Rude semaine pour les libertés

By notaz / On / In Liens, Points de vue

L’euphorie footballistique de ces derniers jours a un peu masqué trois agressions contre les libertés publiques : le « délit de solidarité », le vote de la loi « fake news » et la saisie de la dotation du Rassemblement national. Cette dernière, probablement la plus grave a été rendue possible par une manœuvre déroutante et particulièrement inquiétante…

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Le champignon de la fin du monde de Anna Lowenhaupt Tsing

By notaz / On / In Economie, Lus, Pensée non paresseuse, Politique, Sciences humaines, Sociologie

Dans les vestiges des grands pins ponderosas d’Oregon pousse le matsutake, un champignon qui compte parmi les aliments les plus chers au monde. C’est le point de départ de cette enquête qui transforme un paradoxe en outil d’exploration : en suivant la piste de ce champignon rare, Anna Tsing décrypte la dynamique de notre monde au bord de la destruction au moyen d’outils conceptuels neufs. Bien plus qu’une métaphore, le matsutake est une leçon d’optimisme dans un monde désespérant.
Ce n’est pas seulement dans les pays ravagés par la guerre qu’il faut apprendre à vivre dans les ruines. Car les ruines se rapprochent et nous enserrent de toute part, des sites industriels aux paysages naturels dévastés. Mais l’erreur serait de croire que l’on se contente d’y survivre.
Dans les ruines prolifèrent en effet de nouveaux mondes qu’Anna Tsing a choisi d’explorer en suivant l’odyssée étonnante d’un mystérieux champignon qui ne pousse que dans les forêts détruites.
Suivre les matsutakes, c’est s’intéresser aux cueilleurs de l’Oregon, ces travailleurs précaires, vétérans des guerres américaines, immigrés sans papiers, qui vendent chaque soir les champignons ramassés le jour et qui termineront comme des produits de luxe sur les étals des épiceries fines japonaises. Chemin faisant, on comprend pourquoi la  » précarité  » n’est pas seulement un terme décrivant la condition des cueilleurs sans emploi stable mais un concept pour penser le monde qui nous est imposé.
Suivre les matsutakes, c’est apporter un éclairage nouveau sur la manière dont le capitalisme s’est inventé comme mode d’exploitation et dont il ravage aujourd’hui la planète.
Suivre les matsutakes, c’est aussi une nouvelle manière de faire de la biologie : les champignons sont une espèce très particulière qui bouscule les fondements des sciences du vivant.
Les matsutakes ne sont donc pas un prétexte ou une métaphore, ils sont le support surprenant d’une leçon d’optimisme dans un monde désespérant.

La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben

By notaz / On / In Essais, Lus

Les citadins regardent les arbres comme des « robots biologiques » conçus pour produire de l’oxygène et du bois. Forestier, Peter Wohlleben a ravi ses lecteurs avec des informations attestées par les biologistes depuis des années, notamment le fait que les arbres sont des êtres sociaux. Ils peuvent compter, apprendre et mémoriser, se comporter en infirmiers pour les voisins malades. Ils avertissent d’un danger en envoyant des signaux à travers un réseau de champignons appelé ironiquement « Bois Wide Web ». La critique allemande a salué unanimement ce tour de force littéraire et la manière dont l’ouvrage éveille chez les lecteurs une curiosité enfantine pour les rouages secrets de la nature.

Souvenirs d’une morte vivante de Victorine Brocher

By notaz / On / In Des voix, Politique

Publié initialement en 1909, ce texte de Victorine Brocher (1839-1921) est l’un des rares et forts témoignages de femme du peuple, issue d’une famille militante, ayant traversé les insurrections de 1848 et de 1871. Ambulancière pendant la Commune, elle relate en une langue simple des événements vécus dans sa chair : le Second Empire, le siège de Paris, les privations, la mort de ses enfants, les espoirs nés avec la République sociale, la Semaine sanglante, l’exil et la survie enfin.

Comprendre le terrorisme de Nicolas Hénin

By notaz / On / In Lus, Pensée non paresseuse, Politique

Malgré une abondante littérature et une vaste couverture médiatique, le phénomène terroriste demeure en réalité mal connu. Qu’est-ce que le terrorisme ? Comment définir la radicalisation ? D’où viennent les djihadistes ? Les terroristes sont-ils des fous ou des bandits comme les autres ? Quel but poursuivent-ils et comment pouvons-nous les empêcher de l’atteindre ?
Ce livre répond, de façon didactique mais en se fondant sur les travaux de recherche les plus pointus et les plus récents, à toutes ces questions. Parce que la réponse au terrorisme n’est pas que l’affaire d’acteurs publics. Les sociétés ont aussi leur rôle à jouer, en contribuant à la prévention et en développant leur résilience.
Battre le terrorisme, c’est vaincre la terreur qu’il nous inspire.

Les Passeurs de livres de Daraya de Delphine Minoui

By notaz / On / In Des voix, Lus, Pensée non paresseuse, Politique

De 2012 à 2016, la banlieue rebelle de Daraya a subi un siège implacable imposé par Damas. Quatre années de descente aux enfers, rythmées par les bombardements au baril d’explosifs, les attaques au gaz chimique, la soumission par la faim. Face à la violence du régime de Bachar al-Assad, une quarantaine de jeunes révolutionnaires syriens a fait le pari insolite d’exhumer des milliers d’ouvrages ensevelis sous les ruines pour les rassembler dans une bibliothèque clandestine, calfeutrée dans un sous-sol de la ville.

Leur résistance par les livres est une allégorie : celle du refus absolu de toute forme de domination politique ou religieuse. Elle incarne cette troisième voix, entre Damas et Daech, née des manifestations pacifiques du début du soulèvement anti-Assad de 2011, que la guerre menace aujourd’hui d’étouffer. Ce récit, fruit d’une correspondance menée par Skype entre une journaliste française et ces activistes insoumis, est un hymne à la liberté individuelle, à la tolérance et au pouvoir de la littérature.

Delphine Minoui est grande reporter au Figaro, spécialiste du Moyen-Orient. Prix Albert Londres 2006 pour ses reportages en Iran et en Irak, elle sillonne le monde arabo-musulman depuis 20 ans. Après Téhéran, Beyrouth et Le Caire, elle vit aujourd’hui à Istanbul, où elle continue à suivre de près l’actualité syrienne. Elle est également l’auteur des Pintades à Téhéran (Jacob-Duvernet), de Moi, Nojoud, dix ans, divorcée (Michel Lafon), de Tripoliwood (Grasset) et de Je vous écris de Téhéran (Seuil).

Route de Tibilissi de David Chauvel & Lou & Alex Kosakowski

By notaz / On / In Bande dessinée, Lus

Jake et Oto viennent de voir leurs parents se faire assassiner sous leurs yeux par des miliciens masqués. Les derniers mots de leur père : «  »Allez à Tibilissi ! » ». Pour se préparer, ils repassent par leur village dévasté pour y récupérer des vivres. Là, le cadet retrouve ses deux amis Doubie et Trois-Trois, une drôle de bestiole à fourrure et un robot rafistolé qui vont les accompagner tout au long de leur dangereux voyage

Warship Jolly Roger, t4 : Dernières volontés Album de de Runberg Sylvain & Montlló Miki

By notaz / On / In Bande dessinée, Lus

Les rumeurs étaint fondées : le président Vexton va épouser la jeune actrice Pénélope Tora en pleine campagne électorale, tandis que la guerre civile déchire la Confédération. Candidate à l’élection elle aussi, Rebecca Veri, l’ancienne assistante de Vexton, ne manque pas de souligner l’attitude irresponsable de son adversaire. Pendant ce temps, à bord du vaisseau Jolly Roger, arme de guerre plus redoutable que jamais, le général déchu Jon T. Munro expose son objectif : détruire le croiseur présidentiel, réduire en poussière les jeunes mariés, et venger enfin son fils. À son côté, Kowalski désapprouve profondément ce projet. Va-t-il trahir ses compagnons ? Et que vont faire Roberto et Djema, à qui Munro refuse de rendre la liberté avant l’attaque, comme il l’avait pourtant promis ? De leur côté, Katya et les autres leaders rebelles ont leur idée pour faire du mariage présidentiel un événement inoubliable…

Le Garçon de Marcus Malte

By notaz / On / In Lus, Roman

Il n’a pas de nom. Il ne parle pas. Le garçon est un être quasi sauvage, né dans une contrée aride du sud de la France. Du monde, il ne connaît que sa mère et les alentours de leur cabane. Nous sommes en 1908 quand il se met en chemin – d’instinct. Alors commence la rencontre avec les hommes : les habitants d’un hameau perdu, Brabek l’ogre des Carpates, philosophe et lutteur de foire, l’amour combien charnel avec Emma, mélomane lumineuse, tout à la fois soeur, amante, mère. « C’est un temps où le garçon commence à entrevoir de quoi pourrait bien être, hélas, constituée l’existence : nombre de ravages et quelques ravissements. » Puis la guerre, l’effroyable carnage, paroxysme de la folie des hommes et de ce que l’on nomme la civilisation. Itinéraire d’une âme neuve qui s’éveille à la conscience au gré du hasard et de quelques nécessités, ponctué des petits et grands soubre-sauts de l’Histoire, le Garçon est à sa façon singulière, radicale, drôle, grave, l’immense roman de l’épreuve du monde.