourne et allusion affectueuse aux poissards absolus de David Goodis et aux psychopathes débonnaires de Jim Thompson, VNR ajoute une nouvelle couleur, plus grinçante, plus sombre et plus sociale, à la palette de Laurent Chalumeau dont on retrouve avec bonheur les prouesses stylistiques et le talent narratif.

La rouille d’Eric Richer

By notaz / On / In Lus, Roman

La Rouille est une histoire d’enfance, un roman d’apprentissage, du passage de l’âge de l’enfance à celui de l’adulte, mettant en scène un schéma universel, celui du refus de grandir et de passer par les rites de nos clans.

Nói vit dans une casse automobile avec son père, quelque part dans un pays post-soviétique cerné de misère ordinaire. Bientôt, il devra passer le « Kännöst », un rite initiatique brutal, mystérieux et inquiétant imposé par les hommes de sa communauté. Entre soirées MMA, concerts de Métal et défonce aux détergents, Nói grandit comme il peut, chahuté par ses émotions, à l’ombre du grand père clanique et tyrannique. Sans jamais cesser de rêver de partir loin, très loin…

Entre Sweet Sixteen de Ken Loach et Kids de Larry Clark, La Rouille vous attrape et ne vous lâche pas. La rouille, c’est la gangrène qui gagne le corps et l’âme de chacun, qui ronge et rend tout espoir de salut impossible.

L’innovation à l’épreuve de la philosophie de Xavier Pavie

By notaz / On / In Economie, Essais, Lus, Philosophie, Sciences humaines

Depuis cinquante ans, les innovations ont pris une nouvelle dimension : Internet, séquençage de l’ADN, manipulations génomiques, avancées du transhumanisme, nanotechnologies… Ces innovations récentes ne sont pas sans soulever des problématiques nouvelles dont les conséquences sont aussi importantes qu’irréversibles. L’innovateur, dont Steve Jobs, Mark Zuckerberg ou Elon Musk sont des figures contemporaines emblématiques, apparaît comme une personnalité aussi géniale que destructrice, qui ambitionne de changer le monde quelle que soit la violence qui découlera de son innovation. Se dessine alors la nécessité d’établir une innovation-responsable, dans laquelle l’innovateur devrait rendre compte de ses actes et revoir sa position de héros. Pour établir cette nouvelle éthique, la philosophie est un recours nécessaire, puisqu’avec les stoïciens, Aristote, Kant, Nietzsche et Foucault, entre autres, elle interroge la maîtrise de soi, la prudence, le respect, la volonté de puissance et le pouvoir, toutes notions à rapprocher de la figure de l’innovateur.